{"id":343,"date":"2013-04-23T11:11:28","date_gmt":"2013-04-23T11:11:28","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=343"},"modified":"2013-05-21T16:46:41","modified_gmt":"2013-05-21T16:46:41","slug":"Les \u00e9nergies renouvelables : une transition longue","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=343","title":{"rendered":"Les \u00e9nergies renouvelables : une transition longue"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/stirling_solaire-300x225.jpg alt=\"stirling_solaire.jpg\" style=\"margin: 5px; width: 139px; height: 98px; float: left\" title=\"stirling_solaire.jpg\" height=\"117\" width=\"156\" \/><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\">Les &eacute;nergies renouvelables sont consid&eacute;r&eacute;es comme le vecteur de la transition &eacute;nerg&eacute;tique car elles doivent permettre de remplacer des &eacute;nergies carbon&eacute;es par des fili&egrave;res &eacute;mettant peu de gaz &agrave; effet de serre et notamment de CO2. Leur mont&eacute;e en puissance, si elle est ind&eacute;niable, est encore trop lente pour que l&rsquo;on puisse penser qu&rsquo;elles vont rapidement permettre de ralentir le r&eacute;chauffement climatique. Il est utile de faire le point sur les &eacute;volutions r&eacute;centes.<\/span>\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<span style=\"font-size: 10pt\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif\"><strong>De nombreux sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques partent de l&rsquo;hypoth&egrave;se qu&rsquo;il est possible de limiter &agrave; 2&deg;C l&rsquo;augmentation de la temp&eacute;rature de l&rsquo;atmosph&egrave;re<\/strong> (entre le d&eacute;but de l&rsquo;&acirc;ge industriel et la fin du si&egrave;cle), c&rsquo;est le cas notamment du sc&eacute;nario volontariste de l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie dit 450 (limitation &agrave; 450 ppm en &eacute;quivalent CO2 de la concentration en gaz &agrave; effet de serre de l&rsquo;atmosph&egrave;re) qui conduirait &agrave; faire passer de 80% &agrave; 63% la part des &eacute;nergies non-carbon&eacute;es dans le mix &eacute;nerg&eacute;tique primaire mondial. Le laboratoire EDDEN &agrave; Grenoble (Economie du D&eacute;veloppement Durable et de l&rsquo;Energie, CNRS et Universit&eacute; PMF), estime que cet objectif pourrait &ecirc;tre atteint avec un mix &eacute;nerg&eacute;tique mondial constitu&eacute; en 2050 par 49% d&rsquo;&eacute;nergies fossiles, 19% de nucl&eacute;aire, 19 % de biomasse et 13% d&rsquo;&eacute;nergies renouvelables (hydrauliques, &eacute;olien et solaire). <strong>La &laquo; d&eacute;carbonisation &raquo; de l&rsquo;&eacute;nergie est donc l&rsquo;objectif central de la transition &eacute;nerg&eacute;tique,<\/strong> il reste &agrave; savoir quelle pourraient &ecirc;tre les places respectives des &eacute;nergies renouvelables et du nucl&eacute;aire.<br \/>\nOn doit s&rsquo;interroger aussi sur les progr&egrave;s accomplis sur la voie de cette d&eacute;carbonisation.<br \/>\n<\/span><\/span>\n<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\nSi l&rsquo;on en croit un constat r&eacute;cent de l&rsquo;AIE (<em>Tracking clean energy progress<\/em>, Paris,  avril 2013, <\/span><a href=\"http:\/\/www.iea.org\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\">www.iea.org<\/span><\/a><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"> ) ils sont tr&egrave;s lents. A l&rsquo;aide d&rsquo;un nouvel indicateur, l&rsquo;Intensit&eacute; carbone pour la production d&rsquo;&eacute;nergie (il mesure le nombre de tonnes de CO2 &eacute;mises pour la production d&rsquo;une unit&eacute; d&rsquo;&eacute;nergie), <strong>l&rsquo;AIE montre que les &eacute;missions de CO2 ne baissent pas.<\/strong> Cet indicateur est, en effet, &laquo; plat &raquo; depuis quarante ans : entre 1975 et 1985 si la production d&rsquo;&eacute;nergie a fait moins appel au p&eacute;trole avec une mont&eacute;e en puissance du nucl&eacute;aire et du gaz naturel l&rsquo;indicateur n&rsquo;a baiss&eacute; que de 5 points et depuis lors il est rest&eacute; stable, ne baissant que d&rsquo;un point entre 1990 et 2010 (le niveau de l&rsquo;indicateur &eacute;tait &agrave; 52,1 tonnes de CO2 par TJ &ndash; TeraJoules- en 2012).<br \/>\nOn rel&egrave;ve toutefois quelques signes encourageants. Ainsi, entre 2011 et 2012 la puissance photovolta&iuml;que solaire install&eacute;e a progress&eacute; de 42% (la progression du solaire &agrave; concentration a &eacute;t&eacute; faible, la photo repr&eacute;sente une installation de ce type avec un moteur Stirling sur le site du CNRS &agrave; Font-Romeu, <\/span><a href=\"http:\/\/www.promes.cnrs.fr\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\">www.promes.<b>cnrs<\/b>.fr<\/span><\/a><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"> ) et celle de l&rsquo;&eacute;olien de 19%  mais les investissements consacr&eacute;s &agrave; l&rsquo;ensemble des &eacute;nergies renouvelables ont chut&eacute; de 11% (les &eacute;nergies renouvelables ont assur&eacute; 19% de la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; en 2011). Si l&rsquo;&eacute;olien terrestre semble bien parti, l&rsquo;&eacute;olien off-shore d&eacute;marre beaucoup plus lentement (avec des productions respectives de 1500 TWh et 12 TWh en 2011), les &eacute;nergies marines restant encore marginales (1TWh de production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;). Le secteur des transports donne, lui aussi, un bon signal avec la perc&eacute;e des v&eacute;hicules hybrides : pour la premi&egrave;re fois, plus d&rsquo;un million de ces v&eacute;hicules ont &eacute;t&eacute; vendus en 2012 (avec un leadership du Japon et des USA). <strong>En revanche, la production mondiale des biocarburants a stagn&eacute; en 2012<\/strong> (sans doute une cons&eacute;quence de mauvaises conditions climatiques), celle des biocarburants &laquo; avanc&eacute;s &raquo; (la fili&egrave;re ligno-cellulosique) d&eacute;marrant lentement aux Etats-Unis.<br \/>\nCe bilan  mondial assez gris s&rsquo;explique facilement.<br \/>\n<\/span>\n<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\n<strong>L&rsquo;utilisation massive du charbon dans la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; p&egrave;se, en effet, encore fortement sur l&rsquo;indicateur carbone<\/strong> : entre 2001 et 2010, la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par des nouvelles centrales au charbon a repr&eacute;sent&eacute; le double de celle produite par des nouvelles centrales utilisant des fili&egrave;res non-fossiles et si la Chine a ferm&eacute; des centrales au charbon (une puissance install&eacute;e de 85 GW) elle en a mis en service des nouvelles pour une puissance de 55 GW ; si son indicateur carbone a fortement progress&eacute; jusqu&rsquo;en 2010 il commence &agrave; chuter. Les Etats-Unis, en revanche,  remplacent le charbon par le gaz naturel (gr&acirc;ce &agrave; la &laquo; manne &raquo; du gaz de schiste) faisant ainsi baisser leur indicateur carbone mais ils l&rsquo;exportent vers les pays europ&eacute;ens qui, pour certains d&rsquo;entre eux, l&rsquo;Allemagne notamment, r&eacute;activent des centrales au charbon&hellip;<strong> L&rsquo;AIE souligne que le syst&egrave;me &eacute;nerg&eacute;tique doit s&rsquo;attaquer au probl&egrave;me physique central que constitue le mauvais rendement de toute la cha&icirc;ne carbon&eacute;e <\/strong>: 60% de l&rsquo;&eacute;nergie est perdue sous forme de chaleur dissip&eacute;e dans toutes les transformations. Le solaire, l&rsquo;&eacute;olien et l&rsquo;hydraulique &eacute;chappent &agrave; cette &laquo; mal&eacute;diction &raquo; thermique (le nucl&eacute;aire partiellement car les centrales subissent la contrainte du principe de Carnot !) et  c&rsquo;est pourquoi leur r&ocirc;le est central dans la transition &eacute;nerg&eacute;tique.<br \/>\n<\/span>\n<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\nSi l&rsquo;on veut limiter &agrave; 2&deg;C le r&eacute;chauffement climatique, l&rsquo;indicateur carbone doit baisser de 5,7 % d&rsquo;ici 2020 et de 43% d&rsquo;ici 2035, selon l&rsquo;AIE, il est donc indispensable d&rsquo;amplifier les mesures d&rsquo;&eacute;conomie d&rsquo;&eacute;nergie et de substitution des &eacute;nergies carbon&eacute;es par des &eacute;nergies renouvelables et le nucl&eacute;aire.<strong> On observe aussi que les efforts de R&amp;D dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie ne sont pas &agrave; la hauteur des enjeux<\/strong> : ils ne repr&eacute;sentent que 4% en moyenne des investissements publics totaux pour la recherche (la part des renouvelables est fortement remont&eacute;e ces derni&egrave;res ann&eacute;es, elle atteint 24% du total, et pr&egrave;s de 5% pour celle des biocarburants). L&rsquo;AIE  recommande de les augmenter.<br \/>\nLa mont&eacute;e en puissance des &eacute;nergies renouvelables est ind&eacute;niable mais elle est encore lente.<br \/>\n<\/span>\n<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"><br \/>\nL&rsquo;Union Europ&eacute;enne s&rsquo;est fix&eacute; des objectifs ambitieux &agrave; l&rsquo;horizon 2020 : un mix &eacute;nerg&eacute;tique final avec 20% d&rsquo;&eacute;nergies renouvelables, leur part devant &ecirc;tre de 10% dans les transports (elle semble sur la bonne voie puisqu&rsquo;en 2010 la part des renouvelables dans l&rsquo;&eacute;nergie finale &eacute;tait de 12,7% (cf. Commission Europ&eacute;enne, <em>Rapport sur les progr&egrave;s accomplis dans le secteur des &eacute;nergies renouvelables<\/em>, Bruxelles, mars 2013). L&rsquo;Allemagne vise un objectif encore plus ambitieux pour sa transition &eacute;nerg&eacute;tique, l&rsquo;Energiewende : elle sortira du nucl&eacute;aire en 2022 et escompte produire 35 % de son &eacute;lectricit&eacute; par des fili&egrave;res renouvelables en 2035 et 80% en 2050. C&rsquo;est un pari important que certains estiment risqu&eacute;s en Allemagne m&ecirc;me, notamment pour des raisons &eacute;conomiques (Q.Schiermeir &laquo; Germany&rsquo;s energy gamble &raquo;, <em>Nature,<\/em> vol. 496, p.156, 11 April 2013, <\/span><a href=\"http:\/\/www.nature.com\"><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\">www.nature.com<\/span><\/a><span style=\"font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 10pt\"> ). Le contexte &eacute;conomique difficile n&rsquo;encourage pas les investissements dans les fili&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques nouvelles alors que la visibilit&eacute; sur leur co&ucirc;t est souvent insuffisante. <strong>Le pari sur la d&eacute;carbonisation de l&rsquo;&eacute;nergie ne peut &ecirc;tre gagn&eacute; qu&rsquo;au prix d&rsquo;un effort scientifique et technique important<\/strong> sur de nombreuses ann&eacute;es, notamment &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de l&rsquo;Europe. C&rsquo;est une le&ccedil;on qu&rsquo;il faut retenir du r&eacute;cent rapport de l&rsquo;AIE.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les &eacute;nergies renouvelables sont consid&eacute;r&eacute;es comme le vecteur de la transition &eacute;nerg&eacute;tique car elles doivent permettre de remplacer des &eacute;nergies carbon&eacute;es par des fili&egrave;res &eacute;mettant peu de gaz &agrave; effet de serre et notamment de CO2. 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