{"id":262,"date":"2008-11-05T16:06:27","date_gmt":"2008-11-05T16:06:27","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=262"},"modified":"2008-11-06T09:57:19","modified_gmt":"2008-11-06T09:57:19","slug":"L'uranium et l'avenir de l'\u00e9nergie nucl\u00e9aire: enrichissez le mais pas de trop!","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=262","title":{"rendered":"L&rsquo;uranium et l&rsquo;avenir de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire: enrichissez le mais pas de trop!"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"145\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00059-300x199.jpg alt=\"Image00059.jpg\" height=\"97\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 145px; height: 97px\" title=\"Image00059.jpg\" \/>La quasi totalit&eacute; des centrales nucl&eacute;aires actuelles utilisent de l&rsquo;uranium faiblement enrichi comme combustible; l&rsquo;avenir du nucl&eacute;aire d&eacute;pend donc largement de la capacit&eacute; des pays qui veulent acc&eacute;der &agrave; cette fili&egrave;re &eacute;nerg&eacute;tique &agrave; disposer d&rsquo;uranium enrichi. C&rsquo;est une question qui a une dimension &agrave; la fois technique&nbsp;et politique comme le montre bien le dossier du nucl&eacute;aire iranien.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp; L&rsquo;&eacute;nergie nucl&eacute;aire contribue, aujourd&rsquo;hui, pour 16% &agrave; la production mondiale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (6% environ de l&rsquo;&eacute;nergie primaire totale) et plusieurs sc&eacute;narios &eacute;nerg&eacute;tiques tablent sur une croissance de la part du nucl&eacute;aire dans le panier &eacute;nerg&eacute;tique. L&rsquo;avenir du nucl&eacute;aire d&eacute;pend donc &agrave; la fois de la disponibilit&eacute; des r&eacute;serves de minerai d&rsquo;uranium (ou de thorium) et de la capacit&eacute; &agrave; enrichir l&rsquo;uranium naturel en isotope 235 qui seul est fissile et utilisable dans la r&eacute;action de fission dans un r&eacute;acteur (le minerai est un m&eacute;lange des isotopes 235 et 238 de l&rsquo;uranium mais ne contient que 0,72% de l&rsquo;isotope 235). Pour les r&eacute;acteurs on enrichit le futur combustible jusqu&rsquo;&agrave; des teneurs en uranium 235 comprises entre 3 et 4,5% selon les demandes des &eacute;lectriciens. <strong>C&rsquo;est incontestablement la relation entre ses applications civiles et militaires qui a donn&eacute; une dimension g&eacute;opolitique au nucl&eacute;aire<\/strong> car le combustible nucl&eacute;aire (l&rsquo;uranium et le plutonium qui est produit dans un r&eacute;acteur) peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;s pour fabriquer une arme nucl&eacute;aire. La voie de l&rsquo;uranium pour produire une arme requiert un enrichissement de l&rsquo;uranium avec un taux sup&eacute;rieur &agrave; 85% ce qui suppose des installations industrielles complexes. <strong>L&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium est donc une op&eacute;ration critique pour le nucl&eacute;aire<\/strong>.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>L&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium est une technique industrielle qui est aujourd&rsquo;hui bien ma&icirc;tris&eacute;e<\/strong> et qui est bas&eacute;e sur des principes physiques simples : on met en &oelig;uvre un ph&eacute;nom&egrave;ne physique qui permet de jouer sur la diff&eacute;rences de masse entre les atomes d&rsquo;uranium 235 et 238 et de s&eacute;parer ainsi les deux isotopes. La diff&eacute;rence de masse &eacute;tant faible, il faudra de toute fa&ccedil;on proc&eacute;der par r&eacute;p&eacute;tition pour enrichir substantiellement l&rsquo;uranium en faisant des op&eacute;rations en s&eacute;rie. Plusieurs m&eacute;thodes ont &eacute;t&eacute; mises en &oelig;uvre. Une m&eacute;thode &eacute;lectromagn&eacute;tique a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e par les Am&eacute;ricains pendant la guerre : on joue sur la d&eacute;viation des isotopes ionis&eacute;s dans un champ magn&eacute;tique. Le proc&eacute;d&eacute; par diffusion gazeuse, utilis&eacute; notamment en France (&agrave; l&rsquo;usine de Pierrelatte) et aux USA joue sur la vitesse de diffusion diff&eacute;rente de mol&eacute;cules d&rsquo;hexafluorure d&rsquo;uranium constitu&eacute;es &agrave; partir des deux isotopes (et donc tr&egrave;s concentr&eacute;es en uranium 238 le plus lourd) &agrave; travers une membrane. Ce proc&eacute;d&eacute; n&eacute;cessite la construction de grandes usines et consomme beaucoup d&rsquo;&eacute;nergie (notamment pour des pompes).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp;<strong>Le proc&eacute;d&eacute; par centrifugation, longtemps dans l&rsquo;ombre, a aujourd&rsquo;hui le vent en poupe et tend &agrave; &laquo; prolif&eacute;rer &raquo;.<\/strong> L&agrave; encore on part de l&rsquo;hexafluorure d&rsquo;uranium en phase gazeuse que l&rsquo;on va centrifuger dans un r&eacute;cipient cylindrique qui est un rotor de centrifugeuse tournant &agrave; tr&egrave;s &agrave; grande vitesse (comme le rotor d&rsquo;une machine &agrave; laver). La s&eacute;paration des isotopes par centrifugation est une technique dont le principe est ancien, elle avait &eacute;t&eacute; propos&eacute;e par F.Lindemann et F.Aston en 1919 (une fois mise en &eacute;vidence l&rsquo;existence des isotopes des atomes ; mais la premi&egrave;re s&eacute;paration n&rsquo;a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e qu&rsquo;en 1934 par Jesse Beams &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Virginie aux USA. L&rsquo;&eacute;quipe de J.Beams participa au projet Manhattan pour produire l&rsquo;arme nucl&eacute;aire pendant la Deuxi&egrave;me Guerre mondiale mais sans grand succ&egrave;s (la bombe atomique lanc&eacute;e sur Hiroshima &eacute;tait &agrave; l&rsquo;uranium) car on ne disposait pas encore, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, de centrifugeuses capables de tourner &agrave; grande vitesse (sans exploser&hellip;). Or on sait fabriquer, aujourd&rsquo;hui de telles centrifugeuses dont le m&eacute;tal r&eacute;siste aux tensions m&eacute;caniques internes provoqu&eacute;es par les grandes vitesses et qui sont donc plus efficaces pour s&eacute;parer les isotopes de l&rsquo;uranium. C&rsquo;est, en particulier, <strong>le consortium Urenco associant les Pays Bas, le Royaume-Uni et l&rsquo;Allemagne qui a mis au point le proc&eacute;d&eacute; moderne d&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium par la voie de la centrifugation<\/strong> avec des centrifugeuses capables de tenir &agrave; des tr&egrave;s grandes vitesses. La future usine fran&ccedil;aise G.Besse II de Pierrelatte, op&eacute;r&eacute;e par Areva, utilisera la centrifugation. Ce proc&eacute;d&eacute; est simple dans son principe: on centrifuge le gaz d&rsquo;hexafluorure d&rsquo;uranium dans un rotor vertical tournant &agrave; grande vitesse, le gaz le plus l&eacute;ger (enrichi en uranium 235) tend &agrave; s&rsquo;accumuler dans la partie sup&eacute;rieure du rotor (la t&ecirc;te) tandis que la partie la plus lourde (enrichie en uranium 238) est rejet&eacute;e dans la partie basse (la queue). En pratique<strong> la performance d&rsquo;une centrifugeuse qui caract&eacute;rise sa capacit&eacute; &agrave; s&eacute;parer les deux isotopes est proportionnelle au carr&eacute; de la vitesse de rotation,<\/strong> on a donc tout int&eacute;r&ecirc;t &agrave; tourner &agrave; grande vitesse. Il existe n&eacute;anmoins un seuil critique que l&rsquo;on ne dopit pas d&eacute;passer au risque de rompre le m&eacute;tal du rotor&#8230;.On op&eacute;re dans des cylindres de taille tr&egrave;s variable, les plus grands rotors am&eacute;ricains ont une&nbsp;hauteur de l&rsquo;ordre de 10 m&eacute;tres, les centrifugeuses pakistanaises avaient une dimension de l&rsquo;ordre de 2 m comme les centrifugeuses iraniennes, semble-t-il (on trouvera un tr&egrave;s int&eacute;ressant dossier sur la centrifugation et les probl&egrave;mes qu&rsquo;elle pose dans <em>Physics Today<\/em> de septembre : H.G.Wood, A.Glaser, R.S.Kemp &quot; The gas centrifuge and nuclear weapons proliferation&quot; pp. 41-45<em>).<\/em> On op&eacute;re avec du gaz &agrave; basse pression (un milli&egrave;me d&rsquo;atmosph&egrave;re et &agrave; temp&eacute;rature ordinaire, en chargeant chaque cylindre de quelques grammes de &nbsp;gaz <strong>on r&eacute;alise une op&eacute;ration compl&eacute;te de s&eacute;paration en une heure (<\/strong>le facteur de s&eacute;paration est de 1,2 &agrave; 1,5, il est meilleur que par s&eacute;paration gazeuse) mais comme l&rsquo;on part d&rsquo;uranium naturel &agrave; 0,72% en isotope 235, <strong>l&rsquo;op&eacute;ration doit &ecirc;tre r&eacute;p&eacute;t&eacute;e un tr&egrave;s grand nombre de fois.<\/strong>&nbsp;<strong>On op&eacute;re alors par cascade<\/strong>: en branchant des centrifugeuses en s&eacute;rie on augmente l&rsquo;enrichissement de la queue &agrave; la t&ecirc;te de la s&eacute;rie (la queue d&rsquo;une centrifugeuse est branch&eacute;e sur la t&ecirc;te de la centrifugeuse pr&eacute;c&eacute;dente), en les branchant en parall&egrave;le on augmente le flux c&rsquo;est &agrave; dire la quantit&eacute; totale d&rsquo;uranium enrichi&nbsp;qui sort de &nbsp;la batterie de machines (on utilise par exemple des cascades de 164 machines)\n<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-align: justify\">\n<span style=\"font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'\"><\/span>\n<\/p>\n<p align=\"justify\" style=\"text-align: justify\">\n<span style=\"font-size: 11pt; font-family: 'Times New Roman'\"><\/span>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<span style=\"font-family: 'Times New Roman'\"><strong>Le proc&eacute;d&eacute; de centrifugation a &quot;diffus&eacute;&quot; en particulier &agrave; partir du Pakisan<\/strong> par l&rsquo;interm&eacute;diaire d&rsquo;un ing&eacute;nieur m&eacute;tallurgiste Abdul Qadeer Khan qui avait travaill&eacute; pour Urenco aux Pays Bas. A la suite du premier essai par l&rsquo;Inde d&rsquo;une arme nucl&eacute;aire, en 1974, <strong>le Pakistan a voulu se doter, lui aussi, de l&rsquo;arme nucl&eacute;aire<\/strong> et a fait appel au services de Khan qui a pu se procurer des centrifugeuses. Le Pakistan a pu ainsi se produire&nbsp;sur son territoire de l&rsquo;uranium tr&egrave;s enrichi &agrave; usage militaire et construire des bombes atomiques. Khan a essay&eacute; de vendre son savoir faire, moyennant des esp&egrave;ces sonnantes et tr&eacute;buchantes (et il est parvenu &agrave; s&rsquo;enrichir&#8230;..), &agrave; plusieurs pays. <strong>L&rsquo;Iran (sans doute &agrave; partir de 1987) et la Libye ont eu recours &agrave; ses services <\/strong>mais l&rsquo;Irak a refus&eacute; (tout en tentant de se lancer dans l&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium), il n&rsquo;est pas impossible que la Cor&eacute;e du Nord l&rsquo;ait fait. La technique a donc prolif&eacute;r&eacute; m&ecirc;me si la Lybie a renonc&eacute;, moyennant quelques pressions, &agrave; poursuivre dans la voie de l&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium (la Cor&eacute;e du Nord apr&egrave;s de multiples tergiversations semble s&rsquo;engager dans la voie du renoncement au nucl&eacute;aire militaire apr&egrave;s avoir construit et test&eacute;&nbsp;une bombe atomique au plutonium). <strong>L&rsquo;iran quant &agrave; lui, tout en protestant de ses intentions pacifiques, poursuit toutefois dans la voie de l&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium.<\/strong><\/span>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>L&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium pose &eacute;videmment un probl&egrave;me g&eacute;opolitique ou tout simplement militaire. <\/strong>Si l&rsquo;on veut construire une arme nucl&eacute;aire avec de l&rsquo;uranium il est n&eacute;cessaire de disposer <strong>d&rsquo;une charge d&rsquo;uranium d&rsquo;environ 50 kg enrichie &agrave; au moins 85%<\/strong> <strong>en isotope 235<\/strong> (on peut&nbsp; construire des bombes avec des charges plus faibles mais il faut utiliser des techniques compliqu&eacute;es, comme par exemple l&rsquo;implosion des charges, qui ne sont heureusement pas &agrave; la port&eacute;e de tout le monde). En partant d&rsquo;un uranium peu enrichi (de 3 &agrave; 5% et&nbsp;destin&eacute; &agrave; un usage civil) &nbsp;et en utlisant de multiples cascades on peut parvenir &agrave; ce r&eacute;sultat en prenant le temps. Ainsi selon <em>Physics Today, <\/em><strong>en partant d&rsquo;un uranium enrichi &agrave; 3,5% on peut produire avec des cascades de 2000 centrifugeuses 90 kg d&rsquo;uranium enrichi &agrave; 90% par an<\/strong> (cela n&eacute;cessite toutefois une reconfiguration des cascades avec force tuyauterie qui ne passe pas inaper&ccedil;ue sur place!). Tout le probl&egrave;me si l&rsquo;on veut &eacute;viter la prolif&eacute;ration militaire de l&rsquo;uranium est donc de contr&ocirc;ler l&rsquo;enrichissement. On sait, et nous en avons parl&eacute; &agrave; plusieurs reprises, que le Trait&eacute; de non-prolif&eacute;ration nucl&eacute;aire (le TNP) a pr&eacute;cis&eacute;ment pour objectif d&rsquo;instaurer le contr&ocirc;le international des activit&eacute;s nucl&eacute;aires via l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie Atomique de Vienne (AIEA). Le Pakistan, l&rsquo;Inde et Isra&euml;l n&rsquo;ont pas sign&eacute; le TNP mais en revanche l&rsquo;Iran et la Cor&eacute;e du Nord l&rsquo;on fait&#8230;<strong>Le d&eacute;bat actuel porte donc sur la volont&eacute; de l&rsquo;Iran d&rsquo;accepter un contr&ocirc;le strict de ses installations nucl&eacute;aires pour v&eacute;rifier que l&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium n&rsquo;est pas destin&eacute; &agrave; produire des armes nucl&eacute;aires en contravention avec le trait&eacute;. <\/strong>On remarquera toutefois que les pays occidentaux on admis de fait que l&rsquo;Inde , le Pakistan et Isra&euml;l se dotent de l&rsquo;arme nucl&eacute;aire et qui plus est, s&rsquo;agissant de l&rsquo;Inde, les USA et la France sont pr&ecirc;ts &agrave; l&rsquo;aider &agrave; acc&eacute;der &agrave; des techniques civiles nouvelles&#8230;.quant au Pakisan qui est un fauteur de prolif&eacute;ration on peut s&rsquo;inqui&eacute;ter du fait que ce pays nucl&eacute;aire soit en voie de d&eacute;liquescence. <strong>Le contr&ocirc;le des op&eacute;rations d&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium est compliqu&eacute;. <\/strong>En effet<strong>, une usine clandestine (par exemple souterraine)&nbsp;non soumise &agrave; un contr&ocirc;le est difficilement d&eacute;tectable <\/strong>par exemple par surveillance satellitaire car elle consomme peu d&rsquo;&eacute;nergie (160 watts au m&eacute;tre carr&eacute; au lieu de 10 000 pour une usine de diffusion gazeuse) et, op&eacute;rant &agrave; basse pression, il est difficile de d&eacute;tecter des races d&rsquo;&eacute;ventuelles fuites de gaz dans l&rsquo;atmosph&egrave;re. Par ailleurs seule une inspection sur palce petrmet de remarquer des branchements en s&eacute;rie de plusieurs cascades n&eacute;cessaires pour des enrichissements &agrave; teneur &eacute;lev&eacute;e en uranium 235. L&rsquo;Iran a install&eacute; une usine d&rsquo;enrichissement &agrave; Natanz qu&rsquo;elle a test&eacute;e et le site a &eacute;t&eacute; inspect&eacute; par l&rsquo;AEIA qui a publi&eacute; plusieurs rapports &agrave; ce sujet depuis 2003 mais il refuse d&eacute;soamais&nbsp;des contr&ocirc;les plus complets malgr&eacute; les injonctions de l&rsquo;ONU. Le probl&egrave;me est donc loin d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Le contr&ocirc;le des usines d&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium est aujourd&rsquo;hui le point critique de la non-prolif&eacute;ration<\/strong>. Le nucl&eacute;aire ne peut se d&eacute;velopper &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle mondiale, nous semble-t-il, que si cette question est r&eacute;solue (ainsi, bien s&ucirc;r, que celle de la s&eacute;curit&eacute; des installations dans des pays qui n&rsquo;ont pas la&nbsp;&quot; culture&quot; du nucl&eacute;aire). Il n&rsquo;est possible que moyennant l&rsquo;acceptation de clauses tr&egrave;s strictes de construction des usines et de la destination des combustibles sous un contr&ocirc;le de l&rsquo;AIEA (ce qui suppose le renforcement de ses moyens) .<strong> Le contr&ocirc;le des usines et de l&rsquo;uranium enrichi par un consortium multinational serait sans doute la situation id&eacute;ale.<\/strong> Dans le contexte international actuel, en particulier au Moyen Orient, il faut &eacute;videmment &ecirc;tre optimiste pour penser qu&rsquo;une telle solution pourrait &ecirc;tre rapidement adopt&eacute;e. <strong>La plupart des pays qui veulent acc&eacute;der au nucl&eacute;aire ont sans doute le souci d&rsquo;assurer &agrave; la fois leur avenir &eacute;nerg&eacute;tique&nbsp;et &nbsp;leur s&eacute;curit&eacute; internationale (c&rsquo;est &agrave; dire militaire),<\/strong> et c&rsquo;est certainement le cas de l&rsquo;Iran. Le probl&egrave;me de la non-prolif&eacute;ration&nbsp;nucl&eacute;aire ne peut donc &ecirc;tre r&eacute;solu que si l&rsquo;on travaille sur les deux tableaux et si l&rsquo;on r&eacute;pond en particulier aux questions de s&eacute;curit&eacute;. C&rsquo;est dire combien le nucl&eacute;aire&nbsp; a une dimension g&eacute;opolitique, on ne doit pas s&rsquo;inderdire d&rsquo;esp&eacute;rer que l&rsquo;Iran et d&rsquo;autres pays &eacute;voluent dans cette direction &#8230; ainsi que l&rsquo;Am&eacute;rique puisqu&rsquo;elle a d&eacute;j&agrave; chang&eacute; le 4 novembre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La quasi totalit&eacute; des centrales nucl&eacute;aires actuelles utilisent de l&rsquo;uranium faiblement enrichi comme combustible; l&rsquo;avenir du nucl&eacute;aire d&eacute;pend donc largement de la capacit&eacute; des pays qui veulent acc&eacute;der &agrave; cette fili&egrave;re &eacute;nerg&eacute;tique &agrave; disposer d&rsquo;uranium enrichi. 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