{"id":234,"date":"2008-02-15T15:41:55","date_gmt":"2008-02-15T15:41:55","guid":{"rendered":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=234"},"modified":"2008-02-21T19:17:42","modified_gmt":"2008-02-21T19:17:42","slug":"Les nanomat\u00e9riaux au secours de l'\u00e9nergie: batteries, \u00e9clairage et production d'hydrog\u00e8ne","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/pierrepapon.fr\/?p=234","title":{"rendered":"Les nanomat\u00e9riaux au secours de l&rsquo;\u00e9nergie: batteries, \u00e9clairage et production d&rsquo;hydrog\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n<img width=\"91\" src=http:\/\/pierrepapon.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Image00021.png alt=\"Image00021.png\" height=\"92\" style=\"float: left; margin: 5px; width: 91px; height: 92px\" title=\"Image00021.png\" \/>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n&nbsp; Production, transport et stokage de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;l&eacute;ctrique (par exemple dans les batteries) requi&egrave;rent la mise au point de mat&eacute;riaux performants mais &nbsp;les progr&egrave;s enregistr&eacute;s dans le domaine des nouveaux mat&eacute;riaux sont malheureusement souvent lents.&nbsp;C&rsquo;est pourquoi, depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, les chercheurs ont plac&eacute;&nbsp;beaucoup d&rsquo;espoirs, dans l&rsquo;av&eacute;nement des &quot;<strong>nanomat&eacute;riaux&quot;<\/strong> dont les dimensions sont de l&rsquo;ordre du nanom&egrave;tre (le milliardi&egrave;me de m ou nm) et qui, &agrave; ces &eacute;chelles,&nbsp;sont dot&eacute;s&nbsp;de propri&eacute;t&eacute;s &eacute;lectriques et m&eacute;caniques nouvelles.&nbsp;\n<\/p>\n<p><!-- more --><\/p>\n<p align=\"justify\">\nLa mise au point de nouvelles batteries &eacute;lectriques est certainement un enjeu capitial pour le d&eacute;veloppement des &eacute;nergies renouvelables (le solaire et l&rsquo;&eacute;olien) mais aussi pour la propulsion &eacute;lectrique des automobiles( la <strong>voiture hybride<\/strong> par exemple). Toutes les batteries sont constitu&eacute;es par deux &eacute;lectrodes (l&rsquo;anode et la cathode) connect&eacute;es par un mat&eacute;riau solide ou liquide, l&rsquo;&eacute;lectrolyte; en connectant ces &eacute;lectrodes par un circuit ext&eacute;rieur on fait circuler les charges &eacute;lectriques n&eacute;gatives, les &eacute;lectrons, et l&rsquo;on r&eacute;cup&egrave;re ainsi l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;lectrique qui a&nbsp;&eacute;t&eacute; stock&eacute;e.Dans les batteries traditionnelles, en usage dans les automobiles par exemple, on utilise du plomb et de l&rsquo;acide sulfurique comme couple &eacute;lectrolyte. La mise au point de la<strong> batterie Lithium-ion<\/strong> par Sony, en 1991, a repr&eacute;sent&eacute; un progr&eacute;s tr&egrave;s important: l&rsquo;anode est un compos&eacute; de graphite et de lithium, la cathode est constitu&eacute;e d&rsquo;une couche d&rsquo;oxyde mixte de lithium et d&rsquo;un m&eacute;tal dit de transition tel que le cobalt, les ions lithium charg&eacute; positivement sont extraits r&eacute;versiblement des &eacute;lectrodes et &eacute;chang&eacute;s par celles-ci. Ces batteries peuvent stocker 180 Wh\/ kg et leur utilisation est envisag&eacute;e dans les voitures hybrides (essence et &eacute;lectricit&eacute;)&nbsp;comme la <em>Prius. <\/em>Que peut-on esp&egrave;rer des <strong>nanomat&eacute;riaux?<\/strong> Ceux-ci ont le grand avantage d&rsquo;offrir un meilleur rapport surface\/ volume que les mat&eacute;riaux massiques (ils sont sous la forme de <strong>petites particules<\/strong> ou de petits tubes avec une grande surface). En fabriquant des &eacute;lectrodes avec des empilements de nanoparticules (de quelques nm de diam&egrave;tre)&nbsp; on <strong>am&eacute;liore ainsi la conductivit&eacute; &eacute;lectrique<\/strong> de la batterie (les &eacute;lectrons et les ions circulent mieux entre les nanoparticules; on op&eacute;re par exemple &agrave; l&rsquo;aide de nanoparticules de lithium ou de cobalt enrob&eacute;es de carbone. Qui plus avec ces dispositions on &eacute;vite les contraintes m&eacute;caniques dans les &eacute;lectrodes qui sont impos&eacute;es par les cycles de charge et de d&eacute;charge (ces contraintes relaxent mieux avec les nanograins qui ont une meilleure capacit&eacute; d&rsquo;expansion); en revanche la densit&eacute; des mat&eacute;riaux est abaiss&eacute;e ce qui oblige &agrave; accro&icirc;tre&nbsp;le volume de la batterie pour stocker l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; mais sa performance globale est augment&eacute;e. Les nanomat&eacute;riaux ouvrent aussi la possibilit&eacute; d&rsquo;utiliser de nouvelles r&eacute;actions &eacute;lectrochimiques pour stocker l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; (dans une batterie rechargeable on met en oeuvre une r&eacute;action chimique r&eacute;versible pour stocker\/d&eacute;stoker de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, par exemple la r&eacute;action de l&rsquo;acide sulfurique avec du plomb). On peut ainsi mettre en oeuvre des r&eacute;actions dites de &quot;conversion&quot; : un oxyde m&eacute;tallique (de cobalt par exemple) est converti avec l&rsquo;aide d&rsquo;ions lithium en nanoparticules de m&eacute;tal qui sont distribu&eacute;es dans une matrice d&rsquo;oxyde de lithium. Cette r&eacute;action r&eacute;versible peut &ecirc;tre utilis&eacute;e dans des &eacute;lectrodes de batteries rechargeables. De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale les nanomat&eacute;riaux devraien permettre de&nbsp;r&eacute;aliser des &eacute;lectrodes et des &eacute;lectrolytes avec une bien meilleure conductivit&eacute; &eacute;lectrique. Les polym&egrave;res offriront peut &ecirc;tre aussi d&rsquo;autres perspectives d&rsquo;utilisation de nanomat&eacute;riaux (on lira sur toutes ces questions avec int&eacute;r&ecirc;t une synth&egrave;se compl&egrave;te dans l&rsquo;article de M.Armand, J-M.Tarascon &quot; Building better batteries<em>&quot;, Nature,<\/em>&nbsp;451, p. 652-657, 7 February 2008<em>).<\/em>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>Le rendement des moteurs thermiques<\/strong> ne d&eacute;passe pas dans le meilleur des cas 55% (pour les turbines &agrave; gaz) et la majeure partie de l&rsquo;&eacute;nergie est perdue sous forme de chaleur rejet&eacute;e avec les gaz d&rsquo;&eacute;chappement, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;essayer de r&eacute;cup&eacute;rer une partie de cette &eacute;nergie en utilisant <strong>l&rsquo;effet thermo&eacute;lectrique<\/strong>. Cet effet (appel&eacute; encore effet Seebeck) se manifeste par l&rsquo;apparition d&rsquo;un courant&nbsp;&eacute;lectrique entre les deux extr&eacute;mit&eacute;s d&rsquo;un fil de m&eacute;tal ou d&rsquo;un semi conducteur qui sont &agrave; des temp&eacute;ratures diff&eacute;rentes: on transporte les charges &eacute;lectrique de la source chaude vers la source froide. On peut donc r&eacute;cup&eacute;rer uen partie de l&rsquo;&eacute;nergie thermique des gaz d&rsquo;&eacute;chappement inutilis&eacute;e sous forme d&rsquo;une &eacute;nergie &eacute;lectrique pour charger une batterie. Des travaux r&eacute;cents de plusieurs laboratoires de l&rsquo;universit&eacute; de Berkeley aux USA sur des &quot;<strong>nanofils &quot; de silicium<\/strong> de 20 &agrave; 300 nm de diam&egrave;tre montrent qu&rsquo;il est possible d&rsquo;obtenir un effet thermo&eacute;lectrique avec ce type de nanomat&eacute;riau.L&agrave; encore c&rsquo;est la bonne conductivi&eacute; &eacute;lectrique d&rsquo;un nanomat&eacute;riau qui est un avantage mais aussi et surtout le fait que la conductivit&eacute; thermique du nanofil est abaiss&eacute;e d&rsquo;un facteur 100 ce qui est favorable &agrave; la thermo&eacute;lectricit&eacute;. Ces r&eacute;sultats laissent esp&eacute;rer que l&rsquo;on pourrait tresser des fils avec des&nbsp;nanofils (en silicium mais aussi avec du bismuth, du tellure, etc. ) &nbsp;pour r&eacute;aliser des dispositifs thermo&eacute;lectriques utilisables sur des voitures.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<strong>L&rsquo;&eacute;clairage &eacute;lectrique<\/strong> est un autre domaine de l&rsquo;&eacute;nergie o&ugrave; les rendements sont mauvais (une lampe &agrave; incandescence ne convertit que quelques pour cent de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;lectrique en &eacute;nergie lumineuse). Remplacer les <strong>lampes &agrave; incandescence<\/strong> par d&rsquo;autre sources luminueuses (une d&eacute;cision du Grenelle de l&rsquo;environnement) favorise donc les &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;nergie. On sait mettre au point des diodes solides qui &eacute;mettent dans diff&eacute;rentes couleurs (les LED ou <em>light emmiting diodes<\/em>) mais il est plus difficile d&rsquo;obtenir de la lumi&egrave;re blanche. Plusieurs &eacute;quipes chinoises de laboratoires de l&rsquo;Acad&eacute;mie des sciences &agrave; P&eacute;kin (professeur Y.S.Zhao)&nbsp;ont propos&eacute; r&eacute;cemment d&rsquo;utiliser des <strong>nanotubes<\/strong> de colorants. Ils ont ainsi fabriqu&eacute; des nanotubes<strong> <\/strong>(de 1 &agrave; 100 microns de longueur et 50 &agrave; 500 nm de diam&egrave;tre) en m&eacute;langeant deux mol&eacute;cules fluorescentes, le rubrene (qui &eacute;met dans l&rsquo;orange) et le triphenyl- pyrazoline (TPP) qui &eacute;met dans le bleu. Si le TPP absorbe de la lumi&egrave;re bleue ou ultraviolette, il transmettra une partie de son &eacute;nergie pour exciter le rubr&eacute;ne qui &eacute;mettra dans l&rsquo;orange, le m&eacute;lange des deux &eacute;missions, si le dosage des deux mol&eacute;cule&nbsp;est&nbsp;ad&eacute;quat, permet d&rsquo;obtenir de la <strong>lumi&egrave;re blanche<\/strong> dont l&rsquo;intensit&eacute; est modulable. On peut donc r&eacute;aliser des &eacute;metteurs de lumi&egrave;re blanche avec ces nanomat&eacute;riaux&#8230; si l&rsquo;on est capable d&rsquo;associer les nanotubes pour fabriquer une source macroscopique.\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nEnfin, une ultime perspective, pour l&rsquo;heure, est la <strong>production d&rsquo;hydrog&egrave;ne<\/strong> &agrave; partir de l&rsquo;eau en utilisant l&rsquo;&eacute;nergie solaire avec un catalyseur constitu&eacute; par des <strong>nanoparticules de titane<\/strong>. Ces nanoparticules ont l&rsquo;avantage d&rsquo;absorber beaucoup mieux la lumi&egrave;re solaire que le titane en grand volume (c&rsquo;est encore un effet de surface sur laquelle on a un meilleur &quot;acc&eacute;s&quot; aux &eacute;lectrons). Ce proc&eacute;d&eacute; a&nbsp;&eacute;t&eacute;&nbsp;mis au point par une petite&nbsp;soci&eacute;t&eacute;&nbsp;am&eacute;ricaine du Maryland, Nanoptek, soutenue par la NASA, qui pense avoir trouv&eacute; une solution pour produire avec un bon rendement de l&rsquo;hydrog&egrave;ne avec de <strong>l&rsquo;&eacute;nergie solaire<\/strong>. Affaire &agrave; suivre&#8230;&nbsp;&nbsp;\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\nLes possibilit&eacute;s offertes par les nanomat&eacute;riaux sont, on le comprend, importantes. Il faut admettre avec r&eacute;alisme qu&rsquo;elles ne vont certes pas r&eacute;volutionner le secteur de l&rsquo;&eacute;nergie (il existe tr&egrave;s souvent des pr&eacute;visions irr&eacute;alistes sur les perspectives des nanotechnologies!), mais dans des domaines comme les batteries, les conducteurs &eacute;lectriques, les sources &nbsp;de lumi&egrave;re, on peut s&rsquo;attendre &agrave; ce qu&rsquo;elles apportent des progr&egrave;s tr&egrave;s substantiels<span style=\"font-size: 8pt\">.&nbsp;&nbsp;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Production, transport et stokage de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;l&eacute;ctrique (par exemple dans les batteries) requi&egrave;rent la mise au point de mat&eacute;riaux performants mais &nbsp;les progr&egrave;s enregistr&eacute;s dans le domaine des nouveaux mat&eacute;riaux sont malheureusement souvent lents.&nbsp;C&rsquo;est pourquoi, depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, les chercheurs ont plac&eacute;&nbsp;beaucoup d&rsquo;espoirs, dans l&rsquo;av&eacute;nement des &quot;nanomat&eacute;riaux&quot; dont les dimensions sont de l&rsquo;ordre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/234"}],"collection":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=234"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/234\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/pierrepapon.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}