{"id":329,"date":"2012-04-13T07:52:15","date_gmt":"2012-04-13T07:52:15","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=329"},"modified":"2012-04-15T09:08:49","modified_gmt":"2012-04-15T09:08:49","slug":"Les sc\u00e9narios \u00e9nerg\u00e9tiques  au Japon apr\u00e8s Fukushima: adieu Kyoto?","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=329","title":{"rendered":"Les sc\u00e9narios \u00e9nerg\u00e9tiques  au Japon apr\u00e8s Fukushima: adieu Kyoto?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00059-300x199.jpg alt=\"Image00059.jpg\" style=\"margin: 5px; width: 156px; height: 104px; float: left\" title=\"Image00059.jpg\" height=\"104\" width=\"156\" \/>Le violent tsunami qui a suivi le tremblement de terre de Tohoku, le 11 mars 2011, et provoqu&eacute; la catastrophe nucl&eacute;aire de Fukushima, a conduit le gouvernement japonais &agrave; arr&ecirc;ter le fonctionnement des centrales nucl&eacute;aires qui assuraient le quart de la production de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; du pays. Priv&eacute; d&rsquo;une part importante de sa production &eacute;lectrique, le Japon a d&eacute;cid&eacute; des mesures d&rsquo;&eacute;conomie mais il se trouve dans une grande incertitude sur son avenir &eacute;nerg&eacute;tique. Un nouveau plan pour l&rsquo;&eacute;nergie est en cours d&rsquo;&eacute;laboration, il soul&egrave;ve bon nombre de questions.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;<br \/>\n<strong>Alors qu&rsquo;avant la catastrophe de Fukushima<\/strong> qui a mis hors service 6 r&eacute;acteurs de la soci&eacute;t&eacute; Tepco (trois &eacute;taient &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t au moment du s&eacute;isme), <strong>54 r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires produisaient le quart de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; du Japon, en avril, un seul r&eacute;acteur nucl&eacute;aire &eacute;tait encore en fonctionnement<\/strong> &agrave; la centrale de Tomari dans l&rsquo;&icirc;le de Hokkaido, au nord du Japon, et il devrait sans doute &ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute;, en mai, pour subir des &laquo; stress tests &raquo;, tous les autres r&eacute;acteurs japonais &eacute;taient &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t. D&eacute;but 2012, <strong>la chute de production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &eacute;tait de 13,5 %,<\/strong> apr&egrave;s la remise en marche de centrales thermiques au fuel, au charbon et surtout au gaz ce qui a conduit le pays &agrave; importer massivement du gaz liqu&eacute;fi&eacute; depuis un an.<br \/>\nA court terme, la pr&eacute;occupation majeure demeure l&rsquo;approvisionnement &eacute;lectrique du pays : <strong>le r&eacute;seau &eacute;lectrique pourra-il faire face aux pointes de consommation de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2012<\/strong> (avec traditionnellement une forte demande d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; pour la climatisation) ? En effet, <strong>il est peu probable que les centrales nucl&eacute;aires recevront l&rsquo;autorisation de red&eacute;marrer<\/strong>, deux r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires de la centrale de Kansai ont pass&eacute; les &laquo; stress test &raquo; avec succ&egrave;s qui ont re&ccedil;u la &laquo; b&eacute;n&eacute;diction &raquo; gouvernementale mais ils ne seront remis en marche qu&rsquo;avec l&rsquo;autorisation des autorit&eacute;s locales, les gouverneurs &eacute;lus et les pr&eacute;fets, qui prendront sans doute leur temps&hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;Pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2011 des mesures d&rsquo;&eacute;conomie d&rsquo;&eacute;nergie avaient &eacute;t&eacute; prises<\/strong> dans les entreprises et les habitations, des escalators avaient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s dans le m&eacute;tro de Tokyo (pourtant tr&egrave;s profond), etc. Elles seront reconduites cette ann&eacute;e (une baisse de consommation de 11 % pour les entreprises et de 7% pour les particuliers avec des tarifs sp&eacute;ciaux pour encourager les &eacute;conomies baptis&eacute;s Nega-Watt) et, outre le recours &agrave; la production thermique, les autorit&eacute;s comptent sur une meilleure interconnexion du r&eacute;seau &eacute;lectrique (il existe deux r&eacute;seaux au Japon&hellip;), le recours au photovolta&iuml;que et au stockage dans des barrages pour passer les pointes et (<em>Institute of energy Economics, Japan, Brief No 18,<\/em> March 2012, eneken.iejj.or.jp ). Toutefois, tout incident dans une centrale laisserait peu de marge de man&oelig;uvre pour faire face aux pointes. Une mauvaise surprise compl&egrave;te le tableau :<strong> les compagnies ont annonc&eacute; une hausse du tarif du kWh <\/strong>pour le 1er avril, d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e fiscale au Japon, Tepco (l&rsquo;op&eacute;rateur de la centrale de Fukushima qui alimente Tokyo) augmente ainsi ses tarifs pour les entreprises de 17%.<br \/>\nL&rsquo;approvisionnement &eacute;nerg&eacute;tique du Japon &agrave; long terme est l&rsquo;objet d&rsquo;un d&eacute;bat.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Avant le 11 mars 2011, le &laquo; Plan &eacute;nergie &agrave; l&rsquo;horizon 2030 &raquo; du Japon qui pr&eacute;voyait le doublement de la part de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire (passer de 25 &agrave; 50%<\/strong> avec la construction de quatorze centrales) est remis en cause et une commission gouvernementale doit en proposer un nouveau, en principe cet &eacute;t&eacute;. <strong>Plusieurs sc&eacute;narios sont discut&eacute;s<\/strong> avec une fourchette de production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire de 15-25 % est envisag&eacute;e supposant le red&eacute;marrage des centrales existantes (elles poursuivraient leur carri&egrave;re jusqu&rsquo;&agrave; leur terme sans prolongation au-del&agrave; de 40 ans) et son acceptation par l&rsquo;opinion publique qui n&rsquo;est pas acquise (beaucoup d&rsquo;observateurs estiment que ce n&rsquo;est pas impossible). Ces sc&eacute;narios imposeraient alors de pousser la part de la production thermique &agrave; 40-30%, notamment avec des centrales &agrave; gaz et d&rsquo;augmenter la part des &eacute;nergies renouvelables (le solaire principalement) qui passerait de 20%  dans le plan initial &agrave; environ 30 %. <strong>La relance partielle du nucl&eacute;aire impose, outre des &laquo; stress test &raquo; des r&eacute;acteurs en cours, la mise en place d&rsquo;une nouvelle autorit&eacute; de s&ucirc;ret&eacute; nucl&eacute;aire cr&eacute;dible et ind&eacute;pendante<\/strong>, l&rsquo;actuelle agence de s&ucirc;ret&eacute; (la NISA Nuclear and Industrial Safety Agency sous la tutelle du METI, le Minist&egrave;re de l&rsquo;&eacute;conomie, du commerce et de l&rsquo;industrie) sortant discr&eacute;dit&eacute;e de la crise de Fukushima. Le principe de cette cr&eacute;ation, en d&eacute;bat depuis plusieurs ann&eacute;es, est d&eacute;sormais acquis et les <strong>modalit&eacute;s<\/strong> de fonctionnement de l&rsquo;Agence sont en discussion &agrave; la Di&egrave;te (elle serait sous la tutelle du minist&egrave;re de l&rsquo;environnement).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>L&rsquo;avenir<\/strong> <strong>du nucl&eacute;aire au-del&agrave; de 2030<\/strong> <strong>est beaucoup plus incertain<\/strong>, le Japon a certes investi dans la quatri&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration, celle des surg&eacute;n&eacute;rateurs (avec un r&eacute;acteur refroidi de Monju au sodium), mais la poursuite des travaux sur cette fili&egrave;re est al&eacute;atoire.<br \/>\nLe Japon a beaucoup mis&eacute; sur les &eacute;nergies renouvelables et il est sans doute le leader mondial des techniques photovolta&iuml;ques comme le montre sa part de brevets dans le solaire (le No 1 mondial, une retomb&eacute;e de ses investissements dans le silicium en &eacute;lectronique), il est en pointe sur les batteries (celles au lithium notamment) qui sont indispensables pour le d&eacute;veloppement des &eacute;nergies renouvelables, par essence intermittentes, et qui n&eacute;cessitent des syst&egrave;mes de stockage de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; performants (Ambassade de France au Japon, Les nouveaux objectifs pour les &eacute;nergies renouvelables au sein du bouquet &eacute;nerg&eacute;tique japonais, mars 2012). Il d&eacute;veloppe &eacute;galement ses recherches sur les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations de biocarburants, en particulier produits &agrave; partir d&rsquo;algues (modifi&eacute;es g&eacute;n&eacute;tiquement). Le Japon a peu d&eacute;velopp&eacute; l&lsquo;&eacute;olien terrestre car, balay&eacute; par des typhons, son territoire s&rsquo;y pr&ecirc;te mal, il semble miser toutefois sur l&rsquo;&eacute;olien off-shore avec des plateformes flottantes (un pari risqu&eacute; !). Il est tr&egrave;s probable que la crise provoqu&eacute;e par la catastrophe de Fukushima amplifiera ces orientations avec de nouveaux investissements dans les &eacute;nergies renouvelables.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp; <strong>Il est trop t&ocirc;t pour tirer des enseignements de la catastrophe de Fukusima<\/strong> (il faudra au moins dix ans pour comprendre le sc&eacute;nario de l&rsquo;accident avec encore une interrogation sur son d&eacute;roulement exact sur le r&eacute;acteur No1 avant l&rsquo;arriv&eacute;e du tsunami) et sur ses suites. Constatons simplement d&eacute;j&agrave; que le Japon a pu faire face &agrave; une &laquo; disparition &raquo; en quelques semaines de pr&egrave;s du quart de son approvisionnement &eacute;lectrique (une &laquo; sortie &raquo; impos&eacute;e et rapide du nucl&eacute;aire). Il est vrai que la forte discipline collective traditionnelle dans la soci&eacute;t&eacute; japonaise a facilit&eacute; cette transition brutale. On observera aussi que la di&egrave;te &eacute;lectrique japonaise se traduit par une forte augmentation du prix de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qui n&rsquo;est probablement pas finie et par une relance de la consommation des combustibles fossiles, notamment du gaz pour les centrales. M&ecirc;me s&rsquo;il s&rsquo;en d&eacute;fend (les sc&eacute;narios en discussion pr&eacute;voient le remplacement par du gaz du charbon et du fuel des centrales qui &eacute;met moins de CO2), ce retour au thermique du Japon se traduira par  <strong>une hausse probable et durable des &eacute;missions de CO2 en d&eacute;pit de l&rsquo;adh&eacute;sion du Japon au procole de Kyoto<\/strong>, jusqu&rsquo;en 2012, dont on ne parle plus gu&egrave;re.<br \/>\nIl faut certes se garder d&rsquo;extrapoler la situation japonaise, mais la question du devenir des &eacute;missions de CO2 se posera in&eacute;luctablement en Europe pour des pays comme l&rsquo;Allemagne qui ont choisi d&rsquo;abandonner le nucl&eacute;aire apr&egrave;s Fukushima..\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Au plan international, la catastrophe de Fukushim appelle au renforcement des recherches sur la s&ucirc;ret&eacute; des r&eacute;acteurs<\/strong>&nbsp;(la mod&eacute;lisation de situations accidentelles, le vieillissement des mat&eacute;riaux des structures irradi&eacute;s, le comportement de l&rsquo;uranium lors d&rsquo;accidents notamment la fusion d&rsquo;un c&oelig;ur de r&eacute;acteur). Le r&ocirc;le de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;&eacute;nergie atomique devrait &ecirc;tre renforc&eacute; dans ce domaine ce que les Etats ne sont pas encore pr&ecirc;ts &agrave; admettre. Il sera aussi int&eacute;ressant de suivre la politique de l&rsquo;&eacute;nergie japonaise post-Fukushima, en particulier les orientations qu&rsquo;il va donner &agrave; ses investissements dans les &eacute;nergies renouvelables.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le violent tsunami qui a suivi le tremblement de terre de Tohoku, le 11 mars 2011, et provoqu&eacute; la catastrophe nucl&eacute;aire de Fukushima, a conduit le gouvernement japonais &agrave; arr&ecirc;ter le fonctionnement des centrales nucl&eacute;aires qui assuraient le quart de la production de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; du pays. 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