{"id":331,"date":"2012-05-21T07:00:15","date_gmt":"2012-05-21T07:00:15","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=331"},"modified":"2012-05-22T08:04:28","modified_gmt":"2012-05-22T08:04:28","slug":"Les d\u00e9fis de la politique \u00e9nerg\u00e9tique de la France","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=331","title":{"rendered":"Les d\u00e9fis de la politique \u00e9nerg\u00e9tique de la France"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00030.png alt=\"Image00030.png\" style=\"margin: 5px; width: 82px; height: 112px; float: left\" title=\"Image00030.png\" height=\"112\" width=\"59\" \/>La question &eacute;nerg&eacute;tique a &eacute;t&eacute; essentiellement abord&eacute;e &agrave; l&rsquo;occasion de la campagne pr&eacute;sidentielle &agrave; travers le prisme de l&rsquo;&eacute;nergie nucl&eacute;aire  &#8211; quelle part devrait-elle avoir dans la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; ?- et de celui du prix des carburants. L&rsquo;avenir de la politique &eacute;nerg&eacute;tique fran&ccedil;aise ne saurait se r&eacute;sumer &agrave; ces seules questions, et l&rsquo;&eacute;lection d&rsquo;un nouveau pr&eacute;sident, Fran&ccedil;ois Hollande, est l&rsquo;occasion de r&eacute;fl&eacute;chir aux grandes options de la politique &eacute;nerg&eacute;tique fran&ccedil;aise.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nL&rsquo;avenir du mix &eacute;nerg&eacute;tique fran&ccedil;ais (la part des diff&eacute;rents fili&egrave;res dans la production et la consommation) d&eacute;pendra &agrave; la fois de l&rsquo;avanc&eacute;e des n&eacute;gociations internationales sur le climat (peu d&rsquo;avanc&eacute;es probables &agrave; court terme), du prix des hydrocarbures, des possibilit&eacute;s du nucl&eacute;aire (notamment de la fili&egrave;re de l&rsquo;EPR), du progr&egrave;s des fili&egrave;res renouvelables et de l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique. <strong>Tout mix &eacute;nerg&eacute;tique devra &ecirc;tre coh&eacute;rent en termes techniques et &eacute;conomiques <\/strong>(en tenant compte par exemple des investissements pour la distribution) et accept&eacute; par l&rsquo;opinion. <strong>C&rsquo;est le d&eacute;fi auquel va &ecirc;tre confront&eacute;e la politique &eacute;nerg&eacute;tique fran&ccedil;aise pendant le mandat du nouveau pr&eacute;sident.<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLa commission &laquo; Energie 2050 &raquo;, mise en place par le gouvernement pr&eacute;c&eacute;dent, avait &eacute;tudi&eacute; les sc&eacute;narios possibles, en particulier pour le nucl&eacute;aire et si Fran&ccedil;ois Hollande n&rsquo;a pas envisag&eacute; que la France sorte du nucl&eacute;aire, il entend faire baisser, &agrave; l&rsquo;horizon 2025, la part du nucl&eacute;aire de 75 &agrave; 50% dans la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;  (seule la centrale de Fessenheim serait ferm&eacute;e avant 2017) et faire monter en puissance les &eacute;nergies renouvelables. La plupart des sc&eacute;narios s&rsquo;accordent pour estimer que le co&ucirc;t du kWh produit par les renouvelables sera le plus &eacute;lev&eacute; d&rsquo;ici 2030 (il faut pallier leur intermittence) et si l&rsquo;option de r&eacute;duction progressive de la part du nucl&eacute;aire (jusqu&rsquo;&agrave; 50 %) est praticable, elle sera sans doute co&ucirc;teuse. <strong>Elle suppose la prolongation de la dur&eacute;e de vie d&rsquo;une partie du parc nucl&eacute;aire actuel,<\/strong> dit historique, au-del&agrave; des quarante ans de vie pr&eacute;vue initialement, mais qui n&eacute;cessitera des investissements (alors que le co&ucirc;t des mesures post-Fukushima n&rsquo;est pas compl&eacute;tement chiffr&eacute;) ; cette option fournirait un kWh le moins cher (dans une fourchette de 35 &agrave; 75 &euro;\/ MWh selon la &laquo; dose &raquo; d&rsquo;EPR &agrave; long terme). La politique nucl&eacute;aire fran&ccedil;aise devra donc prendre en compte la n&eacute;cessit&eacute; de maintenir en activit&eacute; une partie du parc actuel, la mise en route de la fili&egrave;re EPR et, pour le long terme, d&eacute;cider le maintien ou non de l&rsquo;option des surg&eacute;n&eacute;rateurs (la IVe g&eacute;n&eacute;ration du nucl&eacute;aire).<strong> L&rsquo;option nucl&eacute;aire supposera une bonne dose de R&amp;D, en particulier sur la s&ucirc;ret&eacute; et les surg&eacute;n&eacute;rateurs. Il n&rsquo;est pas exclu, non plus, que la fili&egrave;re de la fusion thermonucl&eacute;aire (le projet Iter), dont la mise en oeuvre n&rsquo;est pas envisageable avant 2050, connaisse une &laquo; crise &raquo;<\/strong> si les co&ucirc;ts du r&eacute;acteur Iter venaient &agrave; d&eacute;passer l&rsquo;enveloppe financi&egrave;re actuelle de 16 milliards d&rsquo;euros ce qui pourrait conduire &agrave; abandonner le projet, ou le restructurer totalement.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>L&rsquo;option des &eacute;nergies renouvelables va &eacute;videmment conna&icirc;tre, sinon un &laquo; aggiornamento &raquo;, du moins une s&eacute;rieuse acc&eacute;l&eacute;ration.<\/strong> Pour l&rsquo;heure, la France ne produit  que 2% de son &eacute;lectricit&eacute; &agrave; partir d&rsquo;&eacute;nergies renouvelables (essentiellement l&rsquo;&eacute;olien). La fili&egrave;re &eacute;olienne est probablement  sous-exploit&eacute;e en France et l&rsquo;&eacute;olien off-shore conna&icirc;t depuis peu une forte acc&eacute;l&eacute;ration. Quant &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie solaire, on sait qu&rsquo;il conna&icirc;t, en France et plus g&eacute;n&eacute;ralement en Europe (sauf en Espagne et en Italie semble-t-il) une crise pour des raisons &agrave; la fois financi&egrave;res et industrielles. <strong>La relance du solaire<\/strong> suppose donc tout &agrave; la fois une politique claire et r&eacute;aliste de soutien publics aux investissements par la voie fiscale et des tarifs de rachat de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produite (les marges de manoeuvre sont r&eacute;duites compte de la situation des finances publiques), une politique de recherche dynamique et un soutien aux entreprises du secteur, en particulier aux PME innovantes. <strong>Les options scientifiques et techniques restent ouvertes pour le solaire<\/strong>,  nous l&rsquo;avons souvent soulign&eacute;. Pour le photovolta&iuml;que il faut explorer d&rsquo;autres voies que le silicium (d&rsquo;autres semi-conducteurs, l&rsquo;exploitation d&rsquo;effets de surface pour amplifier l&rsquo;absorption de la lumi&egrave;re etc.), tout en ne n&eacute;gligeant pas l&rsquo;option de la fili&egrave;re thermodynamique, exploit&eacute;e en Espagne, qui permettrait de prendre pied sur des march&eacute;s d&rsquo;exportation. Pour compl&eacute;ter ce rapide tableau, rappelons que le d&eacute;veloppement des fili&egrave;res renouvelables passe aussi n&eacute;cessairement par la mise au point de syst&egrave;mes de stockage performants et fiables de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (des batteries en particulier) et la mise en service de nouveaux r&eacute;seaux &eacute;lectriques. Tout cela suppose la relance d&rsquo;une dynamique.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La politique &eacute;nerg&eacute;tique ne peut pas &ecirc;tre exclusivemnt focalis&eacute;e sur la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; <\/strong>alors que les fili&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques sont&nbsp;tr&egrave;s diverses (il existe des marges d&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique consid&eacute;rables dans le b&acirc;timent et sur les moteurs thermiques actuels, la production de biocarburants et le parap&eacute;trolier sont des atouts pour la France) et sur l&rsquo;offre d&rsquo;&eacute;nergie. Cette politique devra n&eacute;cessairement prendre en compte la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;aliser des &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;nergie, gr&acirc;ce notamment &agrave; une meilleure efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique des syst&egrave;mes de transport et dans le b&acirc;timent (dans la ligne du Grenelle de l&rsquo;environnement). Cela suppose  d&rsquo;envisager&nbsp;<strong>les incitations fiscales<\/strong>&nbsp;notamment, permettant de peser sur la demande d&rsquo;&eacute;nergie et le r&ocirc;le des commandes publiques dans les secteurs du transport et du b&acirc;timent. Une politique de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;chappera difficilement, si elle veut &ecirc;tre efficace &agrave; long terme, &agrave; une <strong>remise &agrave; plat compl&egrave;te de la fiscalit&eacute; de l&rsquo;&eacute;nergie avec l&rsquo;option de la taxe carbone.<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;Le contexte d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; financi&egrave;re n&rsquo;est pas favorable &agrave; une taxation suppl&eacute;mentaire de l&rsquo;&eacute;nergie et ce d&rsquo;autant  plus que nombre de familles fran&ccedil;aises sont dans une situation de &laquo; pr&eacute;carit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; (il en va de m&ecirc;me en Allemagne o&ugrave; le prix du kWh est sup&eacute;rieur &agrave; celui que nous connaissons en France mais ce n&rsquo;est pas une consolation). Le nouveau gouvernement a pr&eacute;vu un soutien accru aux familles qui sont dans une telle situation. Dans un sc&eacute;nario &laquo; 2017 &raquo; (cf. Pierre Papon, &laquo; 2017 : des &eacute;lections dans la tourmente &eacute;nerg&eacute;tique &raquo;, <em>Futuribles,<\/em>, 385, p. 59-61, mai 2012, <a href=\"http:\/\/www.futuribles.com\">www.futuribles.com<\/a>) nous avons ainsi envisag&eacute; la mise en place d&rsquo;un &laquo; Revenu de Solidarit&eacute; Energ&eacute;tique Active &raquo; (RSEA), destin&eacute; &agrave; compenser, pour les m&eacute;nages, le tiers de la charge financi&egrave;re repr&eacute;sent&eacute;e par la consommation d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et de gaz pour l&rsquo;habitat et celle des carburants pour les d&eacute;placements professionnels. Le RSEA prendrait la forme d&rsquo;un cr&eacute;dit d&rsquo;imp&ocirc;ts ou d&rsquo;un ch&egrave;que &eacute;nergie pour les m&eacute;nages non-imposables (seuls 4 millions de m&eacute;nages aux revenus modestes devaient en b&eacute;n&eacute;ficier) et son attribution serait assortie de conditions complexes (par exemple l&rsquo;utilisation des v&eacute;hicules &agrave; faible &eacute;mission de CO2 et l&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique de l&rsquo;habitat). Son financement &eacute;tant assur&eacute; partiellement par une taxation des produits p&eacute;troliers, du gaz et du kWh &eacute;lectrique. Utopie ? Peut-&ecirc;tre mais qui devrait &ecirc;tre confront&eacute;e &agrave; la r&eacute;alit&eacute; &eacute;conomique.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;Il reste aussi que tout ne saurait &ecirc;tre r&eacute;gl&eacute; par l&rsquo;Etat, <strong>la volont&eacute; d&eacute;centralisatrice du nouveau gouvernement peut &ecirc;tre un atout pour une politique &eacute;nerg&eacute;tique <\/strong>dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique passe souvent par le &laquo; local &raquo; (transports collectifs, op&eacute;rations d&rsquo;urbanisme). Les agences d&rsquo;urbanisme de deux villes, Grenoble et Tours (<a href=\"http:\/\/www.atu37.org\">www.atu37.org<\/a>), on r&eacute;cemment publi&eacute; des sch&eacute;mas &eacute;nerg&eacute;tiques &agrave; long terme (2030) pour leur agglom&eacute;ration tr&egrave;s int&eacute;ressants. Ils montrent bien que des marges de man&oelig;uvre importantes existent pour l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique au niveau local : &quot;la ville post-carbone&quot;. La mise en place de contrats entre l&rsquo;Etat les agglom&eacute;rations pour soutenir leurs initiatives serait probablement une voie &agrave; explorer.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLes d&eacute;fis auxquels sera confront&eacute;e la politique &eacute;nerg&eacute;tique fran&ccedil;aise sont consid&eacute;rables. Ils seront certainement l&rsquo;objet de d&eacute;bats importants cet automne &agrave; la faveur de la concertation que le nouveau gouvernement doit engager avec tous les partenaires sociaux et des mouvements associatifs. Au plan gouvernemental cette politique suppose une <strong>collaboration &eacute;troite de trois p&ocirc;les minist&eacute;riels<\/strong> : le minist&egrave;re de l&rsquo;&eacute;cologie en charge de la politique de l&rsquo;&eacute;nergie, le minist&egrave;re du redressement productif  (l&rsquo;industrie) et le minist&egrave;re de la recherche. C&rsquo;est sur ce triptyque que reposera la strat&eacute;gie &eacute;nerg&eacute;tique dont <strong>la dimension europ&eacute;enne <\/strong>devrait subir une s&eacute;rieux aggiornamento. <strong>La politique de la recherche devra &ecirc;tre revue pour &ecirc;tre dynamis&eacute;e<\/strong>, ceci supposerait sans doute un r&ocirc;le nouveau pour l&rsquo;ADEME qui pourrait jouer un r&ocirc;le de catalyseur pour soutenir des projets &agrave; &laquo; risque &raquo; ouvrant des voies nouvelles. Les chantiers ne manqueront donc pas au nouveau gouvernement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question &eacute;nerg&eacute;tique a &eacute;t&eacute; essentiellement abord&eacute;e &agrave; l&rsquo;occasion de la campagne pr&eacute;sidentielle &agrave; travers le prisme de l&rsquo;&eacute;nergie nucl&eacute;aire &#8211; quelle part devrait-elle avoir dans la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; ?- et de celui du prix des carburants. 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