{"id":323,"date":"2012-02-07T16:09:40","date_gmt":"2012-02-07T16:09:40","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=323"},"modified":"2012-02-07T16:11:37","modified_gmt":"2012-02-07T16:11:37","slug":"Quels sc\u00e9narios pour les \u00e9nergies renouvelables?","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=323","title":{"rendered":"Quels sc\u00e9narios pour les \u00e9nergies renouvelables?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00014.png alt=\"Image00014.png\" style=\"margin: 5px; width: 154px; float: left; height: 145px\" title=\"Image00014.png\" height=\"145\" width=\"154\" \/>Depuis la conf&eacute;rence de Copenhague sur le climat, en 2009, la quasi-totalit&eacute; des sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques accorde une place importante aux &eacute;nergies non carbon&eacute;es et en particulier aux &eacute;nergies renouvelables dans le mix &eacute;nerg&eacute;tique primaire mondial du futur. Les d&eacute;bats r&eacute;cents sur le nucl&eacute;aire apr&egrave;s la catastrophe de Fukushima ont &eacute;galement mis &agrave; l&rsquo;ordre du jour la question de la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par ces fili&egrave;res. Que peut-on en attendre d&rsquo;elles alors qu&rsquo;un hiver froid met les syst&egrave;mes de production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &laquo; sous tension &raquo; ?\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;&nbsp;De nombreux sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques affichent des objectifs volontaristes pour les politiques de l&rsquo;&eacute;nergie. <strong>Ainsi, le &laquo; sc&eacute;nario 450 &raquo; de l&rsquo;AIE<\/strong> (compatible avec l&rsquo;engagement de limiter &agrave; 2&deg; C l&rsquo;augmentation de la temp&eacute;rature moyenne de l&rsquo;atmosph&egrave;re entre 1800 et la fin de ce si&egrave;cle) <strong>pr&eacute;voit qu&rsquo;en 2035 la contribution des &eacute;nergies renouvelables au mix primaire serait de 27% (contre 13 % en 2009<\/strong>). Un sc&eacute;nario de l&rsquo;UE estime cr&eacute;dible une production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; en Europe, en 2050, par des &eacute;nergies renouvelables dans une fourchette de 64% &agrave; 97%. Le point critique de tous les sc&eacute;narios est la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qu&rsquo;il est n&eacute;cessaire de &laquo; d&eacute;carboner &raquo; au maximum, le nucl&eacute;aire &eacute;tant une voie possible (mais en d&eacute;bat apr&egrave;s Fukushima), les fili&egrave;res renouvelables en &eacute;tant une autre. Le sc&eacute;nario 450 fait l&rsquo;hypoth&egrave;se que les &eacute;nergies renouvelables assureraient 46 % de la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; en 2035 : la contribution de l&rsquo;&eacute;olien serait de 13%, celle de l&rsquo;hydraulique de 19%, celles des fili&egrave;res solaires photovolta&iuml;que et &agrave; concentration seraient &agrave; hauteur respectivement de 4% et de 3% (celles de la biomasse et de la g&eacute;othermie respectivement de 6% et de 1%). Un sc&eacute;nario de l&rsquo;AIE dit &laquo; nouvelles politiques &raquo; est moins ambitieux puisque la part du solaire dans la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; mondiale n&rsquo;y serait que 3% au total en 2035.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp; L&rsquo;AIE a extrapol&eacute; &agrave; l&rsquo;horizon 2060 son sc&eacute;nario volontariste : la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; serait alors presque totalement d&eacute;carbon&eacute;e<\/strong>, le solaire assurant &agrave; lui seul pr&egrave;s de 50 % de la production &eacute;lectrique (l&rsquo;&eacute;olien seulement 28%) avec 28% par la fili&egrave;re &agrave; concentration et 20% par la fili&egrave;re photovolta&iuml;que. La puissance solaire install&eacute;e serait de l&rsquo;ordre de 18 000 GW ce qui serait consid&eacute;rable. Ce sc&eacute;nario fait trois hypoth&egrave;ses : &#8211; la mise au point de moyens de stockage performants pour la chaleur dans la fili&egrave;re &agrave; concentration qui permettrait une utilisation des centrales &agrave; 50% &ndash; l&rsquo;existence de r&eacute;seaux d&rsquo;interconnexion performants permettant d&rsquo;utiliser une combinaison d&rsquo;&eacute;nergies intermittentes (plus d&rsquo;&eacute;olien en hiver avec une disponibilit&eacute; de 20% des centrales &eacute;oliennes, et plus de solaire en &eacute;t&eacute; avec une disponibilit&eacute; r&eacute;duite &agrave; 10 % de l&rsquo;&eacute;olien) &ndash; le maintien d&rsquo;une &eacute;lectricit&eacute; de base non intermittente (11% de la production assur&eacute;e par du nucl&eacute;aire et de la biomasse avec stockage du CO2). <strong>Le sc&eacute;nario n&eacute;gaWatt fait l&rsquo;hypoth&egrave;se qu&rsquo;il serait possible de diminuer de 65% la consommation d&rsquo;&eacute;nergie primaire de la France en 2050 (pour la ramener &agrave; 105 Mtep) qui serait assur&eacute;e &agrave; 90% par des fili&egrave;res renouvelables<\/strong>. Dans cette perspective la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; photovolta&iuml;que repr&eacute;senterait presque le tiers de la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par des fili&egrave;res renouvelables (90 TWh sur un total de 350 TWh), les deux tiers &eacute;tant assur&eacute;s par des panneaux sur des b&acirc;timents et le tiers par des centrales au sol (avec une emprise totale &eacute;quivalente &agrave; un carr&eacute; de 30 km x 30 km).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp; Un param&egrave;tre cl&eacute; pour toutes les fili&egrave;res renouvelables est le co&ucirc;t de production de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;<\/strong>. Leur comp&eacute;titivit&eacute; &eacute;conomique n&rsquo;est pas acquise, aujourd&rsquo;hui, car <strong>le co&ucirc;t de production du kWh solaire est encore plus &eacute;lev&eacute; que celui des fili&egrave;res &laquo; classiques &raquo;<\/strong> (de 5 &agrave; 10 fois plus &eacute;lev&eacute;s que l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; du march&eacute; soit de 280 &euro; &agrave; 580 &euro; le MWh au lieu de 45-50 &euro; le MWh pour le nucl&eacute;aire et l&rsquo;hydraulique). Les experts divergent encore sur l&rsquo;&eacute;volution des co&ucirc;ts de production &agrave; long terme, mais l&rsquo;AIE estime qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;horizon 2030 les co&ucirc;ts de production des deux fili&egrave;res solaires se situeraient dans une fourchette de 33 &euro; \/ MWh &agrave; 110 &euro; \/ MWh (les co&ucirc;ts les plus bas correspondants &agrave; ceux de centrales photovolta&iuml;ques ou &agrave; concentration dans des r&eacute;gions bien ensoleill&eacute;es). Ce co&ucirc;t serait en moyenne de 30% plus &eacute;lev&eacute; que celui de l&rsquo;&eacute;olien et pour la fourchette basse &eacute;quivalent &agrave; celui des centrales conventionnelles (qui devraient sans doute supporter une taxe carbone et un co&ucirc;t de stockage du CO2 pour celles fonctionnant avec des combustibles fossiles).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;&nbsp; <strong>Ces estimations semblent optimistes car il faut tenir compte de deux contraintes<\/strong> : &#8211; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;abaisser les co&ucirc;ts de production des cellules pour la fili&egrave;re photovolta&iuml;que &ndash; l&rsquo;intermittence des fili&egrave;res qui conduit &agrave; mettre en &oelig;uvre des moyens de stockage et de renfort pour les heures de pointe. Alors que Fran&ccedil;ois Hollande a propos&eacute; dans son programme de r&eacute;duire &agrave; 50% la part du nucl&eacute;aire en 2025 (75 % en 2010), <strong>le CEA ainsi que RTE (la filiale d&rsquo;EDF charg&eacute;e du transport du courant) ont fait des simulations sur le mix &eacute;nerg&eacute;tique &eacute;lectrique de la France<\/strong>. RTE a ainsi propos&eacute; un sc&eacute;nario &laquo; Nucl&eacute;aire bas &raquo; en 2030, correspondant &agrave; une production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &agrave; 50% nucl&eacute;aire (avec une demande totale de 540 TWh), dans cette perspective le solaire photovolta&iuml;que (PV) contribuerait &agrave; 5% de la production (26 TWh avec 18 GW de puissance install&eacute;e) et l&rsquo;&eacute;olien &agrave; 15%. Des centrales thermiques d&rsquo;appui (pour les pointes notamment) d&rsquo;une puissance install&eacute;e de 10 GW devraient &ecirc;tre construites. Quant au CEA, il a propos&eacute; deux sc&eacute;narios de &laquo; sortie du nucl&eacute;aire &raquo; (avec et sans contrainte carbone). La part du solaire PV dans le sc&eacute;nario sans contrainte carbone est symbolique (500 MW inf&eacute;rieure &agrave; la puissance install&eacute;e fin 2011 !), elle serait en revanche substantielle dans le sc&eacute;nario avec contrainte carbone (55 GW soit 25 fois la puissance actuelle) qui assurerait 12% de la production &eacute;lectrique. L&rsquo;estimation des co&ucirc;ts de ces sc&eacute;narios est &eacute;videment critique. Avec un taux d&rsquo;actualisation de 5%<strong> le CEA &laquo; pr&eacute;voit &raquo; un co&ucirc;t moyen de production de 223,7&euro; \/ MWh pour le solaire PV<\/strong> (avec des investissements de base et des co&ucirc;ts de maintenance relativement &eacute;lev&eacute;s). Par comparaison, le co&ucirc;t moyen de production par l&rsquo;hydraulique serait de 32 &euro; \/ MWh , celui de l&rsquo;&eacute;olien terrestre de 68,6 &euro;\/MWh (92,5 &euro; pour l&rsquo;off-shore) et des centrales &agrave; gaz de 73,3 &euro; \/ MWh.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp; Ces sc&eacute;narios ne plaident pas, aujourd&rsquo;hui, pour le solaire<\/strong> qui ne serait pas &agrave; moyen terme, selon le CEA, un substitut cr&eacute;dible au nucl&eacute;aire, la fili&egrave;re &eacute;olienne, en revanche, n&rsquo;est pas loin du seuil de rentabilit&eacute;. <strong>On remarquera que les sc&eacute;narios am&eacute;ricains sont plus optimistes pour la fili&egrave;re solaire.<\/strong> Des estimations pour la Californie, un Etat ensoleill&eacute; il est vrai, estiment possible une diminution drastique en 2050 de la consommation d&rsquo;&eacute;nergie carbon&eacute;e (avec une r&eacute;duction de 80 % des &eacute;missions de CO2 par rapport &agrave; leur niveau de 1990) et avec une forte progression de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; dans l&rsquo;&eacute;nergie finale (sa part passerait de 15% &agrave; 55% en 2050), la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par des panneaux solaires sur les toits des immeubles repr&eacute;senterait 10 % de la demande (J.H. Williams et al. &laquo; The technology path to deep greenhouse gas emissions cuts by 2050: the pivotal role of electricity &raquo;, <em>Science<\/em>, vol. 335, p. 53, 6 January 2012, <a href=\"http:\/\/www.sciencemag.org\/\">www.sciencemag.org<\/a> ). Une autre &eacute;tude du D&eacute;partement de l&rsquo;&eacute;nergie aux USA supposant des conditions d&rsquo;ensoleillement favorables pour une centrale de 100 MW en Arizona (2500 kWh\/m2 par an) chiffre le co&ucirc;t du kWh &eacute;lectrique produit, moyenn&eacute; sur l&rsquo;ann&eacute;e, &agrave; 17,9 c &euro; ; il serait l&eacute;g&egrave;rement moins &eacute;lev&eacute; que celui produit par une centrale photovolta&iuml;que toujours en Arizona, deux fois plus &eacute;lev&eacute; que le kWh &eacute;olien et 2,5 fois plus &eacute;lev&eacute; que celui produit par une centrale &agrave; charbon pulv&eacute;ris&eacute;, l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produite par l&rsquo;&eacute;olien terrestre &eacute;tant quasiment comp&eacute;titive avec le thermique.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelles conclusions peut-on tirer de ces sc&eacute;narios ? <strong>L&rsquo;&eacute;olien terrestre est sans doute proche du seuil de rentabilit&eacute; &eacute;conomique<\/strong> et s&rsquo;agissant de <strong>l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; solaire si elle est loin d&rsquo;&ecirc;tre comp&eacute;titive dans des pays comme la France, elle peut le devenir avant 2030<\/strong> dans des pays &agrave; fort ensoleillement comme l&rsquo;Espagne, les Etats-Unis et de nombreux pays africains (voire dans certains d&eacute;partements du sud de la France comme la Corse). Il reste qu&rsquo;une strat&eacute;gie doit prendre des risques: il faut pouvoir tester des fili&egrave;res que des ruptures pourraient amener au seuil de la rentabilit&eacute; (avec par exemple des substituts au silicium pour les cellules solaires). Par ailleurs, m&ecirc;me si les conditions climatiques ne lui sont en moyenne pas favorables en France, il peut &ecirc;tre dangereux de faire une impasse compl&egrave;te sur la fili&egrave;re solaire &agrave; concentration pour laquelle il peut exister des march&eacute;s &agrave; l&rsquo;exportation (c&rsquo;est la principale raison d&rsquo;&ecirc;tre du projet allemand Desertec). <strong>Les &eacute;nergies solaire et &eacute;olienne sont des &eacute;nergies intermittentes et si l&rsquo;on veut produire &laquo; massivement &raquo; de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par ces fili&egrave;res, il faut pouvoir la stocker et la distribuer par le r&eacute;seau &eacute;lectrique<\/strong> L&rsquo;effort &agrave; faire dans ce domaine ne peut &ecirc;tre s&eacute;par&eacute; de celui &agrave; accomplir dans les domaines du stockage et des r&eacute;seaux dits &laquo; intelligents &raquo;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis la conf&eacute;rence de Copenhague sur le climat, en 2009, la quasi-totalit&eacute; des sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques accorde une place importante aux &eacute;nergies non carbon&eacute;es et en particulier aux &eacute;nergies renouvelables dans le mix &eacute;nerg&eacute;tique primaire mondial du futur. 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