{"id":290,"date":"2010-01-06T10:16:51","date_gmt":"2010-01-06T10:16:51","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=290"},"modified":"2010-01-06T10:21:56","modified_gmt":"2010-01-06T10:21:56","slug":"Energie et gaz: une g\u00e9opolitique complexe","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=290","title":{"rendered":"Energie et gaz: une g\u00e9opolitique complexe"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"156\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00085-300x220.jpg alt=\"Image00085.jpg\" height=\"115\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 166px; height: 135px\" title=\"Image00085.jpg\" \/>L&rsquo;hiver et ses froidures sont propices aux conflits gaziers qui&nbsp;opposent p&eacute;riodiquement&nbsp;la Russie &agrave;&nbsp;des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, l&rsquo;Ukraine notamment, qui sont ses clients. Le gaz, distribu&eacute; en Europe par des gazoducs, est en fait devenu un enjeu de la g&eacute;opolitique ce que r&eacute;v&egrave;le le trajet de futurs gazoducs alors que l&rsquo;on s&rsquo;interroge aussi sur les r&eacute;serves mondiales de gaz : les &eacute;valuations les plus r&eacute;centes montrent que la plan&egrave;te n&rsquo;est pas menac&eacute;e de p&eacute;nurie. Cela va-t-il changer la donne ? La question vaut d&rsquo;&ecirc;tre pos&eacute;e en ce d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e 2010 que nous vous souhaitons tr&egrave;s bonne&hellip;.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;Les conflits gaziers &agrave; r&eacute;p&eacute;tition en Europe (impliquant principalement la Bi&eacute;lorussie et l&rsquo;Ukraine deux anciennes r&eacute;publiques de l&rsquo;ex-URSS), en g&eacute;n&eacute;ral au d&eacute;but de l&rsquo;hiver, ont mis en &eacute;vidence la <strong>dimension g&eacute;opolitique de la fili&egrave;re gazi&egrave;re<\/strong> qui, en Europe, est <strong>une histoire<\/strong> de &laquo; tuyaux &raquo;, en l&rsquo;occurrence de <strong>gazoducs.<\/strong> En effet, alors que les productions britannique et hollandaise de gaz tendent &agrave; baisser, plusieurs pays europ&eacute;ens (dont l&rsquo;Allemagne et surtout l&rsquo;Italie) d&eacute;pendent fortement des livraisons de gaz russe par des gazoducs pour leur approvisionnement &eacute;nerg&eacute;tique et <strong>le trac&eacute; de futurs gazoducs en Europe est un enjeu strat&eacute;gique.<\/strong> On observera que les approvisionnements en gaz de la France sont relativement bien diversifi&eacute;s : 32 % proviennent de la Norv&egrave;ge, 18 % des Pays Bas, 16 % de l&rsquo;Alg&eacute;rie et 14% de la Russie, le Nigeria et l&rsquo;Egypte se partageant le reste. Aujourd&rsquo;hui, la totalit&eacute; du gaz russe &agrave; destination de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et de l&rsquo;Ouest transite par deux gazoducs, <em>Yamal <\/em>(20%) et, le bien nomm&eacute; ( !) <em>Brotherhood <\/em>(80%), &agrave; travers l&rsquo;Ukraine et la Bi&eacute;lorussie. Deux projets de nouveaux gazoducs court-circuiteraient ces deux pays: le trajet de l&rsquo;un, North Stream, emprunterait les fonds de la Baltique, avec le soutien de l&rsquo;Allemagne et de la Russie, tandis que l&rsquo;autre, South Stream, soutenu par l&rsquo;Italie et la Russie relierait les champs russes &agrave; l&rsquo;Europe via la mer Noire, la Roumanie et la Hongrie. Une autre option, soutenue par l&rsquo;UE,<strong> le gazoduc <em>Nabucco <\/em>relierait les gisements d&rsquo;Asie centrale (notamment d&rsquo;Azerba&iuml;djan) &agrave; travers la Turquie,<\/strong> elle vise &agrave; all&eacute;ger la d&eacute;pendance de l&rsquo;Europe par rapport au gaz russe car une position de monopole est toujours un risque mais cette trilogie des tuyaux masque aussi les difficult&eacute;s qu&rsquo;&eacute;prouve l&rsquo;Europe &agrave; d&eacute;finir une strat&eacute;gie &eacute;nerg&eacute;tique commune en particulier pour ses approvisionnements en gaz (cf. &agrave; ce sujet l&rsquo;int&eacute;ressant dossier de <em>Terra Nova<\/em> www.terranova.fr ).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La Chine,<\/strong> elle-m&ecirc;me, dont les besoins &eacute;nerg&eacute;tiques vont en croissant n&rsquo;est pas en reste dans cette g&eacute;opolitique du gaz puisqu&rsquo;elle <strong>escompte drainer du gaz russe de gisements situ&eacute;s en Sib&eacute;rie par des gazoducs.<\/strong> L&rsquo;importation de gaz liqu&eacute;fi&eacute; par m&eacute;thaniers est l&rsquo;alternative aux gazoducs et des pays producteurs du Golfe Persique, le Qatar notamment, ont fait des investissements importants dans des usines de liqu&eacute;faction qu&rsquo;ils souhaitent rentabiliser en exportant leur importante production .\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nTout n&rsquo;est pas &eacute;videmment une affaire de gazoducs car le gaz doit d&rsquo;abord &ecirc;tre produit. Or <strong>l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour le gaz est all&eacute; en croissant ces derni&egrave;res ann&eacute;es.<\/strong> Le gaz naturel (constitu&eacute; principalement de m&eacute;thane) est consid&eacute;r&eacute;, depuis plusieurs ann&eacute;es d&eacute;j&agrave;, comme un atout important pour une &eacute;conomie de l&rsquo;&eacute;nergie moins &laquo; carbon&eacute;e &raquo; car sa teneur en carbone &eacute;tant plus faible que celle des autres combustibles fossiles, sa combustion d&eacute;gage donc moins de gaz carbonique. <strong>La demande mondiale de gaz a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; en croissance constante ces derni&egrave;res ann&eacute;es (<\/strong>sa part mondiale dans l&rsquo;&eacute;nergie primaire &eacute;tait de 22% en 2008), mais il est vrai que la crise &eacute;conomique et financi&egrave;re a peut &ecirc;tre port&eacute; un coup d&rsquo;arr&ecirc;t &agrave; cette croissance comme le r&eacute;v&egrave;le le rapport 2009 sur l&rsquo;&eacute;nergie de l&rsquo;AIE, le World Energy Outlook 2009 ( www.aie.org) , dans lequel l&rsquo;Agence donne un bon coup de projecteur sur les perspectives du gaz naturel. Dans un contexte o&ugrave; la consommation mondiale d&rsquo;&eacute;nergie a chut&eacute; de 2% en 2009, pour la premi&egrave;re fois depuis 1981, l&rsquo;AIE estime qu&rsquo;<strong>au premier semestre 2009 la demande mondiale de gaz a baiss&eacute; de 9%<\/strong> (avec une tr&egrave;s forte chute aux USA). Selon le bureau d&rsquo;&eacute;tudes Cedigaz, l&rsquo;ann&eacute;e 2009 devrait se cl&ocirc;turer par une baisse de 5 &agrave; 6% de la consommation de gaz. On observe aussi que le prix du gaz a baiss&eacute; de pr&egrave;s de 20% sur l&rsquo;ann&eacute;e 2009 alors que le cours du baril de p&eacute;trole a augment&eacute; de plus de 25%. La r&eacute;cession a &eacute;galement provoqu&eacute; une chute de 20% des investissements, en 2009, dans les secteurs p&eacute;trolier et gazier qui va handicaper la production dans le futur. Qu&rsquo;en est-il des r&eacute;serves de gaz et de leur r&eacute;partition g&eacute;ographique ? <strong>On observe que la g&eacute;opolitique du gaz naturel est diff&eacute;rente de celle du p&eacute;trole<\/strong> (les deux tiers des r&eacute;serves mondiales se trouvent localis&eacute;es au Moyen-Orient) : le Moyen-Orient concentre certes 41% des r&eacute;serves mondiales (16% pour l&rsquo;Iran et 14% pour le Qatar) mais la part de la Russie est importante (23%), ces trois pays repr&eacute;sentant la moiti&eacute; des r&eacute;serves mondiales, avec un gisement celui de North Field, situ&eacute; entre l&rsquo;Iran et le Qatar et qu&rsquo;ils doivent se partager, qui concentrerait &agrave; lui seul 14% des r&eacute;serves mondiales ! La g&eacute;opolitique des r&eacute;serves de gaz fait clairement appara&icirc;tre le r&ocirc;le cl&eacute; de la Russie dans la production avec un quasi-monopole de la soci&eacute;t&eacute; Gazprom. Pour ce qui est de l&rsquo;avenir, la crise ne conduit pas l&rsquo;AIE a r&eacute;viser son sc&eacute;nario de r&eacute;f&eacute;rence pour l&rsquo;&eacute;nergie: elle &laquo; pr&eacute;voit &raquo; ainsi <strong>une croissance annuelle mod&eacute;r&eacute;e de la demande de gaz (1,5%) de 2010 &agrave; 2030<\/strong>, soit au m&ecirc;me rythme que celui de l&rsquo;&eacute;nergie primaire. L&rsquo;AIE met en &eacute;vidence un fait nouveau : la <strong>forte augmentation des r&eacute;serves de gaz,<\/strong> les d&eacute;couvertes ayant &eacute;t&eacute; sup&eacute;rieures aux quantit&eacute;s extraites des gisements ces derni&egrave;res ann&eacute;es. Les r&eacute;serves consid&eacute;r&eacute;es comme exploitables ont plus que doubl&eacute; depuis 1980 et les ressources conventionnelles de gaz restant dans les gisements, consid&eacute;r&eacute;es comme r&eacute;cup&eacute;rables, seraient &eacute;quivalentes &agrave; pr&egrave;s de 100 ans de la production &agrave; son rythme actuel. Cette r&eacute;&eacute;valuation des ressources est tout &agrave; fait consid&eacute;rable et change les perspectives de production d&rsquo;autant plus que des ressources non conventionnelles sont d&eacute;sormais exploitables, en particulier le gaz extrait de schistes par fracturation hydraulique dans des puits horizontaux, une technique qui est d&eacute;velopp&eacute;e aux USA (notamment au Texas et dans la r&eacute;gion des Appalaches). Toutefois, <strong>l&rsquo;AIE n&rsquo;exclut pas une surabondance de gaz &agrave; l&rsquo;horizon 2015<\/strong> &agrave; la suite du d&eacute;s&eacute;quilibre des investissements (l&rsquo;importance croissante du gaz liqu&eacute;fi&eacute; exige des investissements importants), de l&rsquo;exploitation de ressources non conventionnelles et d&rsquo;une moindre croissance de la demande qui se traduirait par une baisse des cours.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;Alors qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas encore un march&eacute; mondial du gaz, une inconnue demeure : les pays producteurs, en particulier la Tro&iuml;ka des grands gaziers, parviendront-ils &agrave; constituer une OPEP du gaz pour en r&eacute;guler le cours ? Cependant, <strong>une surabondance de gaz pourrait changer la donne<\/strong> et la position dominante de producteurs comme Gazprom s&rsquo;en trouverait s&eacute;rieusement &eacute;rod&eacute;e d&rsquo;ici quelques ann&eacute;es. Le jeu des strat&eacute;gies commerciales des producteurs de gaz et la position dominante de certains d&rsquo;entre eux ont donn&eacute; &agrave; l&rsquo;approvisionnement en gaz, depuis quelques ann&eacute;es seulement, un r&ocirc;le g&eacute;opolitique dont il faut d&eacute;sormais tenir compte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;hiver et ses froidures sont propices aux conflits gaziers qui&nbsp;opposent p&eacute;riodiquement&nbsp;la Russie &agrave;&nbsp;des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, l&rsquo;Ukraine notamment, qui sont ses clients. Le gaz, distribu&eacute; en Europe par des gazoducs, est en fait devenu un enjeu de la g&eacute;opolitique ce que r&eacute;v&egrave;le le trajet de futurs gazoducs alors que l&rsquo;on s&rsquo;interroge aussi sur les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/290"}],"collection":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=290"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/290\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}