{"id":295,"date":"2010-04-12T09:49:47","date_gmt":"2010-04-12T09:49:47","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=295"},"modified":"2010-04-12T10:12:12","modified_gmt":"2010-04-12T10:12:12","slug":"L'avenir des biocarburants en d\u00e9bat: la France prend-elle du retard?","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=295","title":{"rendered":"L&rsquo;avenir des biocarburants en d\u00e9bat: la France prend-elle du retard?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"156\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00068-300x199.jpg alt=\"Image00068.jpg\" height=\"104\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 156px; height: 104px\" title=\"Image00068.jpg\" \/>La plupart des gouvernements dans les pays d&eacute;velopp&eacute;s (ainsi que le Br&eacute;sil ) accordent une place de choix aux biocarburants (&eacute;thanol et esters) produits &agrave; partir d&rsquo;une biomasse renouvelable. Toutefois ces carburants de substitution aux produits p&eacute;troliers sont souvent l&rsquo;objet de critiques, leur impact environnemental &eacute;tant en particulier mis en cause. Un r&eacute;cent rapport de l&rsquo;ADEME, en France, dresse un bilan &eacute;nerg&eacute;tique et environnemental des biocarburants dits de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration qui donne l&rsquo;occasion de faire le point sur l&rsquo;avenir de la fili&egrave;re.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nLes carburants d&eacute;riv&eacute;s du p&eacute;trole sont encore indispensables dans le secteur des transports (52% du p&eacute;trole mondial est destin&eacute; au transport) mais pour pallier l&rsquo;&eacute;puisement in&eacute;vitable des r&eacute;serves et pour satisfaire aux objectifs de lutte contre le r&eacute;chauffement climatique (35% des &eacute;missions de gaz carbonique proviennent du p&eacute;trole), <strong>de nombreux pays ont mis en &oelig;uvre un plan biocarburants pour d&eacute;velopper l&rsquo;utilisation des biocarburants dans les transports<\/strong>. Le plan Energie- Climat de l&rsquo;UE fixe ainsi &agrave; 10 % la part des biocarburants qui devraient &ecirc;tre utilis&eacute;s dans les transports en 2020 (&agrave; condition qu&rsquo;ils &eacute;mettent 35% de moins de gaz carbonique que les carburants p&eacute;troliers) et la France devrait utiliser 7 % de biocarburants dans les transports terrestres d&egrave;s 2010. Cependant, <strong>apr&egrave;s quelques ann&eacute;es d&rsquo;euphorie, les biocarburants dits de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration (produits &agrave; partir du bl&eacute;, du ma&iuml;s, du colza et du tournesol) et de plantes &agrave; sucre (betterave, canne) ont subi une vol&eacute;e de critiques.<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nUn premier lot de critiques concerne leur impact climatique : le bilan carbone des biocarburants (leurs &eacute;missions totales de gaz carbonique lorsqu&rsquo;on prend en compte toute la cha&icirc;ne de production depuis la mise en culture jusqu&rsquo;au stade industriel) compar&eacute; &agrave; ceux de l&rsquo;essence ou du gazole est incertain sauf pour le bio&eacute;thanol produit &agrave; partir de la canne &agrave; sucre comme au Br&eacute;sil pour lequel il est nettement positif. Un rapport de l&rsquo;ADEME&nbsp;(www2.ademe.fr ), publi&eacute; d&eacute;but avril (une version provisoire avait &eacute;t&eacute; publi&eacute;e en octobre 2009), <em>Analyses de cycle de vie appliqu&eacute;es aux biocarburants de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration consomm&eacute;s en France<\/em>, a le m&eacute;rite de faire un bilan assez clair des avantages des biocarburants utilis&eacute;s en France (et plus g&eacute;n&eacute;ralement sans doute en Europe). Bas&eacute; sur la comparaison de plusieurs &eacute;tudes, le rapport de l&rsquo;ADEME fait deux constats. Le premier est que <strong>le bilan &eacute;nerg&eacute;tique des biocarburants de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration est positif.<\/strong> Ainsi, les biodiesels et les bio&eacute;thanols incorpor&eacute;s dans le gazole et l&rsquo;essence permettent de r&eacute;duire de fa&ccedil;on tr&egrave;s significative la consommation d&rsquo;&eacute;nergie non renouvelable par rapport aux carburants &laquo; classiques &raquo; d&rsquo;origine p&eacute;troli&egrave;re consomm&eacute;s en France : &#8211; entre 65 et 80 % pour les biodiesels produits &agrave; partir d&rsquo;ol&eacute;agineux (colza, soja, tournesol huile de palme), autour de 80% pour ceux produits &agrave; partir de d&eacute;chets (huiles alimentaires par exemple) &ndash; entre 50 et 85 % pour les &eacute;thanols incorpor&eacute;s directement &agrave; l&rsquo;essence et entre 30 et 55% pour les &eacute;thanols incorpor&eacute;s apr&egrave;s transformation sous forme d&rsquo;ETBE. Ce bilan tient compte aussi de co-produits tels que les tourteaux utilis&eacute;s dans l&rsquo;alimentation animale et le glyc&eacute;rol utilis&eacute; en chimie. A l&rsquo;heure actuelle ce bilan &eacute;nerg&eacute;tique se traduit par une consommation de 2,4 Mtep sous forme de biocarburants rempla&ccedil;ant des produits p&eacute;troliers. Le second constat porte sur l&rsquo;impact environnemental qui est plus difficile &agrave; d&eacute;terminer (il faut envisager l&rsquo;ensemble du cycle agricole de production de la mati&egrave;re premi&egrave;re). En faisant l&rsquo;hypoth&egrave;se que l&rsquo;on ne change pas l&rsquo;affectation des sols (par exemple par d&eacute;forestation) l<strong>es bilans d&rsquo;&eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre des biocarburants (GES, le CO2 notamment) sont dans la majorit&eacute; des cas meilleurs que ceux des carburants p&eacute;troliers<\/strong>: &#8211; entre 60 et moins de 80 % de r&eacute;duction d&rsquo;&eacute;missions de GES pour les biodiesels issus d&rsquo;ol&eacute;agineux,autour de 90% pour ceux qui sont produits &agrave; partir de d&eacute;chets &ndash; entre 50 et l&eacute;g&egrave;rement plus de 70% pour les &eacute;thanols incorpor&eacute;s directement dans l&rsquo;essence, entre 25 et moins de 50% pour les &eacute;thanols incorpor&eacute;s sous forme d&rsquo;ETBE. On observera que l&rsquo;&eacute;thanol produit &agrave; partir de la canne &agrave; sucre &eacute;met 72 % de GES de moins que l&rsquo;essence et celui &agrave; partir de ma&iuml;s &eacute;mettrait 64% de GES de moins. Le rapport de l&rsquo;ADEME souligne que <strong>l&rsquo;impact des changements d&rsquo;affectation des sols peut &ecirc;tre discriminant <\/strong>: lorsque le d&eacute;veloppement des cultures utilis&eacute;es pour la production de biocarburants aboutit &agrave; la mise en culture de prairies, &agrave; la disparition de zones humides ou de for&ecirc;ts (comme c&rsquo;est sans doute la cas dans certains pays en d&eacute;veloppement), le bilan environnemental des biocarburants peut devenir n&eacute;gatif. En fin de compte l&rsquo;utilisation de biocarburants permet &laquo; d&rsquo;&eacute;conomiser &raquo; 2 ,5 tonnes d&rsquo;&eacute;quivalent CO2 par tonne d&rsquo;ester issu du colza et 2 ,7 tonnes d&rsquo;&eacute;quivalent CO2 par tonne d&rsquo;&eacute;thanol.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nCe bilan, &laquo; globalement positif &raquo;, ne balaye &eacute;videmment pas la critique majeure &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de cette fili&egrave;re de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration celle-ci met en avant le fait que <strong>ces biocarburants fabriqu&eacute;s &agrave; partir de produits agricoles destin&eacute;s &agrave; l&rsquo;alimentation humaine entrent en concurrence directe avec des produits alimentaires<\/strong> alors que les besoins de la plan&egrave;te dans ce domaine vont augmenter &agrave; l&rsquo;avenir (les crises alimentaires risquent de se reproduire voire de s&rsquo;aggraver). Ce type de critique a conduit les promoteurs de la fili&egrave;re &agrave; chercher <strong>une voie alternative<\/strong> : fabriquer de l&rsquo;&eacute;thanol, voire d&rsquo;autres alcools et des hydrocarbures, &agrave; partir d&rsquo;une biomasse non alimentaire (r&eacute;sidus agricoles et forestiers, tiges et feuilles, herbes). L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t que suscite cette fili&egrave;re <strong>des biocarburants, dits de &laquo; deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration &raquo;,<\/strong> pour produire de l&rsquo;&eacute;thanol en utilisant la cellulose et &eacute;ventuellement l&rsquo;h&eacute;micellulose, provient du fait que ces mol&eacute;cules sont des sucres constituant les parois des cellules v&eacute;g&eacute;tales, par exemple celles du ma&iuml;s (les rafles), de la paille (tiges de bl&eacute;) et du bois et qu&rsquo;elles sont tr&egrave;s r&eacute;pandues dans la nature. En fait, dans ces parois la cellulose et l&rsquo;h&eacute;micellulose sont intriqu&eacute;es avec la lignine sous forme de fibrilles. La cellulose est le mat&eacute;riau v&eacute;g&eacute;tal le plus r&eacute;pandu (il constitue la moiti&eacute; de la biomasse terrestre) : une biomasse ligno-cellulosique est constitu&eacute;e &agrave; 35-50% par de la cellulose, &agrave; 20-35% par de l&rsquo;h&eacute;micellulose et &agrave; 20-25 % par de la lignine. La cellulose est elle-m&ecirc;me constitu&eacute;e par un polym&egrave;re lin&eacute;aire dont les unit&eacute;s sont du glucose (un sucre &agrave; six atomes de carbone ou C6) ; l&rsquo;h&eacute;micellulose est un polym&egrave;re plus complexe constitu&eacute; notamment de pentoses (sucres en C5 tels que le xylose et l&rsquo;arabinose) et d&rsquo;hexoses (comme le glucose, le mannose et le galactose). Quant &agrave; la lignine elle est un polym&egrave;re aromatique (des compos&eacute;s ph&eacute;noliques) qui constitue, en quelque sorte, une &laquo; colle &raquo; cellulaire qui assure une rigidit&eacute; m&eacute;canique &agrave; l&rsquo;ensemble de la structure du v&eacute;g&eacute;tal mais qui est une g&ecirc;ne pour les r&eacute;actions enzymatiques.<strong> La mati&egrave;re premi&egrave;re est certes abondante mais elle sera plus difficile &agrave; traiter <\/strong>par voie biochimique ou chimique du fait de sa composition mol&eacute;culaire et de la vari&eacute;t&eacute; de sucres qui la constituent.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLa mise en &oelig;uvre de cette de la fili&egrave;re est une voie alternative puisqu&rsquo;elle <strong>permet de fabriquer de l&rsquo;&eacute;thanol, voire d&rsquo;autres alcools et des hydrocarbures, &agrave; partir d&rsquo;une biomasse non alimentaire<\/strong> (sauf pour les animaux&hellip;), mais elle n&eacute;cessite encore beaucoup de recherches. Outre l&rsquo;exploitation de d&eacute;chets ligno-cellulosiques tr&egrave;s vari&eacute;s (d&rsquo;origine agricole ou industrielle comme des d&eacute;chets provenant de papeteries), on peut utiliser aussi du bois (par exemple leur &eacute;corce) mais aussi des plantes comme certaines grandes herbes de prairies, le <em>Panicum Vergatum<\/em> (le &laquo; switchgrass &raquo; en anglais, une gramin&eacute;e tr&egrave;s r&eacute;pandue dans les grandes plaines aux Etats-Unis) ou le<em> Miscanthus<\/em> (l&rsquo;herbe &agrave; &eacute;l&eacute;phant) qui peuvent produire de 3000 &agrave; 7500 litres d&rsquo;&eacute;thanol &agrave; l&rsquo;hectare, voire des arbres &agrave; pousse rapide tel que le peuplier sur lequel travaille l&rsquo;INRA en France.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLa plus grande complexit&eacute; de la mati&egrave;re premi&egrave;re disponible pour produire des biocarburants de deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration (un m&eacute;lange de cellulose, d&rsquo;h&eacute;micellulose et de lignine dans les enveloppes v&eacute;g&eacute;tales) <strong>rend plus difficile la production des biocarburants<\/strong>, dans la mesure o&ugrave; celle-ci suppose des traitements thermiques et chimiques pr&eacute;alables de la biomasse afin de d&eacute;structurer la mati&egrave;re ligno-cellulosique et d&rsquo;obtenir des sucres comme mat&eacute;riau de base. Cette &eacute;tape franchie, plusieurs strat&eacute;gies sont alors possibles avec des perspectives diff&eacute;rentes. La premi&egrave;re que l&rsquo;on peut qualifier de &laquo; classique &raquo; consiste &agrave; produire de l&rsquo;&eacute;thanol par fermentation des sucres : c&rsquo;est la voie biologique. La deuxi&egrave;me strat&eacute;gie, plus complexe, emprunte une voie thermochimique puis chimique (n&eacute;cessitant une catalyse) qui permet de produire des carburants sans passer par la fermentation (&eacute;thanol mais aussi essence, gazole et k&eacute;ros&egrave;ne pour l&rsquo;aviation), il faut travailler &agrave; haute temp&eacute;rature. La troisi&egrave;me strat&eacute;gie, largement encore au stade de la recherche, met en &oelig;uvre <strong>les techniques du g&eacute;nie g&eacute;n&eacute;tique<\/strong> pour obtenir des enzymes plus efficaces pour traiter la cellulose et l&rsquo;h&eacute;micellulose et produire alors des alcools comme l&rsquo;&eacute;thanol ou d&rsquo;autres biocarburants. L&rsquo;&eacute;tape de saccharification (la transformation de l&rsquo;amidon et de la cellulose en sucre) est r&eacute;alis&eacute;e avec des enzymes (comme la cellulase pour la cellulose et l&rsquo;h&eacute;micellulase pour l&rsquo;h&eacute;micellulose), celles-ci sont d&rsquo;origine microbienne ou produites par des champignons. <strong>Des progr&egrave;s constants sont r&eacute;alis&eacute;s par la voie g&eacute;n&eacute;tique.<\/strong> Ainsi, plusieurs &eacute;quipes de chercheurs am&eacute;ricains appartenant &agrave; des centres de recherche de Californie (une entreprise LS9 et l&rsquo;universit&eacute; de Berkeley notamment) ont publi&eacute;, en janvier dernier, les r&eacute;sultats encourageants de leurs travaux dans ce domaine (Eric.J.Steen, et al. &laquo; Microbial production of fatty-acid-derived fuels and chemical from plant biomass&raquo; , <em>Nature<\/em>, Vol. 463, p. 559- 562, 28 January 2010.&nbsp; <a href=\"http:\/\/www.nature.com\/\">www.nature.com<\/a> ). Ils ont, en fait, mis en oeuvre une strat&eacute;gie consistant &agrave; &laquo; court-circuiter &raquo; le sucre (provenant par exemple de la canne &agrave; sucre) en utilisant l&rsquo;h&eacute;micellulose de l&rsquo;enveloppe v&eacute;g&eacute;tale. Les chercheurs r&eacute;alisent alors une autre modification g&eacute;n&eacute;tique de la bact&eacute;rie <em>Eschericia coli<\/em> en la faisant exprimer des g&egrave;nes de <em>Clostridium stercorarium<\/em> et de <em>Bacteroides ovatus<\/em> (des bact&eacute;ries que l&rsquo;on trouve dans le sol et les intestins d&rsquo;animaux fr&eacute;quentant les p&acirc;turages) et lui permettre ainsi de produire une enzyme, l&rsquo;h&eacute;micellulase, qui transforme l&rsquo;h&eacute;micellulose en sucre, le xylose, qui peut ensuite &ecirc;tre transform&eacute;, &agrave; son tour, en biodiesel ou en alcool (une op&eacute;ration que l&rsquo;on peut faire dans les proc&eacute;d&eacute;s classiques en ajoutant des enzymes naturelles qui sont co&ucirc;teuses &agrave; produire). Dans une &eacute;tape ult&eacute;rieure les chercheurs am&eacute;ricains envisagent de transformer leur bact&eacute;rie de base pour qu&rsquo;elle produise la cellulase qui peut d&eacute;grader la cellulose ce qui permettrait d&rsquo;utiliser toute l&rsquo;enveloppe v&eacute;g&eacute;tale (hormis la lignine). La soci&eacute;t&eacute;<em> LS9<\/em> esp&egrave;re passer &agrave; une &eacute;tape industrielle d&eacute;s la fin de cette ann&eacute;e pour produire du biodiesel en Californie (avec une premi&egrave;re unit&eacute; produisant 75 000 litres par jour). Elle envisage aussi la construction d&rsquo;une usine au Br&eacute;sil. Un autre proc&eacute;d&eacute; de fabrication d&rsquo;&eacute;thanol par voie biologique a &eacute;t&eacute; mis au point par la soci&eacute;t&eacute; am&eacute;ricaine <em>ZeaChem,<\/em> de Lakewood dans le Colorado, qui pr&eacute;voit d&rsquo;utiliser, quant &agrave; elle, des bact&eacute;ries qui se trouvent dans le syst&egrave;me digestif des termites. Dans une premi&egrave;re &eacute;tape la cellulose de l&rsquo;enveloppe v&eacute;g&eacute;tale est transform&eacute;e en sucre par voie acide puis on ensemence la solution avec des bact&eacute;ries dites ac&eacute;tog&egrave;ne provenant de termites et qui produisent de l&rsquo;acide ac&eacute;tique &agrave; partir du bois. Par hydrog&eacute;nation de l&rsquo;acide ac&eacute;tique on obtient ensuite directement de l&rsquo;&eacute;thanol. L&rsquo;hydrog&egrave;ne provient de la gaz&eacute;ification par voie thermochimique de la lignine qui a &eacute;t&eacute; s&eacute;par&eacute;e au pr&eacute;alable de l&rsquo;enveloppe v&eacute;g&eacute;tale form&eacute;e d&rsquo;un agr&eacute;gat de ligno-cellulose. Une fraction de la lignine est br&ucirc;l&eacute;e pour fournir de la chaleur au proc&eacute;d&eacute;. Ce proc&eacute;d&eacute; mixte (utilisant la voie thermochimique et biologique) dont le rendement global serait de 50% permettrait de faire baisser de 20 &agrave; 30% les co&ucirc;ts de production de l&rsquo;&eacute;thanol pour la fili&egrave;re ligno-cellulosique (il produirait cent gallons de carburant par tonne de biomasse).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Une autre voie, totalement diff&eacute;rente celle-la, consisterait &agrave; gaz&eacute;ifier la biomasse &agrave; l&rsquo;aide de l&rsquo;&eacute;nergie solaire<\/strong> : on vaporise la biomasse (le bois ou des d&eacute;chets agricoles) en la chauffant dans des tubes en c&eacute;ramique qui sont int&eacute;gr&eacute;s dans un four solaire o&ugrave; l&rsquo;&eacute;nergie solaire est concentr&eacute; par un jeu de miroirs (le dispositif &eacute;tant plac&eacute; par exemple au sommet d&rsquo;une tour). C&rsquo;est, en quelque sorte, le principe du four solaire du CNRS &agrave; Odeillo. L&rsquo;op&eacute;ration est r&eacute;alis&eacute;e en pr&eacute;sence de vapeur d&rsquo;eau &agrave; une temp&eacute;rature sup&eacute;rieure &agrave; 700&deg;C. On obtient un gaz de synth&egrave;se le &laquo; syngas &raquo; qui est un m&eacute;lange d&rsquo;hydrog&egrave;ne et de monoxyde da carbone que l&rsquo;on transforme ensuite avec un catalyseur en carburant synth&eacute;tique (des hydrocarbures). On a int&eacute;r&ecirc;t &agrave; op&eacute;rer &agrave; temp&eacute;rature &eacute;lev&eacute;e (1200-1300&deg;C) pour &eacute;viter la formation de goudron. Une jeune start-up am&eacute;ricaine Sundrop bas&eacute;e &agrave; Louisville est en train de construire une usine pilote utilisant le proc&eacute;d&eacute; (T.H Hamilton, &laquo; Gasifyting biomass with sunlight &raquo;, <em>Technology Review<\/em>, March 10,2010,&nbsp; <a href=\"http:\/\/www.technologyreview.com\/\">www.technologyreview.com<\/a> ). Ce type de production suppose &eacute;videmment la r&eacute;alisation d&rsquo;un r&eacute;seau de collecte de la biomasse pour la transporter &agrave; la &laquo; bioraffinerie &raquo; ce qui a un co&ucirc;t.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La fili&egrave;re des biocarburants de deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration est une voie possible pour r&eacute;pondre aux besoins de pays en d&eacute;veloppement (en Afrique notamment)<\/strong> qui ont l&rsquo;avantage de disposer sur leur territoire d&rsquo;une biomasse importante encore peu utilis&eacute;e (elle est souvent br&ucirc;l&eacute;e) et elle constitue une alternative cr&eacute;dible aux carburants classiques. C&rsquo;est ce que souligne, notamment, un r&eacute;cent rapport de l&rsquo;AIE sur les biocarburants <em>&laquo;Sustainable production of second-generation biofuels<\/em> &raquo;.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nCes travaux r&eacute;cents montrent &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence que les <strong>techniques <\/strong>de production de production de biocarburants &agrave; partir d&rsquo;une mati&egrave;re premi&egrave;re v&eacute;g&eacute;tale (cellulose, h&eacute;micellulose) <strong>empruntant la voie de la &laquo; bioing&eacute;nierie &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire les techniques de la g&eacute;n&eacute;tique, ou utilisant l&rsquo;&eacute;nergie solaire, sont tr&egrave;s prometteuses<\/strong>. Il est probable que la recherche am&eacute;ricaine est en train prendre un nette avance dans ces domaines si l&rsquo;on en juge par le rythme acc&eacute;l&eacute;r&eacute; des publications am&eacute;ricaines (la recherche fran&ccedil;aise s&rsquo;en tient sans doute encore trop aux techniques classiques pour la fili&egrave;re ligno-cellulosique). C&rsquo;est sans doute ce qui <strong>motive le pr&eacute;sident B.Obama d&rsquo;accorder une relative priorit&eacute; aux recherches sur les biocarburants <\/strong>dans le projet am&eacute;ricain de budget pour 2011 (220 millions de $ dans le budget du D&eacute;partement de l&rsquo;&eacute;nergie) qu&rsquo;il a d&eacute;voil&eacute;, fin janvier, dans son discours sur l&rsquo;&eacute;tat de l&rsquo;Union. Une recension des publications mondiales dans des revues internationales, publi&eacute;e par le magazine Science (<em>Science<\/em> vol. 237, p.929, 19 February 2010) , montre que la <strong>recherche fran&ccedil;aise est mal plac&eacute;e<\/strong>. En effet, elle se trouve au dix-septi&egrave;me rang mondial pour le nombre total de publications sur les biocarburants sur la p&eacute;riode 1998-2008 (les USA sont en t&ecirc;te, devant la Turquie, la Chine et l&rsquo;Inde). Si l&rsquo;on d&eacute;compte les citations re&ccedil;ues par les travaux fran&ccedil;ais (un indicateur important car repr&eacute;sentatif de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t suscit&eacute; par les travaux des chercheurs qui publient), la France se trouve alors au dix-huiti&egrave;me rang. On observe que la Belgique qui occupe le vingti&egrave;me rang dans ce palmar&egrave;s (en nombre d&rsquo;articles) et dont la communaut&eacute; scientifique est &eacute;videmment moins nombreuse que celle de la France, remonte au deuxi&egrave;me rang mondial (derri&egrave;re les USA) pour les citations re&ccedil;ues par ses publications. Les indicateurs ne disent pas tout mais ce classement est un signal d&rsquo;alarme.<strong> La France<\/strong> a transform&eacute;, il y a quelques jours le CEA, cr&eacute;&eacute; en 1945, en &laquo; Commissariat &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie atomique et aux &eacute;nergies alternatives &raquo;, ce qui repr&eacute;sente une avanc&eacute;e conceptuelle remarquable (!) mais elle <strong>attend <\/strong>toujours, en fin de compte, <strong>une v&eacute;ritable strat&eacute;gie de recherche sur l&rsquo;&eacute;nergie<\/strong> qui sache combiner des approches compl&eacute;mentaires &agrave; la fronti&egrave;re de plusieurs disciplines et qui font encore d&eacute;faut dans le domaine des biocarburants. &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La plupart des gouvernements dans les pays d&eacute;velopp&eacute;s (ainsi que le Br&eacute;sil ) accordent une place de choix aux biocarburants (&eacute;thanol et esters) produits &agrave; partir d&rsquo;une biomasse renouvelable. Toutefois ces carburants de substitution aux produits p&eacute;troliers sont souvent l&rsquo;objet de critiques, leur impact environnemental &eacute;tant en particulier mis en cause. Un r&eacute;cent rapport de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/295"}],"collection":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/295\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}