{"id":248,"date":"2008-05-26T14:55:37","date_gmt":"2008-05-26T14:55:37","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=248"},"modified":"2008-05-27T09:08:14","modified_gmt":"2008-05-27T09:08:14","slug":"L'hydrog\u00e8ne: une solution d'avenir pour l'\u00e9nergie ou bulle m\u00e9diatique?","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=248","title":{"rendered":"L&rsquo;hydrog\u00e8ne: une solution d&rsquo;avenir pour l&rsquo;\u00e9nergie ou bulle m\u00e9diatique?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"135\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/energie_logo_h2.jpg alt=\"energie_logo_h2.jpg\" height=\"156\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 135px; height: 156px\" title=\"energie_logo_h2.jpg\" \/>La fili&egrave;re hydrog&egrave;ne est &agrave; l&rsquo;ordre du jour depuis de nombreuses ann&eacute;es. Jules Verne lui m&ecirc;me dans <em>l&rsquo;&icirc;le myst&eacute;rieuse <\/em>n&rsquo;envisageait-il pas&nbsp;que l&rsquo;eau puisse &ecirc;tre&nbsp;,un jour, utilis&eacute;e comme carburant car ses constituants l&rsquo;hydrog&egrave;ne et l&rsquo;oxyg&egrave;ne seraient une source in&eacute;puisable de lumi&egrave;re et de chaleur? L&rsquo;hydrog&egrave;ne s&rsquo;expose d&rsquo;ailleurs &agrave; Paris au<em> Palais de la d&eacute;couverte<\/em> qui a ouvert un nouvel &quot;espace hydrog&egrave;ne&quot;&nbsp; o&ugrave; d&eacute;monstrations et panneaux tentent de r&eacute;pondre &agrave; la question: l&rsquo;hydrog&egrave;ne une solution d&rsquo;avenir (<a href=\"http:\/\/www.palais-decouverte.fr\/\">www.palais-decouverte.fr<\/a>) ?\n<\/p>\n<p><!-- more --><br \/>\n&nbsp; <\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n&nbsp;Depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, l&rsquo;hydrog&egrave;ne a &eacute;t&eacute; l&rsquo;objet d&rsquo;une v&eacute;ritable croisade, relay&eacute;e par les media, en particulier de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Atlantique, pour promouvoir une <strong>&laquo;&nbsp;&eacute;conomie de l&rsquo;hydrog&egrave;ne&nbsp;&raquo;<\/strong> qui serait appel&eacute;e &agrave; remplacer, dans une certaine mesure, le dispositif industriel mis sur pied, depuis un si&egrave;cle, pour produire &agrave; partir du p&eacute;trole des carburants destin&eacute;s aux transports. Il est donc utile d&rsquo;ouvrir&nbsp;son dossier technique.L&rsquo;hydrog&egrave;ne est le plus simple des compos&eacute;s mol&eacute;culaires (deux atomes d&rsquo;hydrog&egrave;ne dans la mol&eacute;cule) mais, si l&rsquo;on excepte sa pr&eacute;sence &agrave; tr&egrave;s faible concentration dans l&rsquo;air, il a la particularit&eacute; de ne pas exister &agrave; l&rsquo;&eacute;tat libre sur Terre&nbsp;: il est un constituant de l&rsquo;eau, on le trouve li&eacute; au carbone dans les hydrocarbures, dans le charbon et les compos&eacute;s mol&eacute;culaires de la biomasse.<strong> L&rsquo;hydrog&egrave;ne &agrave; l&rsquo;&eacute;tat pur n&rsquo;est pas une ressource &eacute;nerg&eacute;tique,<\/strong> et il ne constitue donc pas une r&eacute;ponse directe &agrave; la question &eacute;nerg&eacute;tique. Il faut &eacute;galement pr&eacute;ciser que si l&rsquo;hydrog&egrave;ne poss&egrave;de un pouvoir &eacute;nerg&eacute;tique gravim&eacute;trique relativement &eacute;lev&eacute; (120 MJ\/kg au lieu de 45 MJ\/kg pour le p&eacute;trole), &agrave; temp&eacute;rature et pression ordinaires il se trouve &agrave; l&rsquo;&eacute;tat gazeux avec une tr&egrave;s faible densit&eacute;. On ne peut le liqu&eacute;fier, et donc le densifier, qu&rsquo;&agrave; tr&egrave;s basse temp&eacute;rature (-253&deg; C), ce qui est un inconv&eacute;nient majeur pour son stockage. Bref, pour reprendre le titre d&rsquo;un &eacute;ditorial du magazine am&eacute;ricain <em>Science<\/em> (305, p.957, &quot;Towards a hydrogen economy&quot;, 13 August 2004), l&rsquo;&eacute;conomie de l&rsquo;hydrog&egrave;ne &laquo;&nbsp;ce n&rsquo;est pas si simple&nbsp;&raquo;. &nbsp;On se trouve en fait devant un double probl&egrave;me&nbsp;: celui de la production de l&rsquo;hydrog&egrave;ne et celui de son utilisation (on lira avec int&eacute;r&ecirc;t le livre de Thierry Alleau, <em>L&rsquo;hydrog&egrave;ne, &eacute;nergie du futur?<\/em> EDP Sciences, 2007).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\nCommen&ccedil;ons par le second qui n&rsquo;est pas le plus sipmle. On peut &eacute;videmment br&ucirc;ler de l&rsquo;hydrog&egrave;ne dans un <strong>moteur thermique classique<\/strong> mais, outre que cette op&eacute;ration n&rsquo;est pas sans danger, ce n&rsquo;est pas l&rsquo;option la plus int&eacute;ressante, ne serait-ce que parce que, notamment, il faut stocker l&rsquo;hydrog&egrave;ne sous forme liquide dans un r&eacute;servoir d&rsquo;automobile ce qui est co&ucirc;teux (BMW et GM proposent des prototypes de voiture de ce type). La solution, pr&eacute;conis&eacute;e depuis longtemps, est de produire de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &agrave; partir d&rsquo;une pile &agrave; combustible en utilisant de l&rsquo;hydrog&egrave;ne comme combustible: on convertit, par exemple,&nbsp;&nbsp;de l&rsquo;hydrog&egrave;ne et de l&rsquo;oxyg&egrave;ne en eau en produisant de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qui peut alimenter un moteur &eacute;lectrique. Evidemment, le processus de conversion dans la pile ne se d&eacute;roule pas en un tournemain et celle-ci est un ensemble complexe constitu&eacute; par un <strong>&eacute;lectrolyte <\/strong>plac&eacute; entre deux &eacute;lectrodes poreuses contenant <strong>un catalyseur (en g&eacute;n&eacute;ral le platine).<\/strong> L&rsquo;hydrog&egrave;ne est introduit &agrave; l&rsquo;anode &agrave; partir d&rsquo;un r&eacute;servoir et l&rsquo;oxyg&egrave;ne (pr&eacute;lev&eacute; dans l&rsquo;air) arrive &agrave; la cathode. L&rsquo;hydrog&egrave;ne perd ses &eacute;lectrons &agrave; l&rsquo;anode et ceux-ci alimentent le circuit &eacute;lectrique externe&nbsp;; priv&eacute; de leur &eacute;lectron les atomes d&rsquo;hydrog&egrave;ne (r&eacute;duits &agrave; un proton) traversent l&rsquo;&eacute;lectrolyte (qui peut &ecirc;tre une membrane) pour se recombiner &agrave; la cathode avec les &eacute;lectrons qui ont accompli leur tourn&eacute;e &eacute;lectrique et l&rsquo;oxyg&egrave;ne pour former de l&rsquo;eau. La pile fournit du courant &eacute;lectrique mais aussi de la chaleur d&eacute;gag&eacute;e par la r&eacute;action. Le syst&egrave;me a deux avantages&nbsp;: il a un tr&egrave;s bon rendement &eacute;lectrique (de 35 &agrave; 60% suivant la nature des piles) et il ne produit pas de gaz carbonique. La pile utilisant un &eacute;lectrolyte qui est une <strong>membrane polym&eacute;rique<\/strong> a l&rsquo;avantage de fonctionner &agrave; temp&eacute;rature relativement basse (80&deg;C environ) mais il pr&eacute;sente l&rsquo;inconv&eacute;nient, jusqu&rsquo;&agrave; nouvel ordre, d&rsquo;utiliser comme catalyseur le platine qui est un m&eacute;tal pr&eacute;cieux et co&ucirc;teux (il faut aujourd&rsquo;hui 1g de platine pour produire un kW).&nbsp;Cette fili&egrave;re est la plus prometteuse pour les transports. D&rsquo;autres modes de fonctionnement ont &eacute;t&eacute; propos&eacute;s et utilis&eacute;s:&nbsp;&nbsp;des piles utilisant un &eacute;lectrolyte alcalin fonctionnant entre 120 et 250&deg;C (elles &eacute;quipent des engins spatiaux), d&rsquo;autres de l&rsquo;acide phosphorique ou des carbonates fondus (&agrave; temp&eacute;rature de 650&deg;C), <strong>des c&eacute;ramiques<\/strong> qui sont des oxydes (elles exigent des temp&eacute;ratures &eacute;lev&eacute;es de 800 &agrave; 1000&deg; C). Une alternative consiste &agrave; remplacer dans la pile l&rsquo;hydrog&egrave;ne par du <strong>m&eacute;thanol,<\/strong> cette pile a l&rsquo;inconv&eacute;nient de produire du gaz carbonique&nbsp;; son utilisation est envisag&eacute;e dans les ordinateurs et les t&eacute;l&eacute;phones portables pour remplacer les batteries.&nbsp;&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<span>&nbsp;<\/span>Les piles &agrave; combustible peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;es soit pour alimenter le moteur &eacute;lectrique de v&eacute;hicules, soit dans des installations fixes pour fournir &agrave; la fois de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et de la chaleur (par exemple dans les immeubles) avec des puissances de quelques milliers de kW. Le rendement global du couple pile &agrave; combustible-moteur &eacute;lectrique <strong>peut atteindre 50 &agrave; 60%<\/strong> soit le double de celui d&rsquo;un moteur thermique. <strong>Il subsiste au minimum deux probl&egrave;mes techniques tr&egrave;s s&eacute;rieux&nbsp;: l&rsquo;utilisation d&rsquo;un catalyseur et le stockage de l&rsquo;hydrog&egrave;ne.<\/strong> Le catalyseur est indispensable sur les deux &eacute;lectrodes pour oxyder l&rsquo;hydrog&egrave;ne puis pour le combiner avec l&rsquo;oxyg&egrave;ne sur les deux &eacute;lectrodes. Il doit pr&eacute;senter une grande surface d&rsquo;interaction et c&rsquo;est tout l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du platine et des m&eacute;taux rares qui sont de tr&egrave;s bons catalyseurs industriels. Dans les piles &agrave; combustible on utilise des agglom&eacute;rats de nanoparticules de carbone avec un rev&ecirc;tement de platine; il est possible de remplacer le platine par du palladium ou du rhodium qui sont aussi des m&eacute;taux rares, moins co&ucirc;teux, mais qui&nbsp;sont aussi moins efficaces. Une alternative a &eacute;t&eacute; propos&eacute;e, en 2006, par des chercheurs de Los Alamos aux USA, elle&nbsp;consisterait &agrave; utiliser &agrave; la place des m&eacute;taux rares des compos&eacute;s organiques (le polypyrole) &agrave; base de cobalt. Cette solution permettrait de remplacer le platine &agrave; la cathode mais, semble-t-il, avec une moindre efficacit&eacute;&nbsp; Il reste clairement un verrou technologique &agrave; faire sauter si l&rsquo;on veut &eacute;viter l&rsquo;utilisation de m&eacute;taux pr&eacute;cieux comme catalyseurs et donc abaisser sensiblement le co&ucirc;t de fabrication des piles. En revanche, les membranes &eacute;lectrolytiques de type polym&eacute;rique qui permettent le transit des protons ainsi que celui de l&rsquo;eau produite &agrave; la cathode sont au point, mais il faut&nbsp;&eacute;viter que&nbsp;l&rsquo;eau bloque les pores de la membrane (elle les lubrifie et favorise le transit de l&rsquo;hydrog&egrave;ne) ou la d&eacute;t&eacute;riore (en cas de gel ou de surchauffe&#8230;). Si on utilise directement de l&rsquo;hydrog&egrave;ne on doit r&eacute;soudre le probl&egrave;me de son <strong>stockage.<\/strong>&nbsp; Le stocker &agrave; l&rsquo;&eacute;tat liquide pose un s&eacute;rieux probl&egrave;me car on consomme environ le tiers de son contenu &eacute;nerg&eacute;tique pour le liqu&eacute;fier et il faut le conserver &agrave; tr&egrave;s basse temp&eacute;rature dans des <strong>r&eacute;servoirs cryog&eacute;niques<\/strong> (ce que l&rsquo;on fait dans les fus&eacute;es o&ugrave; il est vite consomm&eacute;). Il reste la solution du stockage &agrave; l&rsquo;&eacute;tat gazeux mais il faut &ecirc;tre conscient que l&rsquo;hydrog&egrave;ne a un tr&egrave;s large<span>&nbsp; <\/span>domaine d&rsquo;inflammabilit&eacute; (de 4 &agrave; 75% en volume) avec<span>&nbsp; <\/span>une tr&egrave;s faible &eacute;nergie d&rsquo;inflammation; tr&egrave;s l&eacute;ger, il diffuse facilement et peut ainsi fragiliser les parois de containers m&eacute;talliques. Son stockage n&rsquo;est donc pas sans risque&nbsp;: en cas de fuite, il peut provoquer une explosion. On peut envisager stocker l&rsquo;hydrog&egrave;ne gazeux dans un <strong>solide poreux<\/strong> (des hydrures m&eacute;talliques, des nanotubes de carbone, des z&eacute;olites) en utilisant, en quelque sorte, des &eacute;ponges &agrave; hydrog&egrave;ne, mais cette solution est peu pratique car d&rsquo;une part, on immobilise une masse importante et, d&rsquo;autre part, elle n&eacute;cessiterait un d&eacute;gazage rapide et continu du solide pour alimenter le moteur. Le seul stockage r&eacute;aliste possible est donc dans des r&eacute;servoirs &agrave; tr&egrave;s haute pression (700 bars) qui seront lourds et volumineux&nbsp; (plusieurs autobus testent des piles &agrave; combustible dans des villes europ&eacute;ennes, &agrave; Madrid notamment, l&rsquo;hydrog&egrave;ne y est stock&eacute; sur le toit).&nbsp;\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\nIl reste maintenant le probl&egrave;me amont&nbsp;: la <strong>production <\/strong>de l&rsquo;hydrog&egrave;ne et subsidiairement sa distribution&nbsp; Si l&rsquo;on exclut son extraction de l&rsquo;air, tr&egrave;s co&ucirc;teuse, il reste plusieurs voies avec des techniques qui, pour la plupart, sont &eacute;prouv&eacute;es&nbsp;: l&rsquo;&eacute;lectrolyse de l&rsquo;eau, la production &agrave; partir de la biomasse ou du gaz naturel, la gaz&eacute;ification du charbon. <strong>L&rsquo;&eacute;lectrolyse de l&rsquo;eau<\/strong> semble a priori satisfaisante si l&rsquo;on veut utiliser une mati&egrave;re premi&egrave;re renouvelable sans produire de gaz &agrave; effet de serre. C&rsquo;est l&rsquo;op&eacute;ration inverse de celle mise en &oelig;uvre dans une pile &agrave; combustible.<b> <\/b>Si l&rsquo;on veut &eacute;viter d&rsquo;utiliser de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produite, avec un mauvais rendement, &agrave; partir de combustibles fossiles, il faut alors recourir soit &agrave; <strong>l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire<\/strong> dans des grandes installations, soit &agrave; l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;olienne ou solaire pour de petites unit&eacute;s locales. Une production massive d&rsquo;hydrog&egrave;ne par &eacute;lectrolyse&nbsp;sans recours &agrave; des combustibles fossiles,&nbsp;suppose donc l&rsquo;utilisation de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire ce qui ouvre, &eacute;videmment, le d&eacute;bat sur le nucl&eacute;aire. Il reste, bien s&ucirc;r, les voies &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; de la<strong> gaz&eacute;ification<\/strong> &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une thermochimie &agrave; haute temp&eacute;rature utilisant, avec de la vapeur d&rsquo;eau, une mati&egrave;re premi&egrave;re qui peut &ecirc;tre le gaz naturel, le charbon ou la biomasse. L&rsquo;utilisation des combustibles fossiles pour produire l&rsquo;hydrog&egrave;ne ne serait pas un r&eacute;el substitut aux &eacute;nergies non renouvelables et elle aurait aussi l&rsquo;inconv&eacute;nient de laisser un &laquo;&nbsp;sous-produit&nbsp;&raquo; de gaz&eacute;ification, le gaz carbonique, qui est un gaz &agrave; effet de serre. On peut remplacer le charbon et le gaz naturel par de la biomasse et produire de l&rsquo;hydrog&egrave;ne en r&eacute;alisant d&rsquo;abord une thermolyse de la biomasse (on la d&eacute;compose par la chaleur), puis en la gaz&eacute;ifiant avec de la vapeur d&rsquo;eau &agrave; haute temp&eacute;rature; ce type de proc&eacute;d&eacute; est au point mais il a encore l&rsquo;inconv&eacute;nient de produire aussi, comme &laquo;&nbsp;d&eacute;chet&nbsp;&raquo;, du gaz carbonique. On n&rsquo;attend peu de progr&egrave;s de tous les proc&eacute;d&eacute;s de production de l&rsquo;hydrog&egrave;ne sauf &agrave; imaginer r&eacute;aliser l&rsquo;&eacute;lectrolyse de la vapeur d&rsquo;eau &agrave; tr&egrave;s haute temp&eacute;rature, en utilisant &agrave; la fois la chaleur et l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produites par de futurs r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires fonctionnant &agrave; tr&egrave;s haute temp&eacute;rature. Il restera, enfin, &agrave; <strong>distribuer l&rsquo;hydrog&egrave;ne<\/strong> &agrave; un r&eacute;seau de stations services pour que les automobilistes fassent le plein, cela suppose la construction&nbsp;de r&eacute;seaux de gazoducs pour alimenter en gaz des stations ce que les industriels savent faire; la distribution, en revanche, sous forme liquide par des canalisations ne serait pas praticable car, outre qu&rsquo;il suppose une liqu&eacute;faction co&ucirc;teuse en &eacute;nergie, il entra&icirc;nerait des pertes en ligne tr&egrave;s importantes.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\nLa fili&egrave;re hydrog&egrave;ne, on le voit, se heurte &agrave; des obstacles majeurs: la production du gaz et son utilisation dans des piles &agrave; combustible dans des bonnes conditions &eacute;conomiques. Cela ne semble pas inquieter outre mesure les partisans de la fili&egrave;re.&nbsp;Ainsi, si l&rsquo;on en croit les conclusions du projet de recherche europ&eacute;en, <em><strong>Hyways<\/strong>, <\/em>financ&eacute; par le sixi&egrave;me Programme-cadre europ&eacute;en de l&rsquo;UE&nbsp;(<a href=\"http:\/\/ec.europa.eu\/research\/energy:nn\/nn_pu\/hyways\">http:\/\/ec.europa.eu\/research\/energy:nn\/nn_pu\/hyways<\/a>), l&rsquo;hydrog&egrave;ne serait <strong>le vecteur &eacute;nerg&eacute;tique de l&rsquo;avenir<\/strong> <strong>pour les transports routiers<\/strong>: il pourrait y r&eacute;duire de 40% la consommation de p&eacute;trole en Europe d&rsquo;ici 2050. Selon les simulations optimistes de <em>Hyways,<\/em> le seuil de rentabilit&eacute; de la fili&egrave;re serait atteint entre 2025 et 2035 avec <strong>16 millions de voitures<\/strong> roulant &agrave; l&rsquo;hydrog&egrave;ne; les investissements cumul&eacute;s repr&eacute;senteraient 60 milliards &euro;. Les promoteurs de <em>Hyways<\/em> proposent un sc&eacute;nario mixte avec des flottes de v&eacute;hicules purement thermiques, &agrave; piles &agrave; combustible ou hybrides (&eacute;lectricit&eacute; et thermique). Leur mise en service suppose un syst&egrave;me de production et de distribution de l&rsquo;hydrog&egrave;ne. La fili&egrave;re ayant pour objectif d&rsquo;&eacute;viter les &eacute;missions de gaz carbonique, la production devrait &ecirc;tre accompagn&eacute;e de mesures de &quot;<strong>s&eacute;questration&quot; du gaz carbonique<\/strong> dans des formations g&eacute;ologiques ce qui est encore techniquement al&eacute;atoire et surtout co&ucirc;teux (20-30 &euro; la tonne?). <em>Hyways<\/em> reconnait que c&rsquo;est un point &quot; critique&quot; &nbsp;du sc&eacute;nario, aussi propose-t-il une alternative en cas de difficult&eacute;: la production des trois quarts de l&rsquo;hydrog&egrave;ne &agrave; partir d&rsquo;une &eacute;lectricit&eacute; d&rsquo;origine &eacute;olienne ce qui para&icirc;t peu r&eacute;aliste (le recours au nucl&eacute;aire semblant a priori exclu&#8230;). <em>Hyways<\/em> table sur une r&eacute;duction consid&eacute;rable des co&ucirc;ts de production des piles : un <strong>objectif de 50 &euro; \/kW en 2030 ce qui repr&eacute;senterait une r&eacute;duction d&rsquo;un facteur 100 par rapport aux co&ucirc;ts actuels&#8230;<\/strong>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\nLa fili&egrave;re hydrog&egrave;ne a l&rsquo;avantage ind&eacute;niable que son utilisation dans les moteurs (thermiques ou &eacute;lectrique avec piles &agrave; combustible) <strong>ne produit pas de gaz carbonique<\/strong> (le moteur &eacute;met de l&rsquo;eau) , elle est donc un atout dans la lutte contre le r&eacute;chauffement climatique. Toutefois, les solutions propos&eacute;es pour <strong>la production de l&rsquo;hydrog&egrave;ne ont toutes un &quot;prix climatique&quot;<\/strong> (il faut utiliser le charbon ou le gaz naturel) : la fili&egrave;re ne tiendrait la route que si l&rsquo;hydrog&egrave;ne &eacute;tait produit avec de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; nucl&eacute;aire ou si l&rsquo;on stockait massivement le gaz carbonique apr&egrave;s gaz&eacute;ification du charbon. Des ruptures scientifiques ou techniques sont-elles encore possibles? Des surprises pourraient venir soit du c&ocirc;t&eacute; de nouveaux &nbsp;proc&eacute;d&eacute;s de production de l&rsquo;hydrog&egrave;ne par photolyse de l&rsquo;eau (d&eacute;composition&nbsp;par la lumi&egrave;re solaire ce qui supposerait, encore, la mise au point de catlayseurs) , soit de l&rsquo;utilisation de bact&eacute;ries et de microalgues sous l&rsquo;action de la lumi&egrave;re (des exp&eacute;riences de ce type sont pr&eacute;sent&eacute;es au <em>Palais de la d&eacute;couverte<\/em>).\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\nA moins de ruptures scientifiques et techniques majeures, il semble bien que la fili&egrave;re hydrog&egrave;ne ne sera pas une r&eacute;ponse &agrave; la question &eacute;nerg&eacute;tique et qu&rsquo;elle risque de <strong>rester une utopie scientifique et &eacute;conomique.<\/strong>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<span style=\"font-size: 8pt\"><\/span>\n<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt; font-family: Times New Roman\"><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fili&egrave;re hydrog&egrave;ne est &agrave; l&rsquo;ordre du jour depuis de nombreuses ann&eacute;es. 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