{"id":327,"date":"2012-03-25T18:06:16","date_gmt":"2012-03-25T18:06:16","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=327"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"Un co\u00fbt croissant de l'\u00e9nergie en France et en Europe: facture et frcature \u00e9nerg\u00e9tique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=327","title":{"rendered":"Un co\u00fbt croissant de l&rsquo;\u00e9nergie en France et en Europe: facture et frcature \u00e9nerg\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00014.png alt=\"Image00014.png\" style=\"margin: 5px; width: 163px; height: 154px; float: left\" title=\"Image00014.png\" height=\"154\" width=\"163\" \/>La croissance continue du prix des carburants depuis pr&egrave;s de deux ans ainsi que celle du gaz et de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; illustre une tendance lourde et de grande ampleur : l&rsquo;augmentation du prix de l&rsquo;&eacute;nergie en Europe p&egrave;se de plus en plus sur le budget des m&eacute;nages europ&eacute;ens. Plusieurs &eacute;tudes montrent clairement les tendances r&eacute;centes et pr&eacute;visibles de l&rsquo;&eacute;volution de la facture &eacute;nerg&eacute;tique des m&eacute;nages. Il est opportun de s&rsquo;interroger sur l&rsquo;incidence de cette hausse de l&rsquo;&eacute;nergie sur le revenu des m&eacute;nages et sur les correctifs qui pourraient &ecirc;tre apport&eacute;s &agrave; cette situation.&nbsp;\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nUne &eacute;tude r&eacute;cente de la soci&eacute;t&eacute; Enerdata (un bureau d&rsquo;&eacute;tude grenoblois, Enerdata, <em>What is the future for housing energy expenditures?<\/em>  <a href=\"http:\/\/www.leonardo-energy.org\">www.leonardo-energy.org<\/a>) sur la facture &eacute;nerg&eacute;tique des m&eacute;nages europ&eacute;ens montre que <strong>si les consommateurs ont b&eacute;n&eacute;fici&eacute; pendant les ann&eacute;es 1990 d&rsquo;une relative stabilit&eacute; des prix de l&rsquo;&eacute;nergie, il n&rsquo;en est plus de m&ecirc;me depuis une d&eacute;cennie.<\/strong> Ainsi les prix du gaz et du p&eacute;trole ont-ils augment&eacute; de 40% depuis l&rsquo;an 2000, ceux du charbon de 50%  et de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; de 20%. <strong>Les d&eacute;penses d&rsquo;&eacute;nergie des m&eacute;nages en Europe (pour leurs d&eacute;penses d&rsquo;&eacute;nergie &agrave; la maison : chauffage, eau sanitaire, &eacute;clairage, etc.) ont augment&eacute; en moyenne de 40% depuis 2000<\/strong> alors que la consommation baissait de 10%. Ces hausses ont &eacute;t&eacute; in&eacute;gales en Europe, ainsi les m&eacute;nages tch&egrave;ques ont-ils vu leur facture &eacute;nerg&eacute;tique tripler en dix ans alors que leur consommation baissait de 8%, tandis que c&rsquo;est l&rsquo;augmentation de 40% du prix du charbon qui a le plus pes&eacute; sur le budget &eacute;nerg&eacute;tique des m&eacute;nages en Pologne. En Allemagne, l&rsquo;augmentation de 60% des d&eacute;penses des m&eacute;nages pour l&rsquo;&eacute;nergie est due pour l&rsquo;essentiel &agrave; une augmentation de 60% du prix de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (dont la moiti&eacute; r&eacute;sulte d&rsquo;une forte croissance des taxes) et de 50% du prix du gaz. La France se trouve relativement prot&eacute;g&eacute;e par un co&ucirc;t de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qui reste bas (&agrave; 75% d&rsquo;origine nucl&eacute;aire) : l&rsquo;augmentation du co&ucirc;t de l&rsquo;&eacute;nergie y a &eacute;t&eacute; au-dessous de la moyenne europ&eacute;enne. On observera d&rsquo;ailleurs que bien que la consommation d&rsquo;&eacute;nergie se soit stabilis&eacute;e en France sur la p&eacute;riode 2000-2010 (la crise y contribuant), la consommation d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; a augment&eacute; de 4,5% depuis cinq ans (Commissariat G&eacute;n&eacute;ral au D&eacute;veloppement durable, La production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; en r&eacute;gion, No 119, mars 2012).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La comparaison des d&eacute;penses d&rsquo;&eacute;nergie des m&eacute;nages des pays de l&rsquo;UE montre que la d&eacute;pense moyenne annuelle pour le panier &eacute;nerg&eacute;tique s&rsquo;&eacute;levait &agrave; 1700 &euro; en 2010<\/strong>, elle &eacute;tait de 2400 &euro; en R&eacute;publique tch&egrave;que, de 2100 &euro; en Allemagne, de 1550 &euro; pour la France et de 1450 &euro; au Royaume Uni. Le climat explique en partie la diff&eacute;rence : elle repr&eacute;sente 8% du revenu familial en Su&egrave;de et pr&egrave;s de 9% en Pologne. Les m&eacute;nages fran&ccedil;ais (4 % du revenu familial consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie) sont en dessous de la moyenne europ&eacute;enne (5% du revenu familial), il en va de m&ecirc;me au Royaume-Uni, les m&eacute;nages espagnols b&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;un climat plus cl&eacute;ment ont la d&eacute;pense la plus faible (3,5 % de leur revenu).<br \/>\n<strong>Selon Enerdata, l&rsquo;avenir &eacute;nerg&eacute;tique n&rsquo;est sans doute pas rose car la facture &eacute;nerg&eacute;tique des familles va s&rsquo;alourdir d&rsquo;ici &agrave; 2030<\/strong> avec une croissance qui serait comprise dans une fourchette de 15 &agrave; 30% selon les sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques pris en consid&eacute;ration (elle serait dans le bas de la fourchette pour le sc&eacute;nario de base de l&rsquo;AIE). La d&eacute;pense &eacute;nerg&eacute;tique sera probablement soumise &agrave; deux tendances contradictoires : une hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie sur les march&eacute;s internationaux (une hausse de 50% du prix du p&eacute;trole, de 80% pour celui du gaz et de 30 % pour le charbon?), qui augmenterait de 20 % le prix de l&rsquo;&eacute;nergie domestique contrebalanc&eacute;e par une baisse difficilement chiffrable de la consommation d&rsquo;&eacute;nergie par les m&eacute;nages. Des inconnues fortes demeurent, le prix du gaz par exemple (il a fortement chut&eacute; aux USA), l&rsquo;instauration possible d&rsquo;une taxe carbone en Europe est certainement la plus importante car elle pourrait augmenter de 75% le prix de l&rsquo;&eacute;nergie, et dans ce cas de figure, malgr&eacute; une baisse de la consommation qui pourrait atteindre 25 %, la d&eacute;pense &eacute;nerg&eacute;tique moyenne pour un m&eacute;nage europ&eacute;en passerait &agrave; 2250 &euro; en 2030 (en euros 2010). Dans ce sc&eacute;nario &laquo; climatique &raquo; l&rsquo;ensemble des taxes repr&eacute;senterait 85% du co&ucirc;t de l&rsquo;&eacute;nergie. <strong>Le d&eacute;veloppement des &eacute;nergies renouvelables permettrait sans doute d&rsquo;att&eacute;nuer l&rsquo;incidence des hausses du prix de l&rsquo;&eacute;nergie car leur co&ucirc;t ne d&eacute;pend pas de la conjoncture internationale.<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Il ne faut pas oublier que ce co&ucirc;t de l&rsquo;&eacute;nergie p&egrave;se fortement sur la d&eacute;pense &eacute;nerg&eacute;tique de pays comme la France puisque sa facture &eacute;nerg&eacute;tique s&rsquo;est &eacute;lev&eacute;e &agrave; 61,4 milliards d&rsquo;euros en 2011<\/strong>, en augmentation d&rsquo;un tiers par rapport &agrave; 2010, elle repr&eacute;sente d&eacute;sormais 3 % du PIB du pays. C&rsquo;est une donn&eacute;e importante dont il faut tenir compte. Par ailleurs, dans le cas de la France comme dans celui de la plupart des pays europ&eacute;ens sans doute, <strong>la facture &eacute;nerg&eacute;tique accro&icirc;t les in&eacute;galit&eacute;s sociales<\/strong>. C&rsquo;est le constat fait par l&rsquo;&laquo; Observatoire de la pr&eacute;carit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; dans son r&eacute;cent rapport qui rel&egrave;ve que de nombreux m&eacute;nages (en particulier des personnes &acirc;g&eacute;es dans les zones rurales vivant dans de l&rsquo;habitat ancien) ont le plus grand mal &agrave; faire face &agrave; leur d&eacute;penses d&rsquo;&eacute;nergie et sont endett&eacute;s. Ils b&eacute;n&eacute;ficient certes d&rsquo;une &laquo; ristourne &raquo; annuelle pour l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (95 &euro; en moyenne) et pour le gaz (142 &euro; pour un m&eacute;nage de quatre personnes se chauffant au gaz) mais il est clair que celle-ci n&rsquo;est qu&rsquo;un petit palliatif.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nTrouver des mesures pour r&eacute;duire la &laquo; fracture &eacute;nerg&eacute;tique &raquo; dans un contexte de crise &eacute;conomique rampante et avec une perspective d&rsquo;augmentation croissante du co&ucirc;t de l&rsquo;&eacute;nergie n&rsquo;est pas ais&eacute; et ce d&rsquo;autant plus que la lutte contre le r&eacute;chauffement climatique (oubli&eacute;e dans les d&eacute;bats actuels en France&hellip;) passe sans doute par une taxation des &eacute;nergies carbon&eacute;es. Le gouvernement a mis en place une &laquo; prime &raquo; &agrave; la cuve pour aider les m&eacute;nages modestes qui se chauffent au fioul et des aides pour la <strong>r&eacute;novation<\/strong> thermique des logements anciens. Fran&ccedil;ois Hollande, quant &agrave; lui, propose un blocage temporaire des prix des carburants (qui risque d&rsquo;&ecirc;tre un coup d&rsquo;&eacute;p&eacute;e dans le p&eacute;trole&hellip;) et une nouvelle tarification du gaz et de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; avec un forfait &eacute;nerg&eacute;tique de base pour chaque foyer, ces mesures seraient probablement financ&eacute;es via des taxes sur l&rsquo;&eacute;nergie qui, on l&rsquo;a not&eacute;, vont s&rsquo;accro&icirc;tre. Une mesure pourrait consister &agrave; cr&eacute;er un Revenu de Solidarit&eacute; Energ&eacute;tique Active (RSEA) destin&eacute; &agrave; compenser, pour les m&eacute;nages aux revenus modestes, le tiers de la charge financi&egrave;re repr&eacute;sent&eacute;e par la consommation d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et de gaz pour l&rsquo;habitat et celle des carburants n&eacute;cessaires aux d&eacute;placements professionnels. Le RSEA prendrait la forme d&rsquo;un cr&eacute;dit d&rsquo;imp&ocirc;ts ou d&rsquo;un ch&egrave;que &eacute;nergie pour les m&eacute;nages non-imposables dont l&rsquo;attribution pourrait &ecirc;tre assortie de conditions (par exemple l&rsquo;utilisation des v&eacute;hicules &agrave; faible &eacute;mission de CO2 et l&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique de l&rsquo;habitat). Son financement pourrait &ecirc;tre assur&eacute; par une partie des taxes sur les produits p&eacute;troliers, le gaz et le kWh &eacute;lectrique (notamment la Contribution au service public de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qui supporte d&eacute;j&agrave; l&rsquo;aide aux &eacute;nergies renouvelables&hellip;).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nEn fait les mesures tendant &agrave; limiter l&rsquo;incidence sociale et &eacute;conomique de l&rsquo;augmentation in&eacute;luctable du prix de l&rsquo;&eacute;nergie ne r&eacute;gleront que partiellement les probl&egrave;mes. La transition &eacute;nerg&eacute;tique appelle des mesures de fond pour stimuler les &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;nergie, pr&eacute;parer les relais aux &eacute;nergies carbon&eacute;es, bref une v&eacute;ritable politique de l&rsquo;&eacute;nergie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La croissance continue du prix des carburants depuis pr&egrave;s de deux ans ainsi que celle du gaz et de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; illustre une tendance lourde et de grande ampleur : l&rsquo;augmentation du prix de l&rsquo;&eacute;nergie en Europe p&egrave;se de plus en plus sur le budget des m&eacute;nages europ&eacute;ens. 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