{"id":272,"date":"2009-03-23T10:19:38","date_gmt":"2009-03-23T10:19:38","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=272"},"modified":"2009-03-30T15:07:29","modified_gmt":"2009-03-30T15:07:29","slug":"Energie des mers: le capitaine Nemo au Grenelle de la mer","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=272","title":{"rendered":"Energie des mers: le capitaine Nemo au Grenelle de la mer"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"143\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/energie_des_mers_vague_2-300x182.jpg alt=\"energie_des_mers_vague_2.jpg\" height=\"87\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 143px; height: 87px\" title=\"energie_des_mers_vague_2.jpg\" \/>Les p&eacute;riodes de crise sont propices (en principe&hellip;) aux r&eacute;flexions sur l&rsquo;avenir et sur les secteurs qui pourraient ouvrir des voies nouvelles &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie, en particulier dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie. L&rsquo;&eacute;nergie des mers est ainsi redevenue d&rsquo;actualit&eacute; en France &agrave; la faveur de l&rsquo;annonce par le gouvernement d&rsquo;un &laquo; Grenelle de la mer &raquo; qui devrait &eacute;valuer, notamment, les perspectives offertes par l&rsquo;&eacute;nergie des mers. Que peut-on attendre, en &eacute;tant r&eacute;aliste, de cette fili&egrave;re &eacute;nerg&eacute;tique ?\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;&eacute;nergie des mers est souvent &eacute;voqu&eacute;e comme une ressource quasiment in&eacute;puisable<\/strong>, mais peu exploit&eacute;e, et qui offrirait des perspectives int&eacute;ressantes pour un pays comme la France dot&eacute;e d&rsquo;une tr&egrave;s importante Zone Economique Exclusive (la deuxi&egrave;me du monde) et d&rsquo;un grand lin&eacute;aire c&ocirc;tier qui serait, en quelque sorte, un gisement d&rsquo;&eacute;nergie &agrave; exploiter. C&rsquo;est &agrave; cette question que doit s&rsquo;attaquer, notamment, le <strong>Grenelle de la mer,<\/strong> avant l&rsquo;&eacute;t&eacute;, qui doit examiner les grands dossiers de la politique maritime fran&ccedil;aise le Grenelle de l&rsquo;environnement ayant pratiquement ignor&eacute;, en 2007, le monde maritime. L&rsquo;homme r&ecirc;ve depuis longtemps d&rsquo;utiliser <strong>l&rsquo;&eacute;nergie des mers qui est v&eacute;hicul&eacute;e par les mar&eacute;es, les courants marins et les vagues mais qui est aussi stock&eacute;e sous forme de chaleur<\/strong> dans les oc&eacute;ans aussi la revue <em>Futuribles <\/em>a-t-elle consacr&eacute; un article bien document&eacute; sur les perspectives de l&rsquo;&eacute;nergie des mers (Denis Lacroix et Michel Paillard, &laquo;L&rsquo;avenir des &eacute;nergies renouvelables &raquo;, <em>Futuribles<\/em>, 345, p. 43- 60, Octobre 2008, www.futuribles.com). Les auteurs, chercheurs &agrave; l&rsquo;IFREMER, analysent bien les caract&eacute;ristiques des diff&eacute;rentes fili&egrave;res de cette &eacute;nergie qui est, par essence, renouvelable mais il est difficile d&rsquo;&eacute;valuer l&rsquo;importance du &laquo; gisement &raquo; exploitable qu&rsquo;elle repr&eacute;sente.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;&nbsp;&nbsp; On pense d&rsquo;abord &agrave; <strong>l&rsquo;exploitation de l&rsquo;&eacute;nergie des mar&eacute;es<\/strong> qui est d&rsquo;origine gravitationnelle (le jeu de la force d&rsquo;attraction de la Lune sur les oc&eacute;ans). Selon l&rsquo;IFREMER (www.ifremer.org) les mar&eacute;es dissiperaient annuellement une &eacute;nergie de l&rsquo;ordre de 22.000 TWh (soit l&rsquo;&eacute;quivalent de 2 Gtep, la consommation d&rsquo;&eacute;nergie primaire mondiale &eacute;tant actuellement de 11 Gtep) et, selon le Conseil Mondial de l&rsquo;Energie, il serait possible d&rsquo;exploiter environ 2% de ce potentiel.<strong> La r&eacute;cup&eacute;ration de l&rsquo;&eacute;nergie des mar&eacute;es est une technique parfaitement au point,<\/strong> et l&rsquo;on trouve d&rsquo;ailleurs sur certaines c&ocirc;tes d&rsquo;anciens moulins &agrave; mar&eacute;e construits sur des estuaires qui utilisaient jadis l&rsquo;&eacute;nergie du flot de la mar&eacute;e. La technique a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e avec succ&egrave;s dans l&rsquo;usine mar&eacute;motrice qu&rsquo;EDF a construite sur l&rsquo;estuaire de la Rance pr&egrave;s de Saint Malo, l&rsquo;usine d&rsquo;une puissance install&eacute;e de 240 MW fonctionne depuis 1966. Dans ce type d&rsquo;installation, on r&eacute;cup&egrave;re l&rsquo;eau de mer dans un bassin &agrave; l&rsquo;amont d&rsquo;un barrage lors de la mar&eacute;e montante, puis on la fait passer dans une turbine lorsque la mar&eacute;e descend. Pour r&eacute;cup&eacute;rer de la puissance il faut donc des mar&eacute;es de grande amplitude comme sur la Rance, <strong>malheureusement ces sites sont rares dans le monde<\/strong> (la disponibilit&eacute; des centrales d&eacute;pend de la p&eacute;riodicit&eacute; et de l&rsquo;amplitude des mar&eacute;es, celle de la Rance &eacute;tant de 25%). On peut, bien s&ucirc;r, faire des projets &agrave; la Jules Verne en imaginant construire des grands barrages en mer s&rsquo;appuyant sur des &icirc;les, la mar&eacute;e et les courants faisant tourner des turbines (un projet de ce type avait &eacute;t&eacute; imagin&eacute; sur les &icirc;les Chausey au large de la Normandie, les protestations justifi&eacute;es l&rsquo;ont condamn&eacute; &agrave; retourner dans des cartons). Ces grandes utopies n&rsquo;ont aucune chance d&rsquo;aboutir et seuls de projets sont envisag&eacute;s en Cor&eacute;e du Sud et au Royaume-Uni. La fili&egrave;re mar&eacute;motrice si elle pose peu de probl&egrave;mes techniques se heurte donc &agrave; la g&eacute;ographie.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;<strong>&nbsp; &nbsp;On peut aussi utiliser la chaleur stock&eacute;e dans l&rsquo;oc&eacute;an<\/strong> en faisant fonctionner un moteur thermique qui utilise la diff&eacute;rence de temp&eacute;rature entre les eaux de surface plus chaudes et celles qui sont plus profondes et donc plus froides ; dans les r&eacute;gions tropicales cette diff&eacute;rence peut atteindre 20&deg;C et l&rsquo;on a une ressource in&eacute;puisable mais avec un rendement de Carnot qui de toute fa&ccedil;on restera faible (5 &agrave; 7 % au maximum). L&rsquo;IFREMER &eacute;value &agrave; 80.000 TWh par an la ressource (soit quatre fois celle des mar&eacute;es) mais cette estimation est sujette &agrave; caution. La technique d&rsquo;exploitation rel&egrave;ve de la thermique classique sur la quelle le physicien Georges Claude s&rsquo;&eacute;tait cass&eacute; les dents en tentant une exp&eacute;rience en vraie grandeur, en 1930 sur la c&ocirc;te de Cuba, qui fut un &eacute;chec total: son installation fut balay&eacute;e par un coup de mer &agrave; peine avait-elle commenc&eacute; &agrave; fonctionner. D&rsquo;autres exp&eacute;riences, &agrave; plus petite &eacute;chelle, ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es dans le Pacifique mais sans r&eacute;sultats probants. Cette fili&egrave;re thermique pose, &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence, de s&eacute;rieux probl&egrave;mes techniques et elle est <strong>&eacute;conomiquement tr&egrave;s al&eacute;atoire<\/strong>.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nOn doit r&eacute;server un sort particulier &agrave; l&rsquo;&eacute;olien maritime, dont on reparlera, mais il reste d&rsquo;autres possibilit&eacute;s : notamment <strong>l&rsquo;utilisation des vagues<\/strong> (&eacute;nergie houlomotrice) <strong>et des courants<\/strong> (&eacute;nergie hydrolienne). L&rsquo;exploitation de l&rsquo;&eacute;nergie perp&eacute;tuelle des vagues sur la c&ocirc;te ou au large est, en principe, plus simple.L&rsquo;&eacute;nergie&nbsp;m&eacute;canique que l&rsquo;on peut extraire d&rsquo;une vague est proportionnelle &agrave; sa&nbsp;p&eacute;riode d&rsquo;oscillation et au carr&eacute; de son amplitude.&nbsp;L&rsquo;European Marine Energy Centre, &eacute;tabli &agrave; Stromness aux &icirc;les Orcades au nord de l&rsquo;Ecosse (Orkney en anglais), a recens&eacute; six types de dispositifs diff&eacute;rents. Le syst&egrave;me le plus simple est constitu&eacute; par une turbine (ou une roue &agrave; aubes) log&eacute;e dans un tuyau fix&eacute; sur une ligne de rivage pentue dans lequel l&rsquo;air comprim&eacute; par une vague ascendante fait tourner les pales ; la turbine est coupl&eacute;e &agrave; un g&eacute;n&eacute;rateur &eacute;lectrique. Une variante consiste en une plateforme flottante articul&eacute;e (ou un tuyau articul&eacute;) qui suit le mouvement de la houle. Le mouvement oscillant du tuyau comprime l&rsquo;air d&rsquo;une cavit&eacute; et fait tourner les pales d&rsquo;une turbine. La soci&eacute;t&eacute; danoise <em>Wave Dragon<\/em> a mis au point une autre variante de cette fili&egrave;re : deux longs bras articul&eacute;s concentrent les vagues dans un bassin &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur d&rsquo;une plateforme flottante, le reflux de l&rsquo;eau accumul&eacute; fait ensuite fonctionner des petites turbines. Il existe une cinquantaine de projets captant l&rsquo;&eacute;nergie de la houle dans le monde, en particulier au Royaume Uni, au Danemark et au Portugal. Un autre dispositif propos&eacute; par l&rsquo;universit&eacute; de l&rsquo;Oregon aux USA ( il est en cours d&rsquo;installation),&nbsp;consiste &agrave; ancrer une bou&eacute;e au fond de l&rsquo;oc&eacute;an, le mouvement&nbsp;de la houle fait alors&nbsp;osciller un piston vertical au sein d&rsquo;une bobine magn&eacute;tique et l&rsquo;on produit directement un courant &eacute;lectrique en resonance avec la houle. Pour b&eacute;neficier d&rsquo;un amplitude optimum il faut se placer dans des fonds de 40 &agrave; 100 m de profondeur.&nbsp;&nbsp;La Bretagne a des projets de&nbsp; dispositifs utilisant la houle au bord des c&ocirc;tes. Le projet le plus avanc&eacute; est pilot&eacute; par l&rsquo;Ecole centrale de Nantes, baptis&eacute; <em>Searev <\/em>(Syst&egrave;me autonome de r&eacute;cup&eacute;ration de l&rsquo;&eacute;nergie des vagues) il a pour objectif d&rsquo;installer un prototype de 500 kW pr&egrave;s de la c&ocirc;te. Peut-on estimer que l&rsquo;&eacute;nergie de la houle est une fili&egrave;re d&rsquo;avenir ?&nbsp; Sur le papier les &laquo; r&eacute;serves &raquo; d&rsquo;&eacute;nergie de la houle sont consid&eacute;rables et,<strong> selon l&rsquo;IFREMER, cette fili&egrave;re houlomotrice repr&eacute;senterait un potentiel de l&rsquo;ordre de 40 TWh \/an en France m&eacute;tropolitaine (la consommation actuelle d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; est de 480 TWh par an). <\/strong>Au Royaume-Uni on estime &agrave; 55 Twh par an le potentiel exploitable et il serait de 255 Twh par an aux USA (soit 6 % de la demande primaire, cf. J.Scrugg and P.Jacob &quot; Harvesting ocean wave energy&quot;, <em>Science,<\/em> 323, p. 1176, 27 February 2009, <a href=\"http:\/\/www.sciencemag.org\/\"><u>www.sciencemag.org<\/u><\/a>) .&nbsp;Le dernier rapport du GIEC sur le climat (rendu public en novembre 2007, www.ipcc.ch) qui a pass&eacute; en revue les fili&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques &laquo; sans carbone &raquo;, et en particulier celles mettant en &oelig;uvre des &eacute;nergies renouvelables, estime &agrave; 30 kW par m&egrave;tre de c&ocirc;te en moyenne le potentiel d&rsquo;&eacute;nergie des vagues ce qui correspondrait &agrave; une puissance install&eacute;e de 500 GW (supposant un rendement de 40 % des syst&egrave;mes) pour toute la plan&egrave;te ce qui est consid&eacute;rable (cela repr&eacute;sente le dixi&egrave;me de la puissance &eacute;lectrique actuelle). <strong>Le potentiel repr&eacute;sent&eacute; par l&rsquo;&eacute;nergie cin&eacute;tique des courants est potentiellement moins important<\/strong> (&agrave; moins de construire un r&eacute;seau de turbines sur le trajet du Gulf Stream&hellip;) et selon EDF il serait de 5 &agrave; 14 TWh pour la France (une puissance install&eacute;e de 2,5 &agrave; 3,4 GW, &eacute;quivalent &agrave; 2 ou 3 centrales nucl&eacute;aires). Toutes ces estimations sont &eacute;videmment approximatives et difficiles &agrave; fonder sur des bases fiables. Le projet le plus important &agrave; ce jour est le projet britannique Tidal Stream qui a pour objectif de construire des turbines de 20 m de diam&egrave;tre et d&rsquo;une puissance de 4 MW. Plusieurs projets sont pouss&eacute;s en France : &#8211; le projet <em>Harvest<\/em> d&rsquo;une hydroliennne &agrave; axe vertical soutenu par des laboratoires de Grenoble et de Lyon &ndash; le projet <em>Marenergie<\/em> en Bretagne avec des hydroliennes &agrave; axe horizontal. EDF a annonc&eacute; son intention d&rsquo;installer plusieurs turbines sur les C&ocirc;tes d&rsquo;Armor. La r&eacute;gion Bretagne avec son p&ocirc;le de comp&eacute;titivit&eacute; &quot;mer&quot; soutient plusieurs de ces projets. Il est clair que deux obstacles au moins se trouvent sur la route de l&rsquo;exploitation de l&rsquo;&eacute;nergie de la houle et des courants : &#8211; les co&ucirc;ts de productions restent tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s (chiffr&eacute;s par l&rsquo;AIE dans une fourchette de 80 &agrave; 100 $ le MWh soit environ 20 fois ceux de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; thermique classique) &#8211; la grande vuln&eacute;rabilit&eacute; des installations soumises en permanence &agrave; l&rsquo;agression du milieu marin et aux al&eacute;a m&eacute;t&eacute;orologiques. <strong>Cette vuln&eacute;rabilit&eacute; est sans doute le plus grand obstacle sur la voie de l&rsquo;&eacute;nergie des mers.<\/strong> Il resterait aussi la possibilit&eacute; d&rsquo;utiliser le ph&eacute;nom&egrave;ne de la pression osmotique : c&rsquo;est la pression qui s&rsquo;exerce sur une membrane semi-perm&eacute;able s&eacute;parant de l&rsquo;eau douce de l&rsquo;eau de mer et qui est due &agrave; la diff&eacute;rence de concentration en sel entre les deux faces. Cette force pourrait &ecirc;tre mobilis&eacute;e pour extraire de l&rsquo;&eacute;nergie mais aucun projet fond&eacute; sur ce principe ne s&rsquo;est jamais concr&eacute;tis&eacute;.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nIl reste, bien s&ucirc;r, que l&rsquo;on peut r&eacute;cup&eacute;rer <strong>l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;olienne disponible sur les c&ocirc;tes<\/strong> (qui sont des zones favorables au vent) en construisant des &eacute;oliennes sur les c&ocirc;tes ou en mer (dans des zones de faible profondeur). Cette fili&egrave;re, toutefois, n&rsquo;est pas &agrave; proprement parler une &eacute;nergie de la mer. L&rsquo;AIE estimait &agrave; environ 300 TWh\/ an le potentiel exploitable en Europe. Le Danemark produit d&eacute;j&agrave; pr&egrave;s de 20% de son &eacute;lectricit&eacute; avec des fermes &eacute;oliennes qui, pour la plupart, sont maritimes. Il est r&eacute;aliste de penser que <strong>l&rsquo;&eacute;nergie des vagues tout comme l&rsquo;&eacute;nergie thermique des mers n&rsquo;est pas une solution viable &agrave; grande &eacute;chelle,<\/strong> le rapport du GIEC la qualifie d&rsquo;ailleurs de technique &laquo; immature &raquo; ; toutefois, elle peut repr&eacute;senter une &eacute;nergie d&rsquo;appoint locale dans des lieux isol&eacute;s comme des &icirc;les avec des installations c&ocirc;ti&egrave;res fixes. L&rsquo;article de<em> Futuribes <\/em>envisage plusieurs sc&eacute;narios pour le d&eacute;veloppement de l&rsquo;&eacute;nergie des mers en France. <strong>Un sc&eacute;nario dit normatif correspondant &agrave; l&rsquo;objectif du Grenelle de l&rsquo;environnement vise &agrave; une production &eacute;lectrique &agrave; partir de l&rsquo;&eacute;nergie marine de 17 TWh\/ an en 2020<\/strong> (soit environ 3% de la consommation &eacute;lectrique totale ce qui para&icirc;t optimiste) mais qui serait assur&eacute; &agrave; 70% par de l&rsquo;&eacute;olien marin, la part de l&rsquo;&eacute;nergie thermique des mers dans ce total ne serait pas n&eacute;gligeable ce qui est probablement irr&eacute;aliste.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>&nbsp; Peut-on esp&eacute;rer des ruptures dans l&rsquo;exploitation de l&rsquo;&eacute;nergie des mers ?<\/strong> Elles sont peu probables. L&rsquo;utilisation de la force motrice r&eacute;sultant de la pression osmotique (diff&eacute;rence de pression existant de par et d&rsquo;autre d&rsquo;une membrane s&eacute;parant l&rsquo;eau de mer de l&rsquo;eau douce), nous l&rsquo;avons soulign&eacute;, est une solution tr&egrave;s th&eacute;orique. En revanche, <strong>des perc&eacute;es pourraient survenir du c&ocirc;t&eacute; des algues<\/strong> si l&rsquo;on &eacute;tait capable de cultiver avec des hauts rendements des esp&egrave;ces qui seraient la mati&egrave;re premi&egrave;re pour produire des biocarburants, en particulier du bio&eacute;thanol et du biodiesel. Les algues, il faut le souligner, ont l&rsquo;avantage de fixer deux &agrave; trois fois plus de carbone que les plantes terrestres. Selon certains experts (optimistes&hellip;) un hectare d&rsquo;algues produirait 30 fois plus d&rsquo;huile &agrave; l&rsquo;hectare que le colza ou le tournesol. Plusieurs laboratoires fran&ccedil;ais travaillent dans ce domaine dont l&rsquo;IFREMER &agrave; Nantes dans le cadre d&rsquo;un projet <em>Shamash <\/em>(production de biocarburants lipidiques par les microalgues) financ&eacute; par l&rsquo;ANR. Une autre voie consisterait &agrave; am&eacute;liorer les rendements de production de lipides ou de saccharides par des microalgues par manipulation g&eacute;n&eacute;tique, en les modifiant g&eacute;n&eacute;tiquement pour &laquo; r&eacute;orienter &raquo; les processus de synth&egrave;se ; c&rsquo;est sans doute une perspective que n&rsquo;abordera pas le Grenelle de la mer car les OGM sont un sujet tabou en France&hellip;\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;<strong> Peut-on esp&eacute;rer de fa&ccedil;on r&eacute;aliste que l&rsquo;&eacute;nergie des mers devienne une fili&egrave;re importante pour les &eacute;nergies renouvelables ?<\/strong> Il est difficile de l&rsquo;affirmer. Le dernier rapport de l&rsquo;Office parlementaire d&rsquo;&eacute;valuation des choix scientifiques et technologiques (&laquo; Evaluation de la strat&eacute;gie nationale de recherche en mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;nergie &raquo;, rapporteurs, C.Birraux et Ch. Bataille), publi&eacute; en mars, recommande que les &eacute;nergie marines soient l&rsquo;objet d&rsquo;un soutien sp&eacute;cifique car elles sont susceptibles de contribuer &agrave; la production et d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; dans les zones littorales. Le rapport recommande aussi de faire de l&rsquo;IFREMER un partenaire &agrave; part enti&egrave;re de la politique nationale de l&rsquo;&eacute;nergie. <strong>La mer fait partie de notre imaginaire collectif<\/strong> (elle est peut &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;origine de la vie), elle est &agrave; la fois redout&eacute;e et consid&eacute;r&eacute;e comme une source de richesse. Elle captive les imaginations et le capitaine Nemo, le h&eacute;ros du roman de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers, &eacute;tait aux commandes d&rsquo;un sous-marin propuls&eacute; par l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produite par une pile &agrave; combustible fonctionnant avec de l&rsquo;hydrog&egrave;ne extrait de l&rsquo;eau de mer, cela restera sans doute une utopie. Ne rejetons certes pas l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;extraire des kW de la mer (l&rsquo;usine de la Rance le fait tous les jours), mais gardons une appr&eacute;ciation r&eacute;aliste des possibilit&eacute;s &eacute;nerg&eacute;tiques de la mer. <strong>Les alea techniques et environnementaux inh&eacute;rents au milieu marin conduisent &agrave; estimer que l&rsquo;&eacute;nergie des mers ne peut &ecirc;tre qu&rsquo;une fili&egrave;re &eacute;nerg&eacute;tique d&rsquo;appoint <\/strong>(on pourrait dire r&eacute;gionale) qui ne pourra sans doute pas apporter une contribution importante aux &eacute;nergies renouvelables ; il serait peut &ecirc;tre plus r&eacute;aliste de parier sur des progr&egrave;s de la biologie qui permettraient de produire des carburants (de l&rsquo;hydrog&egrave;ne, de l&rsquo;&eacute;thanol voire des hydrocarbures) avec des bons rendements &agrave; partir des algues. <strong>Le capitaine Nemo apportera sans doute son enthousiasme technique au Grenelle de la mer mais tr&egrave;s peu de kWh. &hellip;.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les p&eacute;riodes de crise sont propices (en principe&hellip;) aux r&eacute;flexions sur l&rsquo;avenir et sur les secteurs qui pourraient ouvrir des voies nouvelles &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie, en particulier dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie. L&rsquo;&eacute;nergie des mers est ainsi redevenue d&rsquo;actualit&eacute; en France &agrave; la faveur de l&rsquo;annonce par le gouvernement d&rsquo;un &laquo; Grenelle de la mer &raquo; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/272"}],"collection":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=272"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/272\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}