{"id":243,"date":"2008-04-08T12:10:44","date_gmt":"2008-04-08T12:10:44","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=243"},"modified":"2008-05-08T17:12:30","modified_gmt":"2008-05-08T17:12:30","slug":"Un sc\u00e9nario \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 2030 pour la France:le dur chemin de Grenelle \u00e0 Kyoto","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=243","title":{"rendered":"Un sc\u00e9nario \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 2030 pour la France:le dur chemin de Grenelle \u00e0 Kyoto"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"189\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00014.png alt=\"Image00014.png\" height=\"178\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 153px; height: 109px\" title=\"Image00014.png\" \/>La France produit tous les quatre ans &agrave; la demande de l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie (AIE) un sc&eacute;nario &eacute;nerg&eacute;tique &agrave; l&rsquo;horizon 2020-2030. Ces sc&eacute;narios nationaux permettent &agrave; l&rsquo;Agence d&rsquo;actualiser ses propres sc&eacute;narios de&nbsp;ses <em>Word Energy Outlook.<\/em> Le 2 avril dernier, la&nbsp;DGEMP (Direction G&eacute;n&eacute;rale de l&rsquo;Energie et des Mati&egrave;res Premi&egrave;res) a&nbsp;ainsi publi&eacute;&nbsp;le tout nouveau sc&eacute;nario fran&ccedil;ais qui est riche d&rsquo;enseignements.\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nDans le langage technique des pr&eacute;visionnistes, cette pr&eacute;vision &agrave; l&rsquo;horizon 2020-2030 est un sc&eacute;nario &eacute;nerg&eacute;tique de <strong>&quot;r&eacute;f&eacute;rence &agrave; caract&egrave;re tendanciel&quot;<\/strong> (<em>Business as usual<\/em> en anglais) qui repr&eacute;sente, selon les termes m&ecirc;mes de la DGEMP, ce que deviendrait la situation &eacute;nerg&eacute;tique de la France &quot; si aucune politique ou mesure nouvelle, autres que celles d&eacute;j&agrave; en place ou d&eacute;cid&eacute;es au 1 janvier 2008 (donc, en particulier, avant les mesures issues du &quot;Grenelle de l&rsquo;environnement &quot;), n&rsquo;&eacute;tait prise affectant cette situation (ni pour l&rsquo;am&eacute;liorer, ni pour la d&eacute;grader)&quot;. Ce nouveau sc&eacute;nario de la DGEMP (qui d&eacute;pend du Minist&egrave;re de l&rsquo;Ecologie, de l&rsquo;Energie, du D&eacute;veloppement Durable et de l&rsquo;Am&eacute;nagement du territoire: <a href=\"http:\/\/www.industrie.gouv.fr\/energie\/prospect\/pdf\/scenario-2008\/.pdf\">www.industrie.gouv.fr\/energie\/prospect\/pdf\/scenario-2008\/.pdf<\/a> ) r&eacute;alis&eacute; avec l&rsquo;Observatoire de l&rsquo;&eacute;nergie utilise une &eacute;tude macro&eacute;conomique d&rsquo;un bureau d&rsquo;&eacute;tudes, le BIPE, de donn&eacute;es de l&rsquo;Institut Fran&ccedil;ais du P&eacute;trole (IFP), de la soci&eacute;t&eacute; Enerdata de Grenoble et de RTE (r&eacute;seau de transport de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;). Ce sc&eacute;nario suppose un <strong>taux de croissance annuel de 2,1% du PIB<\/strong> de la France, une poursuite de sa croissance d&eacute;mographique (67,2 millions d&rsquo;habitants en 2030) avec 31,6 millions de m&eacute;nages (contre 25,4 en 2005) . Il table sur une stabilit&eacute; des prix de l&rsquo;&eacute;nergie (un&nbsp;p&eacute;trole &agrave; 70$ le baril). Ce sc&eacute;nario, rappelons le, ne tient pas compte de mesures qui pourraient &ecirc;tre prises en application du <strong>Grenelle de l&rsquo;environnement <\/strong>(il peut d&rsquo;aillleurs contribuer &agrave; &eacute;valuer les efforts que va n&eacute;cessiter sa mise en oeuvre); il suppose que les mesures de restriction des &eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre prises en application du protocole de Kyoto de 1997 (qui &quot;court&quot; jusqu&rsquo;en 2013), seraient poursuivies apr&egrave;s 2012 en &quot;tendanciel&quot; (on continue&nbsp;avec la m&ecirc;me logique).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nQuels sont les enseignements de cet int&eacute;ressant exercice pr&eacute;visionnel? On constate d&rsquo;abord que <strong>la tendance &agrave; la croissance des consommations d&rsquo;&eacute;nergie primaire et finale <\/strong>va se poursuivre en France: de 275 Mtep en 2006, la consommation primaire passerait &agrave; 326 Mtep en 2030 soit&nbsp;avec un rythme annuel de 0,7% (contre 1,4% sur la p&eacute;riode 1990-2003). On observe ensuite que cette consommation d&rsquo;&eacute;nergie primaire aurait les caract&eacute;ristiques suivantes: un tassement de la consommation du p&eacute;trole, une <strong>progression tr&egrave;s forte de celle de gaz<\/strong> (presque un doublement), une <strong>forte progression de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; primaire.<\/strong> La consommation finale d&rsquo;&eacute;nergie (calcul&eacute;e en tenant compte des transformations de ressources pour produire, par exemple, de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et des carburants) suit &eacute;videmment ce rythme (216 Mtep de consommation finale en 2030 avec une forte progression de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. On observe aussi une forte <strong>progression des consommations des secteurs r&eacute;sidentiel et tertiaire et des transports<\/strong> (ce dernier passant de 50,9 Mtep &agrave; 64,3 Mtep).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLes experts font plusieurs hypoth&egrave;ses sur la production d&rsquo;&eacute;nergies renouvelables sous forme &eacute;lectrique et &nbsp;thermique. On note ainsi dans ce sc&eacute;nario une tr&egrave;s <strong>notable progression de l&rsquo;&eacute;olien<\/strong> qui passerait en puissance install&eacute;e de 1400 MW en 2006 &agrave; 20 000 MW en 2030, une progresion certes forte du solaire mais &agrave; un niveau total qui resterait marginal (on passerait de 54 MW &agrave; 600 MW) ainsi qu&rsquo;une progression substantielle du bois tant pour la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; que de chaleur (12 Mtep pour le chauffage au lieu de 8, 8 Mtep en 2006 et 4 Mtep pour l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;&nbsp; contre 1,43 en 2006); la g&eacute;othermie profonde et les &eacute;nergies de la mer resteraient marginales. Les biocarburants, quant &agrave; eux, verraient leur taux d&rsquo;incorporation (&eacute;valu&eacute; en pouvoir calorifique) passer de 1,75% en 2006 &agrave; 10% en 2030.On observe aussi que ce sc&eacute;nario table sur un <strong>maintien global de la puissance install&eacute;e du nucl&eacute;aire<\/strong> (65,4 GW en 2030 au lieud de 63,3 GW aujourd&rsquo;hui), la part du nucl&eacute;aire passant dans la consommaition finale d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; de 81% &agrave; 77%. Ce sc&eacute;nario implique une tr&egrave;s forte progression de nos importantions de gaz naturel qui passeraient de 44 milliards de m&egrave;tres cubes aujourd&rsquo;hui &agrave; 78 milliards en 2030, mais il pr&eacute;voit aussi une forte tension sur la production par les raffineries de gazole et de k&eacute;ros&eacute;ne (presque un triplement pour celui-ci).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Un point noir de<\/strong> ce sc&eacute;nario tendantiel est incontestablement <strong>la pr&eacute;vision des &eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre et tout particuli&egrave;rement de gaz carbonique : celles-ci progresseraient &agrave; un rythme annuel de 0,5% par an<\/strong> d&rsquo;ici 2030, la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et les transports &eacute;tant les principaux responsables de cette progression (les &eacute;missions du secteur r&eacute;sidentiel et tertiaire se tassant l&eacute;g&egrave;rement).<br \/>\nQuelles conclusions peut-on tirer de ces &quot;pr&eacute;visions&quot;? Si <strong>l&rsquo;intensit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique<\/strong> (la quantit&eacute; d&rsquo;&eacute;nergie n&eacute;cessaire &agrave; la production de 1 &euro; de PIB) <strong>continue &agrave; baisser<\/strong> (&agrave; un rythme de 1,2% par an contre seulement 0,3% par an sur la p&eacute;riode 1990-200) ce qui est positif, on per&ccedil;oit bien plusieurs point noirs : &#8211; les &eacute;missions de gaz carbonique par la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (non nucl&eacute;aire et avec les renouvelables) et celles provenant de la progression de la consommation des carburants pour les transports&nbsp;<strong>ne permettront pas &agrave; la France de tenir ses engagements de limitation d&rsquo;&eacute;mission de gaz &agrave; effet de serre<\/strong> (ce sc&eacute;nario ne prend pas en compte un &eacute;ventuel stockage du gaz carbonique &eacute;mis par les centrales thermiques) &#8211; les pr&eacute;visions pour les &eacute;nergies renouvelables sont en dehors de l&rsquo;&eacute;pure europ&eacute;enne (dans son plan pour l&rsquo;&eacute;nergie <strong>l&rsquo;UE pr&eacute;voit que les &eacute;nergies renouvelables devraient repr&eacute;senter 23% de la consommation finale en 2020 en France&nbsp;alors que nous serions &agrave; 13,4%<\/strong>). C&rsquo;est&nbsp;certainement dans les secteurs de l&rsquo;habitat, des transports et de la production d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; qu&rsquo;il faut faire porter les efforts sur les modes de production et les &eacute;conomies (il existe sans doute des marges dans l&rsquo;habitat et les transports). On peut, en revanche, s&rsquo;interroger sur le caract&egrave;re r&eacute;aliste de la pr&eacute;vision sur l&rsquo;utilisation des biocaburants (10% de la consommation pour les transports).\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLe sc&eacute;narios ne sont pas une photographie de la r&eacute;alit&eacute; de demain que personne ne peut d&rsquo;ailleurs fournir (ils ne permettent de pr&eacute;voir ni des ruptures techniques qui de tout fa&ccedil;opn n&rsquo;auraient pas d&rsquo;impact majeur avant 2030, ni des &quot;crises&quot;), mais ils ont le m&eacute;rite de bien mettre en &eacute;vidence les difficult&eacute;s que nous alons rencontrer sur le chemin&nbsp;de Grenelle &agrave; Kyoto&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La France produit tous les quatre ans &agrave; la demande de l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie (AIE) un sc&eacute;nario &eacute;nerg&eacute;tique &agrave; l&rsquo;horizon 2020-2030. 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