{"id":318,"date":"2011-10-17T07:52:25","date_gmt":"2011-10-17T07:52:25","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=318"},"modified":"2011-10-18T09:00:41","modified_gmt":"2011-10-18T09:00:41","slug":"Peut-on sortir du nucl\u00e9aire?","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=318","title":{"rendered":"Peut-on sortir du nucl\u00e9aire?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00027-284x300.png alt=\"Image00027.png\" style=\"margin: 5px; width: 132px; float: left; height: 121px\" title=\"Image00027.png\" height=\"172\" width=\"163\" \/>De nombreux sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques publi&eacute;s ces derni&egrave;res ann&eacute;es faisaient l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une croissance mod&eacute;r&eacute;e de la part du nucl&eacute;aire dans la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. L&rsquo;accident de la centrale nucl&eacute;aire de Fukushima, survenu au Japon, a chang&eacute; la donne : plusieurs pays dont l&rsquo;Allemagne ont d&eacute;cid&eacute; de &laquo; sortir &raquo; du nucl&eacute;aire, alors que d&rsquo;autres comme la Chine maintiennent leur confiance dans la fili&egrave;re. En France la question est pos&eacute;e et un d&eacute;bat s&rsquo;engagera &agrave; l&rsquo;occasion de la prochaine &eacute;lection pr&eacute;sidentielle en 2012 : quelle sera la place du nucl&eacute;aire dans le mix &eacute;nerg&eacute;tique du pays &agrave; long terme ? La question est difficile et il est utile d&rsquo;identifier les param&egrave;tres cl&eacute;s du probl&egrave;me.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; est assur&eacute;e, aujourd&rsquo;hui, &agrave; 15 % par du nucl&eacute;aire<\/strong> et dans un sc&eacute;nario publi&eacute; en 2010, l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie (AIE) envisageait une croissance mod&eacute;r&eacute;e de la part du nucl&eacute;aire &agrave; l&rsquo;horizon 2035 dans la perspective d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un quasi doublement de la demande mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. De nombreux experts envisageaient, il y a peu, une&nbsp; &quot;Renaissance&nbsp;&quot; du nucl&eacute;aire, notamment aux Etats-Unis o&ugrave; il avait travers&eacute; une mauvaise passe apr&egrave;s les accidents de Three Mile Island (1979) et de Tchernobyl (1986). Avant le s&eacute;isme de Tohoku, le Japon pr&eacute;voyait, quant &agrave; lui, de doubler d&rsquo;ici 2030 sa production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire, qui repr&eacute;sentait avant la catastrophe de Fukushima pr&egrave;s de 30% de sa production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. Sans attendre les r&eacute;sultats de l&rsquo;enqu&ecirc;te sur son d&eacute;roulement qui sera forc&eacute;ment longue,<strong> l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie et la Suisse ont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;abandonner le nucl&eacute;aire (une sortie en 2022 pour l&rsquo;Allemagne).<\/strong> Le Royaume-Uni, en revanche, a d&eacute;cid&eacute; de maintenir son choix de relance du nucl&eacute;aire en construisant de nouvelles centrales, tandis que la Chine, tout en maintenant ses projets en cours, a d&eacute;cid&eacute; de geler la mise en chantier de quatre r&eacute;acteurs dont la construction &eacute;tait d&eacute;cid&eacute;e. Les pays europ&eacute;ens ont d&eacute;cid&eacute; de faire subir des&nbsp; &quot;stress tests &quot; &agrave; tous leurs r&eacute;acteurs (EDF a d&eacute;j&agrave; proc&eacute;d&eacute; aux siens), quant aux USA, ils donneront probablement une priorit&eacute; aux centrales &agrave; gaz.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En France, le d&eacute;bat sur l&rsquo;avenir du nucl&eacute;aire est ouvert<\/strong> (78% de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; y est produite avec le nucl&eacute;aire, 12% par l&rsquo;hydraulique, 10% par du thermique classique et du renouvelable). Ainsi, devan&ccedil;ant une demande du gouvernement (celui-ci a cr&eacute;&eacute; une commission qui &eacute;tudiera des sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques), le gestionnaire du r&eacute;seau &eacute;lectrique, <strong>RTE (R&eacute;seau de transport d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;) , a d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute; un sc&eacute;nario de r&eacute;duction &agrave; 50% de la part du nucl&eacute;aire &agrave; l&rsquo;horizon 2030<\/strong> : il impliquerait la cr&eacute;ation de capacit&eacute;s de 40 GW d&rsquo;&eacute;olien, de 18 GW de photovolta&iuml;que et d&rsquo;un capacit&eacute; de production de 10 GW (du thermique essentiellement) pour passer les pointes de consommation, les &eacute;nergies renouvelables repr&eacute;sentant 38% de la production totale. L&rsquo;association <em>n&eacute;gaWatt<\/em> (www.negawatt.org) a publi&eacute; r&eacute;cemment un sc&eacute;nario tr&egrave;s d&eacute;taill&eacute; qui pr&eacute;voit une sortie du nucl&eacute;aire en 2033. Ce sc&eacute;nario fait l&rsquo;hypoth&egrave;se qu&rsquo;il est possible de diminuer drastiquement la consommation d&rsquo;&eacute;nergie primaire en France (pratiquement d&rsquo;un facteur trois) et de r&eacute;aliser une transition &eacute;nerg&eacute;tique qui conduirait &agrave; se passer de presque toute &eacute;nergie carbon&eacute;e non renouvelable (p&eacute;trole, charbon, gaz) et de toute production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; par le nucl&eacute;aire. L&rsquo;abandon du nucl&eacute;aire se r&eacute;aliserait en fermant par &eacute;tape des tranches nucl&eacute;aires jusqu&rsquo;en 2033. Dans le d&eacute;bat pour les pr&eacute;sidentielles, les &laquo; Verts &raquo; pr&eacute;conisent une sortie du nucl&eacute;aire d&rsquo;ici 2030, quant &agrave; Fran&ccedil;ois Hollande s&rsquo;il est favorable &agrave; une baisse de la part de la production nucl&eacute;aire (passer &agrave; 50% en 2025), il a refus&eacute; d&rsquo;envisager une sortie du nucl&eacute;aire &agrave; une date pr&eacute;cise.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fixer le mix &eacute;lectrique d&rsquo;un pays comme la France met en jeu plusieurs param&egrave;tres<\/strong> (le probl&egrave;me se pose bien s&ucirc;r pour d&rsquo;autres pays comme l&rsquo;Allemagne par exemple) : la s&eacute;curit&eacute; de la production (&eacute;viter des &laquo; black outs &raquo;), la s&ucirc;ret&eacute; des fili&egrave;res (les risques d&rsquo;accidents en particulier pour le nucl&eacute;aire), le co&ucirc;t &eacute;conomique de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, l&rsquo;importance que l&rsquo;on accorde &agrave; la question climatique. Ces quatre param&egrave;tres sont interd&eacute;pendants ce qui fait toute la difficult&eacute; du probl&egrave;me. Dans un pays moderne on peut penser qu<strong>&rsquo;il est crucial d&rsquo;assurer une production sans intermittence de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; de base<\/strong> (souvent &agrave; forte puissance), par exemple pour les transports (chemins de fer, m&eacute;tros, etc., les moteurs d&rsquo;une rame de TGV consomment de 8 &agrave; 10 MW), pour une bonne partie de l&rsquo;industrie (pour &eacute;viter des incidents industriels par exemple des fours, moteurs, etc.), et une petite partie du secteur r&eacute;sidentiel et des services. Sur une consommation finale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; en France en 2010 de 450 TWh (30 TWh dans les transports, 100 TWh dans l&rsquo;industrie, 300TWh dans les services et le r&eacute;sidentiel) <strong>cette &eacute;lectricit&eacute; de base repr&eacute;sente sans doute de 50% de la consommation totale<\/strong>. Or, aujourd&rsquo;hui, faute de solutions techniques op&eacute;rationnelles pour le stockage de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, les &eacute;nergies renouvelables (&eacute;olien et solaire) qui sont intermittentes ne peuvent pas assurer la production de cette &eacute;lectricit&eacute; de &laquo; base &raquo;. Dans ces conditions, il faut recourir &agrave; l&rsquo;hydraulique, au nucl&eacute;aire et aux &eacute;nergies carbon&eacute;es (gaz, charbon pour l&rsquo;essentiel) et peut &ecirc;tre &agrave; des petites centrales au bois. Observons que ce point important n&rsquo;est pas discut&eacute; dans le sc&eacute;nario n&eacute;gaWatt.<strong> Si l&rsquo;on estime que le r&eacute;chauffement climatique est une menace s&eacute;rieuse<\/strong>, il faut alors limiter au maximum les &eacute;nergies carbon&eacute;es tout en gardant une marge avec des centrales &agrave; gaz pour les pointes. On peut alors retenir l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une production de cette &eacute;lectricit&eacute; de base &agrave; 75%- 80% par le nucl&eacute;aire qui a l&rsquo;avantage de ne pas avoir d&rsquo;incidence climatique. Cela suppose bien s&ucirc;r une confiance dans la s&ucirc;ret&eacute; de la fili&egrave;re qui de toute fa&ccedil;on doit &ecirc;tre renforc&eacute;e apr&egrave;s Fukushima. S&rsquo;agissant de l&rsquo;autre &laquo; quota &raquo; d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (50% de la consommation finale), on peut faire l&rsquo;hypoth&egrave;se que l&rsquo;on pourrait r&eacute;pondre &agrave; la demande de cette consommation &agrave; un niveau de 70- 80% par des renouvelables &agrave; l&rsquo;horizon 2030, sous forme soit centralis&eacute;e (des fermes &eacute;oliennes par exemple) soit d&eacute;centralis&eacute;e (des panneaux photovolta&iuml;ques sur les maisons), le nucl&eacute;aire compl&eacute;tant ces fili&egrave;res &agrave; hauteur d&rsquo;environ 20% avec &eacute;ventuellement du thermique avec de la biomasse. Observons au passage que le param&egrave;tre climatique rentre aussi en compte dans le choix d&rsquo;une fili&egrave;re renouvelable. En effet, si l&rsquo;&eacute;olien n&rsquo;a pas d&rsquo;incidence climatique, en revanche, les cellules photovolta&iuml;ques en ont une dans la mesure o&ugrave; leur production (via des mat&eacute;riaux comme le silicium) consomme beaucoup d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qui peut &ecirc;tre d&rsquo;origine &laquo; carbon&eacute;e &raquo; (comme c&rsquo;est le cas en Chine). <strong>Tous comptes faits, une arithm&eacute;tique &eacute;lectrique fait ressortir un sc&eacute;nario avec un poids du nucl&eacute;aire de 45 &agrave; 50% vers 2030<\/strong>, tr&egrave;s proche du sc&eacute;nario de RTE.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le param&egrave;tre &eacute;conomique rentre &eacute;videmment en ligne de compte. Pour l&rsquo;heure le co&ucirc;t du kWh d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produit par des sources renouvelables est plus &eacute;lev&eacute; que par les fili&egrave;res actuelles (l&rsquo;hydraulique notamment) : celui de l&rsquo;&eacute;olien est deux fois plus &eacute;lev&eacute; et celui du solaire de 5 &agrave; 10 fois. Cependant, il est tr&egrave;s probable que le co&ucirc;t du kWh &eacute;olien deviendra comp&eacute;titif dans un d&eacute;lai de 10 ans (on pourra mettre en service des turbines de grande puissance dans une gamme de 5 &agrave; 10 MW), mais pour le solaire la rentabilit&eacute; &eacute;conomique suppose une baisse des co&ucirc;ts de production des cellules et la mise au point d&rsquo;autre fili&egrave;res que le silicium et avec un rendement plus &eacute;lev&eacute;, ce qui repr&eacute;sente un effort de R&amp;D et industriel d&rsquo;au moins vingt ans. <strong>Si le nucl&eacute;aire est &eacute;conomiquement comp&eacute;titif, il n&rsquo;est pas douteux que les exigences de s&ucirc;ret&eacute; vont conduire au rench&eacute;rissement du kWh nucl&eacute;aire<\/strong>, les alea financiers rencontr&eacute;s dans la construction de l&rsquo;EPR (un r&eacute;acteur dit de troisi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration plus s&ucirc;r) en Finlande, et &agrave; Flamanville par EDF en t&eacute;moignent. On remarquera que dans les d&eacute;bats actuels, le param&egrave;tre de <strong>l&rsquo;&laquo; ind&eacute;pendance &eacute;nerg&eacute;tique du pays &raquo;<\/strong> rentre rarement en ligne de compte. S&rsquo;agissant d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, le nucl&eacute;aire assure une quasi-ind&eacute;pendance (il est n&eacute;cessaire d&rsquo;importer l&rsquo;uranium mais les sources d&rsquo;approvisionnement sont relativement diversifi&eacute;es), le charbon ne pose pas de probl&egrave;me d&rsquo;approvisionnement mais en revanche le gaz peut en poser car nous ne sommes pas &agrave; l&rsquo;abri de conflits pouvant intervenir dans certaines des r&eacute;gions o&ugrave; la France s&rsquo;approvisionne (Moyen-Orient, Afrique et Russie) et d&rsquo;une menace d&rsquo;une augmentation forte du prix du gaz. Quant aux &eacute;nergies renouvelables elles assurent une ind&eacute;pendance &eacute;nerg&eacute;tique quasi-totale (&agrave; ceci pr&egrave;s que nous importons la grande majorit&eacute; des cellules photovolta&iuml;ques).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On remarquera que la situation fran&ccedil;aise actuelle, 78% de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; fournie par le nucl&eacute;aire, n&rsquo;est pas sans risques<\/strong>. En effet, dans l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; d&rsquo;un accident grave sur une centrale, qui ne saurait &ecirc;tre exclu, qui conduirait &agrave; arr&ecirc;ter plusieurs r&eacute;acteurs pour r&eacute;aliser des tests de s&ucirc;ret&eacute;, la France pourrait se trouver priv&eacute;e d&rsquo;une capacit&eacute; de production de plusieurs GW qui la conduirait &agrave; importer &laquo; massivement &raquo; de la puissance &eacute;lectrique. C&rsquo;est une situation &agrave; laquelle se trouve aujourd&rsquo;hui confront&eacute; le Japon et qui conduit <em>l&rsquo;Institut d&rsquo;&eacute;conomie de l&rsquo;&eacute;nergie du Japon <\/em>&agrave; Tokyo (www.eneken.ieej.org.jp ) dans une &eacute;tude r&eacute;cente (&laquo; Lessons from Fukushima &raquo;) sur les cons&eacute;quences de l&rsquo;accident de Fukushima &agrave; s&rsquo;alarmer de la capacit&eacute; du syst&egrave;me de production japonais &agrave; faire face &agrave; la demande pendant l&rsquo;hiver et l&rsquo;&eacute;t&eacute; prochains alors que la quasi-totalit&eacute; des r&eacute;acteurs seront &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t pour des tests; le Japon proc&egrave;de d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; &agrave; des importations massives de gaz pour ses centrales et l&rsquo;Institut pr&eacute;voit une forte hausse du kWh l&rsquo;an prochain (+ 18% pour les m&eacute;nages et +36 % pour les entreprises).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le chiffrage financier des sc&eacute;narios est un exercice n&eacute;cessaire mais difficile<\/strong> car il suppose que l&rsquo;on fasse d&rsquo;abord une hypoth&egrave;se sur l&rsquo;&eacute;volution de la demande. Les sc&eacute;narios tendanciels font l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une croissance annuelle moyenne de 1% de la demande, alors que n&eacute;gaWatt suppose une chute tr&egrave;s forte gr&acirc;ce &agrave; des &eacute;conomies tr&egrave;s importantes notamment dans le secteur r&eacute;sidentiel. Compte tenu des al&eacute;as pesant sur les &eacute;nergies renouvelables, les sc&eacute;narios supposant une forte chute de la part du nucl&eacute;aire requi&egrave;rent un effort de compression de la demande. Les sc&eacute;narios fond&eacute;s soit sur l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une sortie du nucl&eacute;aire soit d&rsquo;une baisse forte de sa part (un sc&eacute;nario &agrave; 45-50% par exemple) sont difficiles &agrave; chiffrer car si un r&eacute;acteur nucl&eacute;aire de 1 GW d&eacute;bite de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; pendant 80% du temps en moyenne, il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me pour des &eacute;oliennes et des centrales solaires et l&rsquo;on ne substitue donc pas strictement 1 GW nucl&eacute;aire par 1 GW renouvelable, le co&ucirc;t de ces sc&eacute;nario va donc d&eacute;pendre du mix &eacute;nerg&eacute;tique choisi (il ne sera pas le m&ecirc;me pour l&rsquo;&eacute;olien et le solaire). Dans une interview au Figaro (le 22 septembre), l&rsquo;Administrateur g&eacute;n&eacute;ral du CEA, Bernard Bigot, chiffrait &agrave; 750 milliards d&rsquo;euros le co&ucirc;t pour la France de la sortie du nucl&eacute;aire. En fait ce chiffre est une extrapolation des investissements que pr&eacute;voit l&rsquo;Allemagne, 250 milliards d&rsquo;euros, pour remplacer sa capacit&eacute; de production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire et construire des nouveaux r&eacute;seaux, la puissance nucl&eacute;aire install&eacute;e de l&rsquo;Allemagne &eacute;tant trois fois plus faible que celle de la France, une sortie fran&ccedil;aise du nucl&eacute;aire co&ucirc;terait trois fois plus cher&hellip;Cette extrapolation du CEA n&rsquo;est pas fond&eacute;e.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;&nbsp;&nbsp; En fin de comptes peut-on sortir du nucl&eacute;aire ? <strong>A horizon de vingt ans les risques que ferait courir une sortie du nucl&eacute;aire &agrave; l&rsquo;approvisionnement &eacute;lectrique de la France seraient sans aucun doute consid&eacute;rables.<\/strong> En revanche, il est raisonnable d&rsquo;entreprendre une transition &eacute;nerg&eacute;tique avec l&rsquo;objectif de baisser tr&egrave;s significativement la part du nucl&eacute;aire en investissant dans les &eacute;nergies renouvelables et le thermique utilisant la biomasse. A l&rsquo;horizon 2035 il sera n&eacute;cessaire de faire le point sur l&rsquo;avenir du nucl&eacute;aire : &#8211; de nouvelles fili&egrave;res pourront-elles prendre le relai (par exemple utilisant le plutonium dans des surg&eacute;n&eacute;rateurs) ? &ndash; aura-t-on trouv&eacute; le moyen de se d&eacute;barrasser des d&eacute;chets &agrave; vie longue ? Si l&rsquo;on n&rsquo;a pas de r&eacute;ponses satisfaisantes &agrave; ces questions alors l&rsquo;avenir du nucl&eacute;aire risquera d&rsquo;&ecirc;tre ferm&eacute;. Ajoutons que tous <strong>les sc&eacute;narios qui supposent une forte augmentation de la part des &eacute;nergies renouvelables ne sont cr&eacute;dibles que si l&rsquo;on amplifie l&rsquo;effort de recherche sur ces fili&egrave;res, sur le stockage de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et les r&eacute;seaux &eacute;lectriques et l&rsquo;on favorise l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;entreprises capables de le valoriser ce que la France n&rsquo;a pas su faire jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent. <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nombreux sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques publi&eacute;s ces derni&egrave;res ann&eacute;es faisaient l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une croissance mod&eacute;r&eacute;e de la part du nucl&eacute;aire dans la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. L&rsquo;accident de la centrale nucl&eacute;aire de Fukushima, survenu au Japon, a chang&eacute; la donne : plusieurs pays dont l&rsquo;Allemagne ont d&eacute;cid&eacute; de &laquo; sortir &raquo; du nucl&eacute;aire, alors que d&rsquo;autres comme la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/318"}],"collection":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=318"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/318\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}