{"id":280,"date":"2009-07-08T15:44:12","date_gmt":"2009-07-08T15:44:12","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=280"},"modified":"2009-07-08T15:58:37","modified_gmt":"2009-07-08T15:58:37","slug":"Des nouveaux sc\u00e9narios pour la fusion thermonucl\u00e9aire?","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=280","title":{"rendered":"Des nouveaux sc\u00e9narios pour la fusion thermonucl\u00e9aire?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"180\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/fusion_laser-300x141.jpg alt=\"fusion_laser.jpg\" height=\"85\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 180px; height: 85px\" title=\"fusion_laser.jpg\" \/>L&rsquo;exploitation de la fusion thermonucl&eacute;aire, est une alternative &agrave; la fission nucl&eacute;aire. Cette fili&egrave;re est encore au stade du laboratoire car elle se heurte &agrave; desobstacles scientifiques et techniques. Le programme international <em>Iter <\/em>a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;, en 2007, pour r&eacute;aliser la fusion par confinement magn&eacute;tique d&rsquo;un plasma dans un r&eacute;acteur exp&eacute;rimental &agrave; Cadarache. Mais <em>Iter <\/em>rencontre des difficult&eacute;s financi&egrave;res qui ont conduit &agrave; en revoir le sc&eacute;nario. D&rsquo;autres sc&eacute;narios sont aussi envisag&eacute;s, utilisant, en particulier l&rsquo;utilisation des lasers.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nLes sch&eacute;mas actuels pour r&eacute;aliser la fusion thermonucl&eacute;aire misent sur la<strong> m&eacute;thode du confinement magn&eacute;tique<\/strong> qui para&icirc;t plus &laquo; facile &raquo; &agrave; mettre en oeuvre que la technique concurrente utilisant des lasers dite du confinement inertiel. Dans la voie &laquo; magn&eacute;tique &raquo; on cr&eacute;e un plasma de deut&eacute;rium et de tritium (des isotopes de l&rsquo;hydrog&egrave;ne) par chauffage qui est confin&eacute; dans une chambre qui a la forme d&rsquo;un tore gr&acirc;ce &agrave; deux champs magn&eacute;tiques tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s et que l&rsquo;on porte &agrave; tr&egrave;s haute temp&eacute;rature (200 millions de degr&eacute;s) par un courant &eacute;lectrique et par irradiation par des micro-ondes : le dispositif (invent&eacute; en URSS) s&rsquo;appelle un <strong>tokamak.<\/strong> Pour extraire de l&rsquo;&eacute;nergie de la r&eacute;action de fusion (elle provient pour l&rsquo;essentiel d&rsquo;un flux de neutrons &eacute;mis lors de la fusion), il faudra r&eacute;soudre un nombre consid&eacute;rable de probl&egrave;mes techniques et comprendre des ph&eacute;nom&egrave;nes d&rsquo;instabilit&eacute; dans le plasma lors de la fusion (&eacute;quivalents &agrave; des turbulences) qui pourraient le d&eacute;stabiliser. L&rsquo;ampleur des probl&egrave;mes &agrave; r&eacute;soudre a conduit les pays qui ont des programmes de recherche sur la fusion &agrave; joindre leurs efforts pour coop&eacute;rer dans un <strong>programme exp&eacute;rimental baptis&eacute; <em>Iter<\/em><\/strong> (International Thermonuclear Experimental Reactor, le sigle signifiant la voie en latin&hellip;). Ce programme lanc&eacute; officiellement en 2007 compte sept membres (la Chine, la Cor&eacute;e du Sud, l&rsquo;Inde, le Japon, la Russie, l&rsquo;Union Europ&eacute;enne qui contribue &agrave; pr&egrave;s de la moiti&eacute; au financement du projet et les USA), la machine doit &ecirc;tre construite en France, &agrave; Cadarache dans les Alpes de Haute Provence, sur un site d&rsquo;un centre du CEA ; les travaux de g&eacute;nie civil pour am&eacute;nager le site sont termin&eacute;s et la construction d&rsquo;<em>Iter <\/em>devrait donc commencer. En fait les scientifiques et les ing&eacute;nieurs avaient boucl&eacute; un dossier technique et financier en 2001 pour la prise de d&eacute;cision finale par les Etats qui acceptaient de se joindre au programme, <strong>le co&ucirc;t total de construction de la machine &eacute;tant estim&eacute; &agrave; 5 milliards d&rsquo;euros en 2006<\/strong> (auquel s&rsquo;ajoutera un co&ucirc;t de fonctionnement &eacute;quivalent) mais, depuis lors, des &eacute;l&eacute;ments nouveaux sont survenus (cf. notre br&egrave;ve pr&eacute;c&eacute;dente). Les experts ont en effet recommand&eacute; un grand nombre de modifications au sch&eacute;ma initial, en particulier pour le dispositif de chauffage du plasma et les syst&egrave;mes destin&eacute;s &agrave; stabiliser le plasma et &agrave; extraire de l&rsquo;enceinte le combustible usag&eacute; (appel&eacute; &laquo; divertisseur &raquo;), il est apparu n&eacute;cessaire d&rsquo;&eacute;viter des bouff&eacute;es explosives d&rsquo;&eacute;nergie lors de la fusion qui pourraient d&eacute;t&eacute;riorer les parois de l&rsquo;enceinte. Par ailleurs la hausse du prix de certaines mati&egrave;res premi&egrave;res et la n&eacute;cessit&eacute; de proc&eacute;der &agrave; des recrutements suppl&eacute;mentaires pour g&eacute;rer la construction ont aussi pouss&eacute; vers le haut la facture pour la construction de la machine. Quoi qu&rsquo;il en soit, il est apparu que <strong>le co&ucirc;t de construction d&rsquo;Iter atteindrait aujourd&rsquo;hui 10 milliards d&rsquo;euros<\/strong> soit le double du devis initial. En fait il est difficile d&rsquo;estimer avec exactitude ce que va co&ucirc;ter cette construction car les pays partenaires du programme se sont r&eacute;partis les t&acirc;ches en faisant construire chez eux la plupart des dispositifs qui seront ensuite assembl&eacute;s &agrave; Cadarache ce qui pose &eacute;videmment de redoutables probl&egrave;mes de gestion d&rsquo;un chantier d&eacute;j&agrave; complexe (750 personnes travailleront ainsi dans le bureau central qui g&eacute;rera le projet), l&rsquo;engagement initial des partenaires porte donc sur une &laquo; valeur &raquo; d&rsquo;un &eacute;quipement que chacun doit r&eacute;aliser (par exemple les enroulements des fil supraconducteurs pour les aimants doivent &ecirc;tre fournis par la Chine, le Japon, la Russie, la Cor&eacute;e et les USA) et dont le co&ucirc;t ne sera connu qu&rsquo;en fin de r&eacute;alisation&hellip; (cf. G.Brumfiel &laquo; Fusion dreams delayed &raquo;, <em>Nature<\/em>, vol. 459, p. 488, 28 May 2009, www.nature.com ). Tous ces d&eacute;veloppements ont conduit le Conseil ex&eacute;cutif du programme, qui s&rsquo;est r&eacute;uni en juin au Japon, &agrave; adopter un <strong>nouveau sc&eacute;nario de construction pour Iter.<\/strong> C&rsquo;est un sc&eacute;nario par &eacute;tapes. La premi&egrave;re &eacute;tape qui devrait &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e en 2018 consisterait &agrave; construire le coeur de l&rsquo;installation de base avec les aimants supraconducteurs pour produire le champ magn&eacute;tique intense de confinement et tester le plasma avec de l&rsquo;hydrog&egrave;ne &laquo; normal &raquo; (ni deut&eacute;rium ni tritium), il n&rsquo;y aurait donc pas encore de fusion. Une deuxi&egrave;me &eacute;tape viserait &agrave; compl&eacute;ter la machine de base avec les instruments de diagnostic, le dispositif de chauffage du plasma et &agrave; rev&ecirc;tir les parois internes d&rsquo;un m&eacute;tal pour absorber les futurs neutrons de fusion. Apr&egrave;s des tests on passerait &agrave; la troisi&egrave;me &eacute;tape finale, vers 2026, en introduisant le deut&eacute;rium et le tritium dans la machine pour r&eacute;aliser la fusion thermonucl&eacute;aire dans Iter ce qui est son objectif, sans doute vers 2028 ; la machine devrait fournir une puissance de 500 MW soit dix fois la puissance qu&rsquo;elle pr&eacute;l&egrave;verait dans le r&eacute;seau &eacute;lectrique pour la lancer la fusion. Ce sc&eacute;nario, jug&eacute; plus r&eacute;aliste par les experts (une fois la machine mise en marche pour la fusion il sera difficile de faire des modifications car ses parois internes seront tr&egrave;s radioactives) retarde d&rsquo;au minimum deux ans la r&eacute;alisation des exp&eacute;riences de fusion et il revient &agrave; admettre le nouveau devis mais avec un lissage des d&eacute;penses sur un plus grand nombre d&rsquo;ann&eacute;es (D.Clery, &laquo; ITER gets the nod for slower, step by step approach &raquo;, Science , vol.34 p.1627, 26 June 2009, www.sciencemag.org). On observera qu&rsquo;en France la presse a &eacute;t&eacute; peu diserte sur cette question, mais il est vrai que la transparence du CEA, le principal acteur fran&ccedil;ais pour la fusion, sur les grandes fili&egrave;res nucl&eacute;aires est bien connue&hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nPendant qu&rsquo;<em>Iter <\/em>connaissait ses tribulations techniques et financi&egrave;res, les Am&eacute;ricains, quant &agrave; eux, qui participent au programme <em>Iter,<\/em> inauguraient discr&egrave;tement, fin mai &agrave; Livermore en Californie, leur gigantesque installation laser pour r&eacute;aliser la fusion. <strong>On peut, en effet, r&eacute;aliser la fusion thermonucl&eacute;aire contr&ocirc;l&eacute;e en l&rsquo;amor&ccedil;ant &agrave; l&rsquo;aide de lasers tr&egrave;s puissants<\/strong> : c&rsquo;est la voie dite du confinement inertiel. On utilise des petites capsules qui sont des sph&egrave;res de b&eacute;ryllium, plac&eacute;es au centre d&rsquo;un cylindre en or, contenant environ 150 microgrammes d&rsquo;un m&eacute;lange de deut&eacute;rium et de tritium. Une s&eacute;rie de faisceaux laser de grande puissance (cf. figure)va d&eacute;clencher en frappant les parois du cylindre une avalanche de rayons X qui va porter &agrave; tr&egrave;s haute temp&eacute;rature les sph&egrave;res (au minimum 100 millions de degr&eacute;s), les vaporiser puis les comprimer (une onde de choc fait le travail) ce qui va d&eacute;clencher la fusion des atomes (&laquo; l&rsquo;ignition &raquo;) qui va ensuite se poursuivre. En fait cette technique doit &ecirc;tre utilis&eacute;e dans l&rsquo;installation am&eacute;ricaine et une installation fran&ccedil;aise similaire en cours de construction &agrave; <strong>Bordeaux, le Laser Megajoule,<\/strong> pour simuler le d&eacute;clenchement de la fusion dans une arme thermonucl&eacute;aire (la bombe H), les essais d&rsquo;armes nucl&eacute;aires &eacute;tant interdits d&eacute;sormais par un trait&eacute; international (que la France a sign&eacute; et ratifi&eacute;, les USA ayant sign&eacute; le trait&eacute; mais le S&eacute;nat am&eacute;ricain a refus&eacute; de le ratifier). L&rsquo;installation am&eacute;ricaine qui vient d&rsquo;&ecirc;tre mise en marche, la<strong> National Ignition Facility<\/strong> (NIF), a donc d&rsquo;abord une finalit&eacute; militaire (sa construction a dur&eacute; sept ans pour un co&ucirc;t total de 3,5 milliards de $&#8230;moins &eacute;lev&eacute; que celui d&rsquo;<em>Iter<\/em>), il en va de m&ecirc;me de l&rsquo;installation fran&ccedil;aise qui devrait &ecirc;tre mise en marche dans deux ans. Mais il est clair que la NIF comme le laser Megajoule fran&ccedil;ais pourront aussi &ecirc;tre utilis&eacute;s pour tester la voie de la fusion thermonucl&eacute;aire par confinement inertiel et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;ont pr&eacute;vu les &eacute;quipes qui vont travailler sur ces installations. L&rsquo;installation am&eacute;ricaine (situ&eacute;e dans un b&acirc;timents de dix &eacute;tages couvrant une superficie &eacute;quivalente &agrave; trois terrains de football) est constitu&eacute;e par un laser de puissance de base &eacute;mettant dans l&rsquo;infrarouge, le faisceau initial est divis&eacute; en 192 faisceaux qui sont amplifi&eacute;s avant de parvenir &agrave; la cible dans laquelle ils vont apporter une &eacute;nergie totale de 1,8 Megajoule pendant 20 nanosecondes (il y a beaucoup de pertes en ligne) ce qui correspond &agrave; une puissance d&rsquo;environ 500 Terawatts (ce qui est sup&eacute;rieur &agrave; la puissance &eacute;lectrique install&eacute;e aux USA !). <strong>Les lasers sont la cl&eacute; de ces exp&eacute;riences de confinement inertiel<\/strong> (il faut aussi que les fen&ecirc;tres optiques r&eacute;sistent &agrave; la chaleur) et, en admettant que la fusion puisse &ecirc;tre d&eacute;clench&eacute;e, il faudra fabriquer des lasers capables de faire des tirs &agrave; r&eacute;p&eacute;tition pour utiliser la m&eacute;thode dans une installation industrielle. La NIF devrait commencer des exp&eacute;riences de fusion en 2010. Leur succ&egrave;s ne serait qu&rsquo;une &eacute;tape sur une route qui risque d&rsquo;&ecirc;tre, comme pour Iter, assez longue (D.Clery, &laquo; Fusion&rsquo;s great bright hope &raquo;,<em> Science<\/em>, vol.324, p. 326, 29 April 2009, www.sciencemag.org). L&rsquo;Europe, elle aussi, n&rsquo;a pas mis tous ses &oelig;ufs dans le m&ecirc;me panier puisqu&rsquo;elle lance un programme sur la fusion inertielle mais avec une variante du sch&eacute;ma am&eacute;ricain (et fran&ccedil;ais avec le laser Megajoule) consistant &agrave; utiliser deux faisceaux laser (un premier pour la compression et un second pour d&eacute;clencher l&rsquo;ignition).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nFace &agrave; ces perspectives pour le moins compliqu&eacute;es (il faut non seulement r&eacute;aliser la fusion dans un r&eacute;acteur mais aussi en extraire l&rsquo;&eacute;nergie..), on peut se demander s&rsquo;il n&rsquo;existerait pas un autre sc&eacute;nario, <strong>une troisi&egrave;me voie en<\/strong> quelque sorte. Une solution a &eacute;t&eacute; propos&eacute;e depuis longtemps d&eacute;j&agrave; (en particulier par le physicien sovi&eacute;tique Sakharov), elle consisterait &agrave; construire <strong>un r&eacute;acteur hybride &agrave; fusion-fission<\/strong>. Les difficult&eacute;s des deux voies actuelles ont conduit &agrave; redonner une certaine actualit&eacute; &agrave; un tel sch&eacute;ma ( cf. J.P. Freiberg and A.C.Kadak, &laquo; Fusion-fission hybrids revisited &raquo;, <strong>Nature Physics<\/strong>, vol. 5, p.310, June 2009, www.nature.com\/naturephysics). Le principe en est &laquo; simple &raquo; : il consiste &agrave; utiliser les abondants neutrons &eacute;nerg&eacute;tiques produits par la r&eacute;action de fusion dans un r&eacute;acteur (en admettant qu&rsquo;on y parvienne !) pour produire des mat&eacute;riaux fissiles &agrave; partir d&rsquo;un mat&eacute;riau nucl&eacute;aire constituant le rev&ecirc;tement des parois du r&eacute;acteur (par exemple de l&rsquo;uranium 238 qui par capture d&rsquo;un neutron va produire du plutonium 239 ou du thorium 232 qui produira de l&rsquo;uranium 233), <strong>les mat&eacute;riaux fissiles ainsi produits pourraient alimenter un r&eacute;acteur de fission<\/strong> (classique &agrave; eau l&eacute;g&egrave;re et &agrave; l&rsquo;uranium, ou un surg&eacute;n&eacute;rateur utilisant le plutonium). On peut &eacute;videmment se demander avec une telle machine si l&rsquo;on essaye pas de &laquo; faire compliqu&eacute; alors qu&rsquo;on peut faire simple &raquo;; en fait, comme le soulignent parfois certains sp&eacute;cialistes lucides de la fusion,&nbsp;<strong>les r&eacute;acteurs &agrave; fusion sont riches en neutrons et pauvres en &eacute;nergie<\/strong> alors que les r&eacute;acteurs &agrave; fission, sont pauvres en neutrons et riches en &eacute;nergie (il faut amorcer une r&eacute;action en cha&icirc;ne pour produire beaucoup de neutrons mais la fission produit dix plus d&rsquo;&eacute;nergie que la fusion) et en mariant les deux r&eacute;actions on aurait les avantages des deux syst&egrave;mes. En fait le grand int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;un r&eacute;acteur hybride serait sa capacit&eacute; non seulement &agrave; utiliser de l&rsquo;uranium &laquo; ordinaire &raquo; (l&rsquo;U 238) mais surtout de <strong>pouvoir br&ucirc;ler des d&eacute;chets nucl&eacute;aires encombrants<\/strong> tels que les actinides dont la dur&eacute;e de vie (la p&eacute;riode pendant laquelle ils restent radioactifs) est de plusieurs centaines de milliers d&rsquo;ann&eacute;es, et qu&rsquo;il faut donc stocker, en radio&eacute;l&eacute;ments &agrave; vie courte. <strong>Ces r&eacute;acteurs permettraient aussi de produire de l&rsquo;uranium 233 utilisable dans des r&eacute;acteurs et qui a l&rsquo;avantage d&rsquo;&ecirc;tre non prolif&eacute;rant<\/strong> (on peut difficilement l&rsquo;utiliser pour construire un arme nucl&eacute;aire). Bien &eacute;videmment ses sch&eacute;mas int&eacute;ressants sur le papier supposent que l&rsquo;on ait pu r&eacute;aliser au pr&eacute;alable la fusion dans un r&eacute;acteur de base par un moyen ou un autre&hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nComme nous avons eu l&rsquo;occasion de le souligner, <strong>la fusion thermonucl&eacute;aire est loin d&rsquo;&ecirc;tre un long fleuve tranquille <\/strong>et les &laquo; experts &raquo; du domaine se sont r&eacute;guli&egrave;rement tromp&eacute;s, depuis cinquante ans, dans leurs pr&eacute;visions pour un calendrier de r&eacute;alisation de la fusion entretenue &agrave; un stade exp&eacute;rimental (on sait que l&rsquo;on peut produire la fusion mais il faut d&eacute;clencher et entretenir la r&eacute;action dans une machine). Les difficult&eacute;s d&rsquo;<em>Iter<\/em> conduisent &agrave; <strong>repousser les &eacute;ch&eacute;ances &agrave; 2030<\/strong> mais il n&rsquo;est pas impossible, cependant, qu&rsquo;une perc&eacute;e dans la m&eacute;thode du confinement inertiel (avec des lasers tr&egrave;s performants) modifie la donne. La solution des r&eacute;acteurs hybrides devrait &ecirc;tre aussi tenue en r&eacute;serve. Mais <strong>la saga de la fusion pose un probl&egrave;me de fond : celui du choix des techniques et des fili&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques pour l&rsquo;avenir<\/strong>. La fusion est trop souvent pr&eacute;sent&eacute;e par ses partisans comme la voie de l&rsquo;avenir, le Saint Graal de l&rsquo;&eacute;nergie, qui permettrait &agrave; la plan&egrave;te d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; une source d&rsquo;&eacute;nergie in&eacute;puisable (la ressource utilis&eacute;e par le Soleil pour nous envoyer la lumi&egrave;re) mais <strong>les difficult&eacute;s de l&rsquo;entreprise ne sont jamais pr&eacute;sent&eacute;es dans leur totalit&eacute;<\/strong>&nbsp;lors de la prise&nbsp;des d&eacute;cisions: n&rsquo;y pas&nbsp;de v&eacute;ritable d&eacute;bat. Ces difficult&eacute;s ne sont pas une raison suffisante pour renoncer &agrave; l&rsquo;aventure de la fusion mais elles m&eacute;riteraient &agrave; tout le moins d&rsquo;&ecirc;tre discut&eacute;es de fa&ccedil;on &agrave; faire les choix en bonne connaissance de cause. Avec les programmes sur la fusion on doit mettre en balance ceux qui permettraient d&rsquo;am&eacute;liorer le nucl&eacute;aire actuel (se d&eacute;barrasser des d&eacute;chets, utiliser les surg&eacute;n&eacute;rateurs), de mieux d&eacute;velopper certaines &eacute;nergies renouvelables (le solaire par exemple), de fabriquer des biocarburants de deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration (&agrave; partir de la ligno-cellulose), etc. C&rsquo;est cet exercice que suppose un v&eacute;ritable politique de recherche dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie et qui n&rsquo;est pratiquement jamais entrepris. Il est probable que nous aurons encore d&rsquo;autres rendez vous avec la fusion&hellip;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;exploitation de la fusion thermonucl&eacute;aire, est une alternative &agrave; la fission nucl&eacute;aire. Cette fili&egrave;re est encore au stade du laboratoire car elle se heurte &agrave; desobstacles scientifiques et techniques. Le programme international Iter a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;, en 2007, pour r&eacute;aliser la fusion par confinement magn&eacute;tique d&rsquo;un plasma dans un r&eacute;acteur exp&eacute;rimental &agrave; Cadarache. Mais Iter [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/280"}],"collection":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=280"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/280\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=280"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=280"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=280"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}