{"id":268,"date":"2009-02-02T16:13:44","date_gmt":"2009-02-02T16:13:44","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=268"},"modified":"2009-02-06T09:21:34","modified_gmt":"2009-02-06T09:21:34","slug":"Crise \u00e9conomique et \u00e9nergie: recherche et innovation cl\u00e9s pour l'avenir","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=268","title":{"rendered":"Crise \u00e9conomique et \u00e9nergie: recherche et innovation cl\u00e9s pour l&rsquo;avenir"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\nL&rsquo;ann&eacute;e 2008 en bouleversant en quelques mois les perspectives de l&rsquo;&eacute;conomie mondiale et la donne &eacute;conomique a pos&eacute; en termes nouveaux la question &eacute;nerg&eacute;tique (la chute brutale du cours du baril de p&eacute;trole en fin d&rsquo;ann&eacute;e est symptomatique de la situation nouvelle). Si la crise &eacute;conomique est profonde et donc durable, ce qui est probable, des restructurations profondes de l&rsquo;industrie ne doivent-elles pas &ecirc;tre envisag&eacute;es avec d&rsquo;autres modes de consommation de l&rsquo;&eacute;nergie ? Dans ce contexte et pour pr&eacute;parer l&rsquo;avenir ne faut-il pas alors investir dans la recherche et l&rsquo;innovation et celles-ci peuvent-elles acc&eacute;l&eacute;rer la sortie de crise ? Telles sont quelques unes des questions que l&rsquo;on doit se poser en ces temps difficiles.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nLa recherche et l&rsquo;innovation, nous l&rsquo;avons souvent &eacute;crit, sont des outils privil&eacute;gi&eacute;s pour pr&eacute;parer l&rsquo;avenir en particulier dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie. C&rsquo;est, en effet, <strong>la recherche scientifique qui peut fournir la cl&eacute; ouvrant le s&eacute;same d&eacute;bouchant sur de nouvelles voies,<\/strong> sans qu&rsquo;il soit possible de savoir, a priori, d&rsquo;o&ugrave; viendra la rupture qui apportera des innovations radicales. La prospective est aveugle dans ce domaine. Nous avons aussi observ&eacute; que tous les secteurs de l&rsquo;&eacute;nergie requi&egrave;rent des investissements lourds et que la plupart des techniques &eacute;nerg&eacute;tiques demandent du temps pour &ecirc;tre mises en &oelig;uvre et avoir un impact tangible sur la production d&rsquo;&eacute;nergie ; si le nucl&eacute;aire a fait une perc&eacute;e relativement rapide (il s&rsquo;est &eacute;coul&eacute; un peu moins de vingt ans entre la mise en marche de la premi&egrave;re &laquo; pile &raquo; atomique &agrave; Chicago en 1942 et la mise en route des premiers r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires g&eacute;n&eacute;rateurs d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &agrave; la fin des ann&eacute;es 1950), il n&rsquo;a contribu&eacute; de fa&ccedil;on notable &agrave; la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; que dans les ann&eacute;es 1970 (15% de la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; aujourd&rsquo;hui). De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale les le&ccedil;ons de l&rsquo;histoire des techniques sont toujours int&eacute;ressantes et utiles et, dans un livre r&eacute;cent, <em>The schock of the old<\/em> (Oxford University Press, 2007), l&rsquo;historien des techniques D.Edgerton a montr&eacute; que <strong>nombre de techniques, en particulier dans le domaine de l&rsquo;&eacute;nergie, ont la &ldquo;vie dure&rdquo;.<\/strong> Ainsi la machine &agrave; vapeur a connu v&eacute;ritablement son apog&eacute;e dans les ann&eacute;es 1930 (la machine &agrave; vapeur a &eacute;t&eacute; invent&eacute;e au d&eacute;but du XVIII e si&egrave;cle&hellip;.) car elle a &eacute;t&eacute; le principal mode de traction pour les chemins de fer et les bateaux jusqu&rsquo;au lendemain de la deuxi&egrave;me guerre mondiale (on trouve encore quelques bateaux &agrave; vapeur sur le lac de Gen&egrave;ve&hellip;), le diesel ne prenant le relais que dans les ann&eacute;es 1950. On observera aussi que si le d&eacute;clin du charbon ne s&rsquo;est amorc&eacute; qu&rsquo;apr&egrave;s la deuxi&egrave;me guerre mondiale mais sa consommation conna&icirc;t un regain net depuis le d&eacute;but du si&egrave;cle&hellip;. <strong>Le perfectionnement continu des techniques &eacute;nerg&eacute;tiques a &eacute;t&eacute; la r&egrave;gle au cours d&rsquo;une histoire des techniques<\/strong> entrecoup&eacute;e de quelques grandes innovations qui furent des v&eacute;ritables ruptures (la machine &agrave; vapeur, le moteur &agrave; explosion, la turbine, le r&eacute;acteur nucl&eacute;aire &eacute;tant la derni&egrave;re en date, etc.). Autrement dit <strong>on ne donne change pas la donne rapidement par la technique et la recherche.<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La crise &eacute;conomique actuelle touche de plein fouet des secteurs qui sont des gros consommateurs d&rsquo;&eacute;nergie<\/strong> (l&rsquo;industrie consomme environ 25% de l&rsquo;&eacute;nergie primaire en France et les transports 35%) et en particulier de combustibles fossiles (et donc des &eacute;metteurs de CO2 !) : &#8211; l&rsquo;automobile &ndash; le b&acirc;timent (via le ciment et les technique de chauffage et de climatisation) &ndash; les technologies de l&rsquo;information (via l&rsquo;&eacute;lectronique o&ugrave; la production de silicium est fortement &eacute;nergivore). Si l&rsquo;a&eacute;ronautique semble &eacute;pargn&eacute;e, le transport a&eacute;rien et maritime subit lui la crise touch&eacute; par le retournement de l&rsquo;&eacute;conomie. Dans des pays &eacute;mergents comme la Chine, le Br&eacute;sil et l&rsquo;Inde dont l&rsquo;&eacute;conomie dynamis&eacute;e par les exportations stimulait la production d&rsquo;acier et de ciment fortement consommatrice d&rsquo;&eacute;nergie, le ralentissement de la croissance p&egrave;se directement sur la demande d&rsquo;&eacute;nergie en particulier de p&eacute;trole et de charbon. D&rsquo;autres industries productrices d&rsquo;&eacute;nergie tels que les secteurs p&eacute;troliers et parap&eacute;troliers et de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; peuvent, quant &agrave; elles, &ecirc;tre touch&eacute;es par la crise financi&egrave;re qui rend plus difficiles l&rsquo;acc&egrave;s au march&eacute; des capitaux pour investir dans la construction de nouvelles installations (plateformes offshore, centrales &eacute;lectriques thermiques ou nucl&eacute;aires, etc.). <strong>Un risque s&eacute;rieux de nouvelle flamb&eacute;e des cours du p&eacute;trole existe donc lorsque la croissance repartira en particulier dans les pays &eacute;mergents.<\/strong>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La recherche<\/strong> n&rsquo;a ni la capacit&eacute; de r&eacute;soudre les probl&egrave;mes &eacute;nerg&eacute;tiques &agrave; court terme, ni de permettre une relance rapide de l&rsquo;&eacute;conomie car elle <strong>travaille sur le temps long.<\/strong> En revanche, elle doit permettre de pr&eacute;parer le terrain pour des futures innovations susceptibles de changer le paysage industriel y compris dans les secteurs fortement d&eacute;pendants de l&rsquo;&eacute;nergie comme l&rsquo;industrie automobile. Au fil des br&egrave;ves que nous avons publi&eacute;es ces derniers mois, on a rep&eacute;r&eacute; des pistes qui m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre explor&eacute;es, rappelons-en les principales. Tout ce qui concerne <strong>l&rsquo;amont des fili&egrave;res m&eacute;rite certainement des investissements de Recherche-D&eacute;veloppement (R&amp;D) importants<\/strong> : &#8211; l&rsquo;am&eacute;lioration du rendement des gisements de p&eacute;trole et de gaz &ndash; l&rsquo;augmentation des rendements de tous les syst&egrave;mes thermiques (moteurs, centrales &eacute;lectriques, r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires) et la mise au point de nouveaux moteurs &ndash; la gaz&eacute;ification du charbon in situ dans les mines. Une deuxi&egrave;me cat&eacute;gorie d&rsquo;actions doit porter sur <strong>la pr&eacute;paration de l&rsquo;apr&egrave;s-p&eacute;trole<\/strong> par la recherche de substituts aux produits p&eacute;troliers (biocarburants produits &agrave; partir de la fili&egrave;re ligno-cellulosique, essence synth&eacute;tique produite &agrave; partir du charbon ou de la biomasse). <strong>Le solaire du futur<\/strong> (admettant que la fili&egrave;re &eacute;olienne est au point) d&eacute;limite un troisi&egrave;me axe de recherche important (notamment sur les mat&eacute;riaux n&eacute;cessaires &agrave; la fili&egrave;re photovolta&iuml;que). <strong>Les nouvelles fili&egrave;res nucl&eacute;aires<\/strong> (utilisant le plutonium notamment) constituent un quatri&egrave;me axe o&ugrave; les investissements de R&amp;D sont particuli&egrave;rement lourds. Enfin, une cinqui&egrave;me et derni&egrave;re cat&eacute;gorie de travaux de recherche regroupe tout <strong>l&rsquo;aval des fili&egrave;res &eacute;nerg&eacute;tiques<\/strong> : &#8211; le stockage de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (n&eacute;cessaire d&rsquo;ailleurs tant pour l&rsquo;utilisation des &eacute;nergies nouvelles que pour l&rsquo;automobile avec la mise au point de batteries performantes) &ndash; le r&eacute;seau de distribution &eacute;lectrique &ndash; le stockage du CO2 &eacute;mis par les centrales &eacute;lectriques et les usines de liqu&eacute;faction du charbon. En fait on s&rsquo;aper&ccedil;oit que <strong>quelques th&eacute;matiques cl&eacute;s commandent l&rsquo;avenir de bon nombre de techniques &eacute;nerg&eacute;tiques<\/strong> : &#8211; la catalyse joue un r&ocirc;le essentiel dans la mise au point de nouveaux carburants, des batteries du futur et les piles &agrave; combustible &ndash; les sciences et techniques des mat&eacute;riaux sont la cl&eacute; de bon nombre de perc&eacute;es dans les moteurs et les r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires (fonctionnement &agrave; plus haute temp&eacute;rature), le solaire, le stockage de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; dans les batteries &ndash; la g&eacute;n&eacute;tique des plantes et des bact&eacute;ries commande sans doute l&rsquo;avenir des nouveaux biocarburants. Un effort &laquo; horizontal &raquo; dans tous ces domaines est donc n&eacute;cessaire.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nDans une p&eacute;riode de crise &eacute;conomique et financi&egrave;re <strong>un sous investissement dans la recherche et l&rsquo;innovation retardera les mutations industrielles<\/strong> et les capacit&eacute;s d&rsquo;adopter des techniques innovantes &agrave; moyen et long termes dans bon nombre de secteurs retardant d&rsquo;autant leur sortie de crise. <strong>L&rsquo;industrie automobile qui repr&eacute;sente une part importante de l&rsquo;emploi industriel<\/strong> (800 000 emplois directs en France, en Allemagne comme aux USA) <strong>est probablement la plus expos&eacute;e<\/strong> &agrave; ce risque. Sa situation est paradoxale car les groupes industriels ont investi fortement dans la R&amp;D (4 &agrave; 5 % de leur chiffre d&rsquo;affaires pour les grands constructeurs mondiaux) et les trois grandes firmes am&eacute;ricaines de l&rsquo;automobile (GM, Ford et Chrysler) figurent toutes dans le palmar&egrave;s mondial des vingt premi&egrave;res firmes investissant dans la recherche tous secteurs confondus (de 7 &agrave; 8 milliards de dollars par an pour chacune des firmes automobiles US, GM ayant consacr&eacute; &agrave; elle seule 8,1 milliards $ &agrave; la R&amp;D) et cela ne les emp&ecirc;che pas d&rsquo;&ecirc;tre dans un marasme total. Les firmes fran&ccedil;aises ont des d&eacute;penses de R&amp;D &eacute;quivalentes &agrave; celles de leurs principaux concurrents ainsi que les &eacute;quipementiers. On remarquera par ailleurs (cf. le rapport de l&rsquo;Observatoire des sciences et des techniques Indicateurs de la sciences et de technologies 2008, www.obs-ost.fr) qu&rsquo;en France sur la p&eacute;riode 2001-2006 les secteurs des transports (terrestre et naval) et des moteurs-pompes-turbines ont nettement accru leur part mondiale de demandes de brevets europ&eacute;ens (c&rsquo;est-&agrave;-dire la part des demandes de brevets d&eacute;pos&eacute;s par des entreprises et laboratoires fran&ccedil;ais) alors que cette part a baiss&eacute; dans presque tous les autres secteurs. <strong>La d&eacute;pense mondiale annuelle de R&amp;D du secteur automobile est de l&rsquo;ordre de 45 milliards de dollars<\/strong>&nbsp;(environ trois fois la d&eacute;pense de recherche pour l&rsquo;&eacute;nergie&#8230;) et les innovations n&rsquo;y sont pas l&eacute;gion &#8230;.&nbsp;On peut avancer l&rsquo;hypoth&egrave;se qu&rsquo;il n&rsquo;y sans doute pas un d&eacute;ficit interne de recherche et de capacit&eacute; d&rsquo;innovation interne au secteur mais que <strong>l&rsquo;innovation dans l&rsquo;automobile vient aussi en grande partie d&rsquo;autres secteurs et que l&rsquo;industrie est peut &ecirc;tre r&eacute;ticente &agrave; l&rsquo;adopter.<\/strong> On remarquera aussi que bien que connaissant aujourd&rsquo;hui de s&eacute;rieuses difficult&eacute;s financi&egrave;res, la firme japonaise Toyota qui investit fortement dans la R&amp;D (8,4 milliards $ en 2008) est la seule &agrave; avoir v&eacute;ritablement innov&eacute; des processus de production aux produites en mettant sur le march&eacute; les premi&egrave;res voitures hybrides. La mutation n&eacute;cessaire tant pour des raisons &eacute;nerg&eacute;tiques (diminuer la consommation de carburants, respecter des normes plus rigoureuses d&rsquo;&eacute;mission de CO2) qu&rsquo;&eacute;conomiques de l&rsquo;industrie automobile d&eacute;pend autant d&rsquo;elle que de secteurs voisins d&rsquo;o&ugrave; elle devra importer des innovations et les programmes de recherche doivent tenir compte de ce constat. Dans le secteur automobile comme dans beaucoup d&rsquo;autres, <strong>la crise &eacute;conomique appelle une r&eacute;flexion large sur l&rsquo;&eacute;volution des syst&egrave;mes techniques<\/strong> dans un contexte d&rsquo;une &eacute;nergie qui va devenir rare et ch&egrave;re (les modes de transport dans la ville, l&rsquo;utilisation rationnelle de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, l&rsquo;&eacute;nergie dans le b&acirc;timent, etc.). Les sciences humaines et sociales ont une contribution importante &agrave; apporter &agrave; cette r&eacute;flexion car les &eacute;volutions vont d&eacute;pendre beaucoup des comportements individuels et collectifs.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>La crise &eacute;conomique et financi&egrave;re<\/strong> qui se conjugue avec des perspectives difficiles pour l&rsquo;&eacute;nergie (contrainte climatique, rar&eacute;faction de certaines ressources, croissance in&eacute;luctable de la consommation des pays &eacute;mergents) r<strong>end n&eacute;cessaire la mise en &oelig;uvre de politiques de recherche dynamiques<\/strong>. Celles-ci doivent &ecirc;tre &agrave; &laquo; double d&eacute;tente &raquo;. Il faut mobiliser une recherche qui doit &laquo; ratisser large &raquo; et qui doit &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;aff&ucirc;t des d&eacute;couvertes qui sont les pr&eacute;misses de futures perc&eacute;es d&eacute;cisives (en particulier dans les sciences de l&rsquo;ing&eacute;nieur au sens large du terme) afin de pouvoir investir rapidement en hommes et en moyens sur les fronts les plus prometteurs. Autrement dit, il faut &eacute;viter un pilotage fin de la recherche sur des th&egrave;mes tr&egrave;s en amont, mais <strong>il faut disposer d&rsquo;un observatoire des progr&egrave;s de la science et de la technique dans les domaines d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &eacute;nerg&eacute;tique,<\/strong> ce que nous n&rsquo;avons pas en France et c&rsquo;est probablement une innovation institutionnelle qui s&rsquo;imposerait. Dans un certain nombre de domaines le lancement de &laquo; programmes mobilisateurs &raquo; s&rsquo;impose tant &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle nationale qu&rsquo;europ&eacute;enne afin de <strong>mettre en coh&eacute;rence les efforts de recherche<\/strong>. Le gouvernement fran&ccedil;ais a lanc&eacute; une r&eacute;flexion sur la strat&eacute;gie nationale de recherche (une de plus !) et il faut esp&eacute;rer que l&rsquo;&eacute;nergie y sera en bonne place, quant &agrave; la r&eacute;flexion europ&eacute;enne, en cette p&eacute;riode de crise, elle est certainement insuffisante en la mati&egrave;re. La crise &eacute;conomique n&rsquo;a pas chang&eacute; la donne &eacute;nerg&eacute;tique mais elle rend plus n&eacute;cessaire de pr&eacute;parer les voies d&rsquo;un <em>Autre monde<\/em> pour reprendre le titre du livre de l&rsquo;&eacute;conomiste J.E Stiglitz. On rapporte que Talleyrand qui fut un homme d&rsquo;Etat retors mais clairvoyant, alors qu&rsquo;il tentait de mettre en garde Napol&eacute;on dont il &eacute;tait le ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res contre les risques que courait l&rsquo;Empire, aurait eu cette formule lapidaire <strong>&laquo; lorsque c&rsquo;est urgent, c&rsquo;est d&eacute;j&agrave; trop tard !&raquo;,<\/strong> &eacute;vitons donc d&rsquo;avoir &agrave; agir demain dans l&rsquo;urgence en investissant d&eacute;s aujourd&rsquo;hui dans la pr&eacute;paration de l&rsquo;avenir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ann&eacute;e 2008 en bouleversant en quelques mois les perspectives de l&rsquo;&eacute;conomie mondiale et la donne &eacute;conomique a pos&eacute; en termes nouveaux la question &eacute;nerg&eacute;tique (la chute brutale du cours du baril de p&eacute;trole en fin d&rsquo;ann&eacute;e est symptomatique de la situation nouvelle). 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